Congédiement de Martin Gélinas: unanimité du CA

Martin Gélinas... (François Gervais, Le Nouvelliste)

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Martin Gélinas

François Gervais, Le Nouvelliste

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Brigitte Trahan
Le Nouvelliste

(Trois-Rivières) La décision du conseil d'administration de l'Université du Québec à Trois-Rivières de mettre fin au lien d'emploi de son vice-recteur aux ressources humaines, Martin Gélinas, a été prise à l'unanimité, a raconté jeudi Jacques Chauvette, directeur régional d'Hydro-Québec et un des membres du CA qui avait pris part à ce processus.

M. Chauvette a été longuement interrogé par les procureurs de l'UQTR alors que se poursuivaient les audiences du Tribunal administratif du Québec dans ce dossier.

Toujours selon M. Chauvette, aucune autre mesure que le congédiement n'était envisageable dans cette affaire.

C'est que M. Gélinas avait obtenu une chance de se refaire une vie professionnelle après qu'on lui eut retiré son poste de vice-recteur, rappelle M. Chauvette. À la suite d'une entente intervenue le 1er février 2013, dit-il, l'UQTR lui avait proposé un prêt de service à 160 000 $ par année qui lui aurait permis de se repositionner sur le plan professionnel pendant deux ans et de prendre du même coup du repos. 

Cette entente, indique M. Chauvette, effaçait «tous les manquements» et «tous les événements» survenus auparavant. Par la suite, la porte aurait été ouverte pour un retour à l'UQTR dans un autre travail.

«J'ai veillé à ce que cette entente soit à l'avantage de toutes les parties», assure M. Chauvette qui raconte avoir passé entre 70 et 80 heures de travail pour comprendre et régler le dossier de M. Gélinas.

Malgré cette chance inouïe qui lui était offerte, Martin Gélinas ne l'a pas saisie, semble-t-il, puisqu'il n'a pas respecté les clauses de l'entente qu'il avait signée, raconte M. Chauvette.

M. Gélinas a notamment déposé une douzaine de plaintes à diverses instances après la signature de cette entente qui lui aurait permis de reprendre une vie normale.

Il a logé une plainte de harcèlement contre la directrice des communications, Guylaine Beaudoin, une plainte de harcèlement contre la rectrice Nadia Ghazzali, une seconde plainte devant la Commission des normes du travail contre Guylaine Beaudoin et contre Mme Ghazzali, une plainte au conseil d'administration, plusieurs plaintes au protecteur universitaire, au Service de protection publique de l'UQTR et même aux autorités policières.

Jacques Chauvette a parlé de cette réaction comme d'un «coup de hache» dans la loyauté envers l'employeur et estime que le lien de confiance s'est alors brisé.

Durant le contre-interrogatoire de M. Chauvette, M. Gélinas qui assume lui-même sa défense, a tenté de faire ressortir qu'au contraire, il s'est montré très loyal envers l'organisation en dénonçant certains hauts dirigeants de l'UQTR qui auraient commis, selon lui, des actes répréhensibles qui l'ont incité à faire appel à l'Unité permanente anticorruption (UPAC) et au vérificateur général du Québec pour enquêter. 

Toutefois, plusieurs des éléments sur lesquels portent les plaintes de M. Gélinas font partie de situations antérieures à la signature de l'entente du 1er février 2013. Il a donc été décidé dès le début du procès que les parties ne pourront pas évoquer ces situations.

La question des fameux 84 textos et courriels haineux envoyés par M. Gélinas à plusieurs collègues employés et cadres, en 2013, alors qu'il vivait une profonde dépression, est revenue dans le témoignage de M. Chauvette. 

Ce dernier estime que les textes en question sont d'une «dureté incroyable» et n'appartiennent pas au langage que peut tenir un cadre supérieur, encore moins un vice-recteur aux ressources humaines. M. Gélinas a rappelé qu'il s'était excusé pour cette série de fautes. 

Toutefois, l'entente qu'il avait signée lui interdisait de communiquer avec les employés de l'UQTR. M. Chauvette, qui connaît M. Gélinas de longue date et l'avait toujours perçu comme étant «de commerce agréable», a dit à ce dernier, jeudi, qu'il avait à ce moment-là «découvert des choses dans sa personnalité».

Alors qu'il était suspendu dans le cadre de l'enquête administrative qui devait jeter la lumière sur ses agissements, M. Gélinas a fait des déclarations aux médias qui, estime le témoin, ont eu des impacts sur l'image de l'organisation, une attitude inacceptable de la part d'un cadre supérieur, estime M. Chauvette.

Martin Gélinas a rappelé, en contre-interrogatoire, le contexte organisationnel qui prévalait lorsqu'il a présenté les comportements qui lui ont valu son congédiement. Il estime que ses réactions du moment doivent être attribuées à ce contexte. 

M. Gélinas a récité le nom de tous ceux et celles qui ont démissionné, claqué la porte et dénoncé les agissements du conseil d'administration durant cette période trouble. 

M. Chauvette a reconnu que ça a été difficile pour tout le monde, à certains moments, mais pas au point de justifier des comportements comme ceux dont M. Gélinas a fait preuve.

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