L'ex-président du CA affirme que l'intervention du VGQ n'a jamais été exigée

Yves Tousignant... (Stéphane Lessard)

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Yves Tousignant

Stéphane Lessard

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Brigitte Trahan
Le Nouvelliste

(Trois-Rivières) Alors que l'UQTR s'apprêt à choisir un nouveau président ou une nouvelle présidente, ce lundi, l'ancien président du conseil d'administration de l'Université du Québec à Trois-Rivières, Yves Tousignant, reconnaît qu'il continue à s'intéresser de près aux nouvelles qui émanent de l'Université, mais il avoue qu'il préfère de loin gérer sa municipalité en tant que maire de Saint-Pierre-les-Becquets.

«C'est certain que si je m'impliquais à nouveau dans un conseil d'administration comme celui de l'Université, je serais beaucoup plus méfiant vis-à-vis la haute direction et je questionnerais plus», dit-il à la lumière des événements qui ont marqué son implication de plus de huit ans au sein du CA, en particulier dans les derniers mois, alors que le Vérificateur général du Québec (VGQ) débarquait à l'UQTR.

C'était difficile d'adopter une attitude méfiante, estime-t-il, «surtout que l'Université est réputée pour son école de gestion. Tu te dis que ce sont des gens d'envergure, mais il faut toujours que les administrateurs prennent une certaine distance face à la haute direction», conseille-t-il à la lumière de sa propre expérience.

C'est qu'à la fin de son mandat, Yves Tousignant a vu notamment le VGQ débarquer à l'Université pour en analyser la gestion. Un rapport assez accablant en était ressorti dans lequel le VGQ reprochait notamment à l'administration d'avoir illégalement fractionné des contrats dans le dossier de la construction du campus de Drummondville.

Récemment, dans le cadre des procès de ressources humaines pour le congédiement d'Alain Fournier et de Martin Gélinas, des témoins de l'UQTR ont affirmé à la cour que c'est l'Université elle-même qui avait sollicité la présence du VGQ pour examiner ses finances.

Carole Neill, membre du conseil d'administration, avait indiqué à la cour qu'à cette période, des allégations circulaient au Québec à l'effet que les universités étaient mal gérées et que la vice-rectrice aux finances et à l'administration Johanne Giguère (qui n'est plus à ce poste depuis peu) avait suggéré que les livres de l'UQTR soient ouverts au VGQ. Mme Neill a aussi affirmé que le conseil d'administration avait entériné cette idée.

«C'est sûr que nous, on ne l'avait pas demandé», affirme l'ancien président du conseil d'administration en parlant du VGQ.

M. Tousignant indique que ce sont des gens de l'extérieur du conseil d'administration qui ont sonné l'alerte au VGQ.

Il a été démontré, au cours d'audiences devant le Tribunal administratif du travail, qu'Alain Fournier, ancien directeur des équipements et Martin Gélinas, ancien vice-recteur, qui estiment tous deux avoir été congédiés de façon abusive, sont les deux lanceurs d'alerte qui ont incité le VGQ à examiner les livres de l'UQTR.

Lorsque le rapport du VGQ a été publié, en mai 2015, le ministre de l'Éducation et de l'Enseignement supérieur à cette date, François Blais, avait déclaré: 

«C'est un rapport qui est très critique par rapport à la gouvernance de la rectrice (Nadia Ghazzali). Je vous dirais même que c'est un rapport qui est accablant.»

La rectrice avait d'ailleurs remis sa démission la même journée. Le ministre avait en effet déclaré: «Le lien de confiance est complètement rompu.»

Comme administrateur, «on ne peut pas savoir tout ce qui se passe dans une grosse organisation, avec un budget de 160 millions $ par année, 1500 employés et tout le reste», estime M. Tousignant. «De voir le VGQ débarquer, ça nous sécurise», dit-il.

M. Tousignant continue de suivre les procès de MM. Gélinas et Fournier.

Il déplore le départ de l'actuelle présidente, Francine Ruest-Jutras. «Autour de la table, c'était une personne franche avec énormément d'expérience. Je suis déçu qu'elle ne demande pas un renouvellement de mandat», dit-il.

L'ancien président de l'UQTR continue de suivre de près les nouvelles qui émanent de l'établissement, notamment le dossier du football. «Je suis un ancien joueur de football de la ligue inter-collégiale. Je sais qu'il y a des universités de moins de 2000 étudiants dans les provinces maritimes qui ont une équipe de football», dit-il.

Yves Tousignant trouve «surprenant» que l'UQTR n'en veuille pas, «mais je comprends les problèmes financiers de l'Université et le nouveau recteur a une vision sur tout le sport universitaire», dit-il. Toutefois, «les promoteurs avaient mis beaucoup de temps et d'énergie et s'ouvraient énormément au niveau financier», dit-il. «Je ne suis plus là, mais je me serais mêlé des discussions autour de la table», affirme-t-il.

Yves Tousignant, qui avait dû quitter la présidence du CA sur la recommandation du VGQ parce qu'il occupait simultanément un poste de maire, estime avoir néanmoins «joué un rôle utile».

L'ancien président estime que tous les problèmes des derniers mois ont terni l'image de l'UQTR. À ce chapitre, il croit aussi «que le gouvernement s'en est lavé les mains» puisque de nombreux postes sont demeurés vacants très longtemps au conseil d'administration sans raison.

«Par exemple, Michèle Laroche a démissionné au mois de novembre 2013 et il a fallu deux ans et demi pour combler son siège (à la présidence), deux ans et demi! Et l'Université avait une demi-douzaine de candidatures. Il me semble que ce n'est pas compliqué de trouver un remplaçant», plaide-t-il.

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