Fermeture de petits commerces: «le canari dans la mine»

Le professeur en économie de l'UQTR, Frédéric Laurin.... (Photo: François Gervais, Le Nouvelliste)

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Le professeur en économie de l'UQTR, Frédéric Laurin.

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Marc Rochette
Le Nouvelliste

(Trois-Rivières) Alors que les municipalités de la Mauricie et du Centre-du-Québec débarqueront demain au Grand Rendez-vous des régions avec leur liste d'épicerie, l'économiste Frédéric Laurin parle «d'un retour en arrière» quand il voit le gouvernement «retourner le développement économique aux municipalités».

«La Conférence régionale des élus était un beau modèle au départ, il fallait juste changer les règles de fonctionnement car le développement économique, ça se fait au niveau des régions, comme ça se voit particulièrement en Europe», affirme-t-il.

Celui-ci est d'ailleurs sur le point de participer à l'annonce d'un projet-pilote de développement régional à l'initiative des entreprises.

«Le problème du développement économique, ce n'est pas une question d'argent, mais d'organisation des choses», poursuit celui qui, au passage, dit avoir de la difficulté à saisir «ce que le gouvernement essaie de faire».

Évoquant le cas du Fonds de diversification, M. Laurin souligne que le développement économique ne vient pas avec une enveloppe budgétaire, mais un travail d'accompagnement stratégique avec les entreprises. «Il faut mettre les gens ensemble et c'était ça les CLD», fait-il remarquer tout en ajoutant qu'il faille travailler sur «les vrais créneaux porteurs susceptibles de susciter d'autres opportunités et poser des actions très précises».

D'où la nécessité, selon lui, d'une forte coordination stratégique au niveau régional avec une structure industrielle autonome Mauricie-Bécancour. Et le modèle organisationnel ne doit pas permettre à un élu de «bloquer la patente».

«Par exemple, si une grande entreprise s'installe à Shawinigan, il pourrait se développer des sous-traitants à Trois-Rivières», suggère-t-il.

Malgré certains signes encourageants en raison d'entreprises «qui bougent beaucoup», le professeur de l'UQTR trouve que la fermeture de petits commerces révèle une économie «qui ne va pas bien». «C'est le canari dans la mine», lance le spécialiste qui dit craindre que les «étincelles positives ne s'éteignent dans le tsunami négatif».

LES SADC DANS TOUT ÇA?

Alors que les structures économiques ont été bouleversées autour d'elle à la suite du pacte fiscal transitoire, la SADC de Nicolet-Bécancour continue son travail «à travers ce tumulte-là».

«Je ne veux pas avoir un discours corporatif. Le développement régional, ça ne se fait pas tout seul. Depuis 30 ans, nous n'avons jamais été à l'avant-scène, mais sur le terrain. Les besoins n'ont pas changé dans le milieu, mais on a perdu des alliés de première ligne», admet le directeur général, Steve Brunelle, faisant référence aux coupes dans les CLD.

Il faut dire que touchant quatre MRC, la SADC doit composer avec quatre réalités différentes. «On est habitué de travailler comme ça. C'est la gestion d'arrimage, d'adaptation et la plus grande force, c'est la souplesse pour naviguer dans le changement. On essaie de tenir l'équilibre dans cette période de transition», explique-t-il.

Ce dernier ne cache pas que les défis pour les régions s'accumulent. «Parfois, quand les temps sont gris, il est bon d'oser la créativité et d'unir les forces de chacun pour faire mieux», conclut celui qui se veut tout de même optimiste pour le futur.

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