Charland aurait menacé le CA de poursuites

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Gilles Charland

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Brigitte Trahan
Le Nouvelliste

(Trois-Rivières) L'ex-vice-recteur Gilles Charland aurait menacé de poursuites le conseil d'administration de l'Université du Québec à Trois-Rivières afin d'empêcher ce dernier d'entériner une entente hors cour survenue en bonne et due forme au printemps dernier avec Alain Fournier, l'ex-directeur des équipements.

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Alain Fournier et son avocate, Me Caroline Gagnon, ont été appelés tous deux à témoigner.

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Cette entente visait à réintégrer M. Fournier dans un poste de cadre au campus de Drummondville et permettait à ce dernier de récupérer 300 000 $ ainsi que quelques semaines de vacances.

C'est ce qui est ressorti en première partie de journée, mercredi, alors que s'amorçait un procès en Cour supérieure intenté par M. Fournier afin de forcer l'UQTR à respecter cette entente signée.

Le recteur de l'UQTR, Daniel McMahon, a été appelé à la barre des témoins, en après-midi. M. McMahon a affirmé que le conseil d'administration a décidé de rejeter l'entente pour deux motifs principaux. La question monétaire en est un et l'idée de réintégrer M. Fournier était le principal, dit-il. Selon le recteur, c'est que M. Fournier aurait eu, avant son congédiement, des comportements «inappropriés».

Il a toutefois été impossible de savoir lesquels et ces informations n'ont pas été dévoilées non plus au Tribunal administratif du travail jusqu'à présent. Ces comportements n'ont pas été invoqués non plus comme motifs de congédiement.

Le recteur a affirmé qu'il n'a été aucunement question du dossier Charland dans la décision prise par le CA.

L'avocate qui a représenté M. Fournier au Tribunal administratif du travail, Me Caroline Gagnon, a été appelée à témoigner, en avant-midi, dans cette affaire.

Selon elle, Gilles Charland était mécontent qu'une telle entente survienne (ce qu'a confirmé le recteur). Selon elle, l'entente venait en contradiction avec une promesse que lui aurait faite l'UQTR de rétablir sa réputation.

Au cours du procès tenu au Tribunal administratif du travail dans le dossier de M. Fournier, en effet, «on m'a accusé de corruption, de collusion», a rappelé Gilles Charland lors d'une brève entrevue accordée au Nouvelliste mercredi midi.

M. Charland a aussi été accusé d'avoir demandé à M. Fournier de lui faire construire une bibliothèque par les employés de l'Université, des allégations qui, «selon mon point de vue sont complètement fausses», affirme-t-il.

Gilles Charland refuse de parler de menaces de poursuites envers le CA de l'UQTR. «J'ai envoyé une lettre au CA pour m'opposer à la transaction», reconnaît-il, «pour simplement dire que moi, j'avais des intérêts là-dedans qui devaient être tenus en compte. Après ça, le CA a pris sa décision», dit-il.

«Je ne m'opposais pas, contrairement à ce qui a été affirmé, à ce que M. Fournier ait un règlement. Ça ne me regarde pas. Je ne suis plus un employé de l'Université», a-t-il dit en ajoutant que tout ce qui a été dit sur lui, dans cette affaire, a affecté sa réputation et son travail.

M. Charland a aussi envoyé une mise en demeure de 150 000 $ à M. Fournier et exige des excuses publiques. Cette partie de l'affaire suit son cours devant les tribunaux.

Selon Me Gagnon, toutefois, le contenu de la communication de Gilles Charland aux membres du CA était suffisamment grave pour retarder l'adoption de l'entente avec M. Fournier jusqu'à ce que le dossier entre M. Charland et l'Université soit réglé.

L'avocate indique que l'UQTR ne voulait pas d'un autre dossier qui l'éclabousserait dans les médias.

«S'il n'y a pas de réintégration, il n'y a pas de dossier Charland», a reconnu le recteur, mercredi, tout en assurant que «ce n'est pas le dossier de Charland qui a eu une influence sur la décision.»

Me Gagnon, de son côté, a beaucoup insisté pour dire que les personnes qui étaient présentes pour négocier et signer l'entente au nom de l'UQTR avec M. Fournier étaient bel et bien mandatées par l'UQTR et le conseil d'administration, une information qu'elle a corroborée à plusieurs reprises.

Le recteur, lui, a donné un son de cloche différent. Selon lui, il a toujours été clair que l'entente devait être ratifiée par le conseil.

L'ancien vice-recteur aux finances René Garneau, qui a servi d'intermédiaire entre ses deux amis de longue date, Alain Fournier et Daniel McMahon, raconte qu'il a siégé pendant six ans au CA et vu passer des dizaines de résolutions au CA sans objection. Non que le CA acceptait systématiquement n'importe quoi, dit-il, mais les dossiers étaient bien présentés.

Or, les termes de l'entente semblaient convenir au recteur, qui avait lui même fixé, d'ailleurs, la limite de 300 000 $. Toutefois, avant de prendre sa décision, le conseil d'administration a écouté ses avocats parler pendant trois heures. Après quoi, il y a eu une heure de délibérations.

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