Martin Gélinas perd sur toute la ligne contre l'UQTR

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Martin Gélinas

François Gervais, Le Nouvelliste

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Brigitte Trahan
Le Nouvelliste

(Trois-Rivières) Le Tribunal administratif du travail vient de rejeter la plainte déposée par Martin Gélinas pour congédiement abusif, en 2015, de son poste de vice-recteur aux ressources humaines de l'Université du Québec à Trois-Rivières.

Dans son jugement déposé le 9 février, la juge administrative Lyne Thériault estime que l'employeur a démontré «qu'il disposait d'une cause juste et suffisante de congédiement».

La juge croit que les fautes commises par M. Gélinas alors qu'il était vice-recteur «sont en contradiction flagrante avec les responsabilités qu'il occupe dans les mois précédant son congédiement».

Parmi ces fautes, M. Gélinas a harcelé ses collègues de travail en divulguant des informations confidentielles. Il a aussi renié sa signature et ses engagements, brisant du même coup le lien de confiance avec son employeur, écrit-elle. «L'ensemble de ses fautes est incompatible avec son statut de cadre», analyse la juge.

«Par son attitude, le plaignant (M. Gélinas) a fait preuve de harcèlement, d'indiscrétion, d'incivilité, d'insubordination et de manque de loyauté», résume-t-elle.

Rappelons que M. Gélinas a toujours soutenu que l'UQTR l'avait congédié parce qu'il avait déposé des plaintes au Vérificateur général du Québec et à l'Unité permanente anticorruption.

Or, «percevoir les choses ainsi, c'est faire abstraction de ses agissements fautifs, inexplicables et injustifiables», indique la juge Thériault en faisant référence notamment à une quarantaine de textos et de courriels envoyés à l'ex-directrice des communications de l'UQTR, Guylaine Beaudoin, ainsi qu'à d'autres collègues de l'UQTR dans lesquels «il utilise un langage dur et menaçant» et dans lesquels se trouvent des informations confidentielles en lien avec une entente prise avec son employeur lorsque son poste de vice-recteur lui a été retiré.

Le principal intéressé, Martin Gélinas, en rencontre au Nouvelliste lundi matin, rappelle qu'il était en dépression profonde au moment de ces événements. «La dépression est une maladie. Plusieurs personnalités publiques ont fait des sorties là-dessus», rappelle-t-il «Ça affecte le jugement. Fort heureusement, ça se guérit», dit-il.

Dans son jugement, toutefois, Lyne Thériault écrit: «Le tribunal peut bien retenir comme preuve que le plaignant était malade, à une certaine époque - il l'a répété à de multiples reprises - mais de là à conclure que cela altérait son jugement ou que cela excuse son comportement, il y a un pas qu'on ne peut pas franchir», estime-t-elle tout en indiquant que le plaignant n'a pas fait la preuve «que cette maladie justifiait ses écarts de conduite à ce sujet».

M. Gélinas croit qu'il y a beaucoup de sensibilisation à faire, dans le milieu judiciaire, au sujet de la dépression et des effets qu'elle entraîne.

Martin Gélinas dit avoir été extrêmement ébranlé par ce jugement et par le fait que «100 % des reproches sont dirigés vers moi», dit-il. «Présentement, je dois décanter tout ça. J'ignore encore si j'irai en révision judiciaire de cette décision», dit-il. «J'ai 30 jours pour me décider.»

Malgré tout, le principal intéressé se dit «soulagé» que le jugement ait enfin été rendu après quatre années de bataille (il avait porté plainte pour harcèlement psychologique, en 2013, puis il a abandonné ces plaintes pour accélérer son dossier). «Si je n'avais pas été convaincu de mes prétentions, je ne me serais jamais battu autant», dit-il. L'aventure l'a en effet appauvri de 500 000 $.

«Mais je dois vous dire que la plus grosse bataille que j'ai gagnée, c'est face à mon acquittement contre les allégations de harcèlement.

«Je me suis excusé amplement pour mes textos. S'il le faut, je le ferai encore. Mais je constate que rien, dans le jugement ou dans la preuve de l'UQTR, n'indique que j'ai été un mauvais gestionnaire en ressources humaines. Je n'ai eu que de bonnes évaluations de mes employeurs avant ces événements», rappelle-t-il, un fait qu'il avait d'ailleurs mis en preuve lors du procès.

Il estime que ces années de bataille ont été très douloureuses, tant pour lui que pour ses proches. «Je dois maintenant me tourner vers le futur. Je dois relancer ma carrière», indique M. Gélinas qui est à la recherche d'un emploi dans le domaine des ressources humaines.

«Je veux retrouver qui je suis», dit-il en remerciant les anciens cadres qui l'ont solidement appuyé tout au long de ses procédures judiciaires alors qu'il a dû assumer sa défense seul, à certains moments, faute d'argent.

Le recteur, Daniel McMahon, n'a pas voulu commenter ce dossier, mais souhaite à M. Gélinas de se trouver un emploi rapidement.




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