À la chasse aux champignons

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On retrouve Danny Bisson, président de Progigraph, Patrick Lupien, coordonnateur de la Filière mycologique de la Mauricie, et Hugo Germain, directeur du Groupe de recherche en biologie végétale de l'UQTR.

Marc Rochette, Le Nouvelliste

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Marc Rochette
Le Nouvelliste

(Trois-Rivières) Un jour, le consommateur pourrait bien se montrer moins réticent à manger un champignon forestier, si abondant en haute Mauricie.

C'est que des chercheurs de l'UQTR, en collaboration avec des partenaires externes, travaillent à l'élaboration d'un outil qui permettra de détecter plus facilement la présence d'une cinquantaine d'espèces différentes de champignons sauvages - comestibles et toxiques - sur le territoire québécois.

À l'aide de champignons recueillis partout au Québec, l'équipe de recherche dresse actuellement le portrait génétique (ADN) de 37 espèces comestibles et de 12 espèces toxiques semblables aux champignons comestibles. Ce processus d'identification permettra ensuite de déceler la présence de ces champignons sur un territoire donné, à partir de l'analyse d'un simple échantillon de sol.

Les chercheurs testeront ensuite de nombreux sites québécois, afin de vérifier si les champignons y sont présents. Ils établiront ainsi quelles sont les caractéristiques environnementales favorables à la croissance de certaines espèces. Ces renseignements seront ensuite couplés avec une base de données géomatique qui permettra de prédire la présence d'espèces données de champignons, à la grandeur du Québec.

Ce nouvel outil sera fort utile aux cueilleurs de champignons sauvages, de plus en plus nombreux. Grâce à cette innovation, ils concentreront leurs efforts aux endroits les plus prometteurs, pour les espèces recherchées. Ils seront aussi informés de la présence possible de champignons toxiques ressemblant aux espèces comestibles, un avertissement qui renforcera leur vigilance et favorisera une cueillette sécuritaire.

Les résultats obtenus par l'équipe de recherche seront aussi très profitables à l'industrie alimentaire. Cette dernière pourra identifier précisément les espèces de champignons présentes dans divers aliments transformés, grâce à l'ADN. Ce type de test améliorera la sécurité alimentaire, contribuera à la traçabilité des aliments et jettera les bases qui permettront éventuellement d'attester la provenance géographique dans le cadre d'une marque certifiée ou d'appellation réservée.

Ce projet est mené par le professeur Hugo Germain, directeur du Groupe de recherche en biologie végétale de l'UQTR, et l'étudiante Geneviève Laperrière, doctorante en biologie cellulaire et moléculaire. La firme Progigraph de Val-d'Or, spécialisée en gestion du territoire et en géomatique, s'investit aussi dans ce projet (60 000 $ en fonds et services). Une subvention de 52 176 $ (sur trois ans) a également été obtenue du Conseil de recherches en sciences naturelles et en génie du Canada.

Si certains échantillons sont obtenus avec l'aide de Biopterre, l'équipe de recherche reçoit aussi l'appui logistique de la Filière mycologique de la Mauricie. Son coordonnateur, Patrick Lupien, a parlé d'une première canadienne «qui permettra de munir les agents, inspecteurs et professionnels des milieux alimentaires et gastronomiques d'un outil de traçabilité unique, et de distinguer les champignons forestiers utilisés dans les produits transformés».

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