L'image corporelle des femmes de 55 ans et plus à l'étude

Karine Bisaillon, doctorante en psychologie et Sylvie Lapierre,... (Stéphane Lessard, Le Nouvelliste)

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Karine Bisaillon, doctorante en psychologie et Sylvie Lapierre, professeure à l'UQTR.

Stéphane Lessard, Le Nouvelliste

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Brigitte Trahan
Le Nouvelliste

(Trois-Rivières) Une étudiante en psychologie de l'UQTR, Karine Bisaillon, a choisi de s'intéresser aux femmes de 55 ans et plus dans le cadre de ses études de doctorat.

Elle lance un projet, sous la direction de la professeure Sylvie Lapierre du Laboratoire interdisciplinaire de recherche en gérontologie, visant à mieux comprendre l'impact des transformations physiques que vivent les femmes à partir de cet âge.

L'étudiante espère obtenir la collaboration d'une centaine de femmes volontaires pour répondre à un questionnaire qui lui permettra de mieux comprendre ce qui se passe lorsque les atouts de la jeunesse se transforment peu à peu en rides, en cheveux blancs, en gain de poids et en raideurs articulaires.

«Ont-elles l'impression de perdre leur valeur sociale?», se questionne Mme Bisaillon.

Il est vrai qu'à 60, 70, 80 ans et plus, les modèles, ceux de femmes épanouies et heureuses de vieillir, sont rares dans les médias.

Il y a bien des femmes comme la célébre culturiste américaine Ernestine Shepherd qui, à 80 ans, continue à s'entraîner quotidiennement dans les gymnases en exhibant une musculature qui ferait l'envie de n'importe quel jeune. Cette femme, qui s'est retrouvée dans le livre Guinness des records, répète à qui veut bien l'entendre que «l'âge n'est qu'un nombre».

La professeure Lapierre croit que «ce qui est renforcé, là-dedans, c'est qu'on doit, quand on vieillit, continuer à faire des choses comme les jeunes font. Elle est valorisée parce qu'elle fait ce que bien des jeunes ne sont pas capables de faire. On est encore dans l'antivieillissement», calcule la chercheuse.

«Ce qui est valorisé c'est quelque chose de corporel», insiste-t-elle. «Les gens qui vieillissent, qui continuent à s'impliquer, mais sans faire quelque chose d'exceptionnel, ne sont pas valorisés», fait-elle valoir.

«Dans les valeurs de la société, ce qui prime, c'est la beauté, la jeunesse, la minceur, l'apparence, la performance», résume pour sa part Karine Bisaillon. Et quand vient le temps de parler de la vieillesse, dit-elle, il y a de l'exagération: «C'est la sagesse, c'est la bonté», dit-elle. «C'est trop. Pourrait-il y avoir un milieu?»

Après la ménopause, la plupart des femmes constatent que la peau du visage tombe, que les rides transforment leur expression. Comment ces femmes définissent-elles alors la beauté? Et surtout, comment définissent-elles la beauté quand les médias, la télé, les revues, les annonces publicitaires, ne présentent que des femmes jeunes?

Karine Bisaillon veut aussi mieux connaître, dans cette étude qu'elle amorce, les effet de l'âgisme, c'est-à-dire les stéréotypes, les généralisations négatives, le mépris ou la discrimination liés à l'âge. Elle veut savoir si ces messages de l'âgisme ont été intégrés par les femmes de 55 ans et plus. «On pense qu'il y a un impact sur leur estime de soi», indique Mme Bisaillon qui vérifiera cette hypothèse dans son projet de doctorat.

S'agit-il d'une espèce de cercle vicieux induit par la société, c'est-à-dire que «plus on y croit, plus on l'intègre dans notre vie quotidienne, dans notre façon de penser au vieillissement, plus on se dénigre, plus on y croit», se demande la professeure Lapierre.

Est-ce vraiment le cas ou si les femmes ont accepté de vieillir tout en conservant leur estime et leur fierté, questionnent les chercheuses.

«Peut-être que les femmes plus âgées vont accepter leur corps, mais peut-être qu'il va y avoir l'influence de l'âgisme», indique la professeure Lapierre.

«Elles peuvent toutefois nous surprendre, celles qu'on va interroger et se dire que, si je suis encore en forme et capable de faire les choses que j'aime, je ne vais peut-être pas me centrer sur l'apparence. Je peux être une belle femme même si je n'ai pas une image de jeunesse», propose la professeure Lapierre.

Afin de démêler tout ça, Karine Bisaillon est à la recherche de 100 femmes de 55 ans et plus pour répondre à son questionnaire et étoffer son étude. Les personnes volontaires sont invitées à prendre contact avec elle au 819 376-5090. Le questionnaire peut circuler par la poste ou se faire en personne avec la chercheuse. L'anonymat est garanti, assure Mme Bisaillon.




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