Code d'éthique controversé à l'UQTR

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L'UQTR veut implanter un code d'éthique comme il y en a dans d'autres universités québécoises.

Olivier Croteau, Le Nouvelliste

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Brigitte Trahan
Le Nouvelliste

(Trois-Rivières) L'Université du Québec à Trois-Rivières veut adopter un code d'éthique applicable aux membres du personnel.

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Ismaïl Biskri, porte-parole de l'Intersyndicale des personnels de l'UQTR.

Olivier Croteau, Le Nouvelliste

Ce code est jugé beaucoup trop radical dans les murs de l'Université et l'Intersyndicale des personnels a écrit à la direction afin de faire connaître son refus de l'accepter. Le conseil d'administration de l'UQTR a réitéré, il y a quelques jours, sa volonté d'adopter malgré tout un tel code.

On a donc mandaté le vice-recteur aux ressources humaines, Olivier Malo, afin de procéder à une nouvelle tentative de consultation auprès des syndicats et associations et leur donner l'occasion de bonifier le projet en question.

Cette consultation prendra fin le 23 décembre puisque le conseil d'administration souhaite adopter son code d'éthique le 13 février prochain.

Cette histoire est presque un copié-collé d'un épisode survenu au printemps 2015 alors que l'UQTR avait élaboré une politique d'utilisation des médias sociaux. Les professeurs avaient alors élevé le ton, via leur Syndicat, contre cette politique, craignant qu'elle vienne interférer avec leur liberté académique.

Les professeurs s'élèvent une fois de plus contre ce nouveau projet de code d'éthique. Cette fois-ci, toute l'Intersyndicale s'y oppose aussi.

Le porte-parole de l'Intersyndicale et président du Syndicat des professeur(e)s, Ismaïl Biskri, constate, à la lecture du document proposé, que la notion de loyauté qui s'y trouve «ne se limite pas uniquement aux employés, mais également à tous ceux qui vivent sous leur toit», dit-il.

Le directeur des communications de l'UQTR, Yvon Laplante, assure que ce n'est pas le cas. 

«Comment voulez-vous qu'on passe un règlement qui interdise les membres d'une famille de discuter d'un sujet ou d'un autre? Ça ne tiendrait la route nulle part. Là n'est pas l'intention», assure-t-il.

L'Intersyndicale s'inquiète quand même puisque la proposition a été soumise aux syndicats et associations il y a plusieurs mois déjà et demeure la même. Chaque groupe a procédé à l'analyse du projet et dès le 15 juin dernier, l'Intersyndicale avait convenu à l'unanimité de rejeter le code d'éthique tel que proposé.

«Il est certain que nous avons des inquiétudes. Selon nous, il limite la liberté académique des professeurs», explique le professeur Biskri. «Pour le moment, les discussions continuent, mais il est clair qu'on ne peut pas accepter ce document-là» dans son libellé actuel, explique-t-il.

Avec ce document, «on ne peut pas prendre une position publique qui pourrait nuire à l'image de l'UQTR», résume-t-il. «Sur le principe, à la limite, on pourrait être d'accord, mais dans les faits, comment est-ce que ça va se traduire?», s'inquiète-t-il.

«Le texte peut paraître clair, mais son application peut poser problème», explique le professeur Biskri en précisant que les employés sont déjà assujettis à une douzaine de politiques d'éthique et de déontologie.

«Limiter la liberté académique des professeurs, on n'est pas d'accord là-dessus. C'est hors de question», assure le porte-parole de l'Intersyndicale.

Ce code d'éthique «contrevient au principe de la liberté académique des professeurs. Si un professeur a envie de dire quelque chose et que c'est fondé sur une démarche scientifique ou une démarche académique, je ne vois pas qui aurait le droit de lui dire qu'il porte atteinte à l'image de l'UQTR ou qu'il manque de loyauté vis-à-vis l'institution», plaide le porte-parole de l'Intersyndicale.

Il semble que le code en question présente trop de flous face à son application et à son interprétation explique-t-il.

Néanmoins, «il y a plusieurs universités au Québec qui ont des codes d'éthique ou, dans certains cas, un code de déontologie», fait valoir M. Laplante. C'est le cas de la plupart des composantes du réseau de l'Université du Québec et même d'universités hors réseau, précise-t-il. «Dans ce contexte-là, ce n'est donc pas une demande qui tombe du ciel», plaide-t-il.

Le code d'éthique proposé actuellement à la communauté est inspiré de celui de l'Institut national de la recherche scientifique, indique le porte-parole de l'UQTR. «Il n'y a pas d'intention de la part de l'Université de l'imposer dans sa forme actuelle, mais au contraire, d'en discuter avec les partenaires. L'Intersyndicale en est un», dit-il.

«Si, au 23 décembre, tout n'est pas complètement attaché, on verra. On demande au moins que l'Intersyndicale communique les articles sur lesquels elle n'est pas d'accord et qu'elle propose des amendements», résume M. Laplante.

L'Intersyndicale se demande pourquoi l'UQTR décide de revenir sur ce sujet alors qu'elle en a déjà plein les bras avec ses ennuis financiers. «Je pense que ce n'était pas le moment de parler de ça», estime M. Biskri.

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