Procès de Gélinas contre l'UQTR: diamétralement opposés

Martin Gélinas... (François Gervais, Le Nouvelliste)

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Martin Gélinas

François Gervais, Le Nouvelliste

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Brigitte Trahan
Le Nouvelliste

(Trois-Rivières) L'interminable procès intenté par l'ancien vice-recteur Martin Gélinas contre l'Université du Québec à Trois-Rivières, qui dure depuis mars 2015, a pris fin mardi par des plaidoiries au cours desquelles il était difficile de discerner le vrai du faux puisque les versions des faits étaient souvent diamétralement opposées avec très, très peu de zones grises entre elles

Martin Gélinas a principalement plaidé la dépression profonde qui l'avait affecté, en 2013, pour justifier l'envoi de 87 courriels et textos haineux à ses collègues de travail sur une période de quatre mois.

L'UQTR a beaucoup insisté sur les impacts de ces textos, accusant M. Gélinas de se foutre éperdument des conséquences de ses gestes. L'UQTR estime que ces textos prouvent qu'il y a eu violation de la politique contre le harcèlement et l'incivilité de l'Université, ce qui justifie le congédiement de M. Gélinas.

Selon le procureur de l'UQTR, M. Gélinas a tenté de faire couler d'autres personnes avec lui en montant des employés les uns contre les autres lors de ces envois.

Les procureurs de l'UQTR ont affirmé qu'il n'y a aucun rapport médical écrit prouvant que M. Gélinas était en dépression. Ce dernier a dû rappeler les phases d'hospitalisation qu'il avait vécues, notamment à l'hôpital Louis-H.-Lafontaine où il a été traité en 2013.

Les assurances, dit-il, reconnaissaient qu'il était malade et même l'entente signée avec l'UQTR, le 1er février 2013, le reconnaît. «J'ai eu quatre diagnostics de dépression majeure» à ce moment-là, a-t-il rappelé à la juge.

L'UQTR blâme M. Gélinas pour avoir déposé des plaintes de harcèlement contre certains dirigeants de l'UQTR, plaintes qu'elle juge purement «stratégiques» de la part de M. Gélinas et de ses procureurs puisqu'elles ont été retirées récemment.

Ces plaintes, a fait valoir l'UQTR, ont grandement affecté la réputation de l'ancienne rectrice, Nadia Ghazzali et de l'ancien vice-recteur intérimaire aux ressource humaines, Gilles Charland, puisqu'ils ont été éclaboussés dans les médias par des sorties publiques orchestrées par les procureurs de M. Gélinas. M. Charland, pour un, indique qu'il a hâte de voir le jugement du TAT.

M. Gélinas répond que s'il a retiré les plaintes, c'était pour accélérer le dénouement de sa cause devant le Tribunal administratif du travail qui dure depuis déjà 10 mois, puisqu'il n'a plus d'argent, ayant dépensé toute ses économies pour se défendre, non seulement contre l'UQTR devant le TAT, mais aussi dans une cause au criminel pour laquelle il a été acquitté par la suite.

M. Gélinas estime d'ailleurs que l'UQTR avait décidé de son sort dès que les accusations criminelles avaient été portées contre lui, comme en témoigne une lettre signée d'Yves Tousignant, l'ancien président du conseil d'administration, qui parle de gestes «d'une gravité extrême». Il s'agissait en fait des fameux textos haineux envoyés notamment à l'ancienne directrice des communications, Guylaine Beaudoin, et qui ont donné lieu au procès criminel.

L'UQTR affirme au contraire avoir été bon joueur en suspendant son enquête interne jusqu'à ce que le jugement au criminel soit rendu. 

Par la suite, M. Gélinas aurait refusé de collaborer à l'enquête interne qui aurait permis d'élucider les circonstances de ses gestes regrettables.

L'UQTR a rappelé avoir offert un nouveau travail à M. Gélinas, à Shawinigan, après lui avoir retiré son vice-rectorat et qu'aucun papier médical ne venait prouver qu'il ne pouvait pas commencer ce nouvel emploi. M. Gélinas ne s'est toutefois pas présenté avant des semaines.

L'homme se défend en expliquant que son avocat avait des procédures à exécuter, avant, afin de s'assurer de protéger le droit de M. Gélinas de contester son entente avec l'UQTR puisqu'il n'était pas dans un état mental normal au moment de la signature de ce document. Ce sont ces démarches, dit-il, qui ont retardé son arrivée dans ses nouvelles fonctions.

Ce dernier estime que son éventuel congédiement de l'UQTR, en 2015, visait à faire diversion, dans les médias, par rapport aux problèmes de gouvernance que vivait alors l'Université.

L'UQTR a mentionné que les accusations lancées par les procureurs de M. Gélinas dans les médias étaient fausses et avaient semé une vive inquiétude sur le campus au point où les gens voulaient faire poser des vitres blindées. Les membres du conseil d'administration ont été menacés de poursuites personnelles via certaines de ces déclarations publiques, a rappelé le procureur de l'UQTR.

M. Gélinas soutient pour sa part qu'il a été malmené par l'UQTR après avoir collaboré à des enquêtes de l'UPAC et du Vérificateur général du Québec concernant des irrégularités au niveau de l'ancienne administration de l'UQTR.

L'UQTR affirme que cette information n'a été portée à sa connaissance qu'après le congédiement de M. Gélinas.

C'est maintenant à la juge Lyne Thériault de faire la lumière sur ce dossier complexe.

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