Le VGQ n'est pas allé à l'UQTR à sa demande

L'Université du Québec à Trois-Rivières.... (Photo: François Gervais)

Agrandir

L'Université du Québec à Trois-Rivières.

Photo: François Gervais

Partage

Partager par courriel
Taille de police
Imprimer la page
Brigitte Trahan
Le Nouvelliste

(Trois-Rivières) Le Vérificateur général du Québec n'a pas fait de rapport sur la situation financière de l'Université du Québec à Trois-Rivières, en 2015, pour la simple raison que cette dernière en aurait fait la demande. «Le VGQ est vraiment autonome dans le choix des mandats qu'il fait», indique au Nouvelliste la directrice du cabinet, des communications et affaires stratégiques du VGQ, Lucie Roy.

À l'occasion des audiences du Tribunal du Travail (TAT) dans le dossier du congédiement de l'ancien vice-recteur Martin Gélinas, les 12, 13 et 14 septembre, deux témoins de l'UQTR ont nié que M. Gélinas avait été suspendu administrativement, puis congédié, parce qu'il avait fait, alors qu'il était vice-recteur, des dénonciations au VGQ relativement à ce qu'il considérait comme des irrégularités dans l'administration de l'Université.

Les témoins de l'UQTR ont aussi affirmé que, bien au contraire, c'est l'Université elle-même qui avait décidé de dénoncer ses états financiers au VGQ.

Carole Neill, membre du conseil d'administration, a déclaré qu'au cours d'un chantier sur la gouvernance financière, la vice-rectrice administration et finances, Johanne Giguère, avait suggéré «qu'on ouvre nos livres au VGQ». Selon elle, le conseil d'administration avait entériné cette idée.

«Peut-être que c'est vrai qu'ils ont adopté une résolution», reconnaît Lucie Roy. Toutefois, «on est quand même indépendant dans le choix de nos sujets. Je ne crois pas qu'on soit allé à cause que l'UQTR a fait une intervention. Ce n'est sûrement pas le seul élément», assure-t-elle.

Si une entité publique sent qu'elle a des problèmes financiers et contacte le VGQ, le VGQ n'ira pas enquêter automatiquement, assure Mme Roy.

«Dans le cas de l'UQTR, on n'est pas allé parce qu'on a eu une demande formelle qui est arrivée ici de la part de l'Université. Il peut y avoir eu des discussions au sein des différentes instances de l'Université qui elles mêmes pouvaient avoir des préoccupations», dit-elle. Toutefois, ajoute Mme Roy, «on ne s'est pas pointé à l'UQTR parce qu'on avait eu une demande formelle. Il y a peut-être des choses qui sont arrivées en concordance», suggère-t-elle.

Le Vérificateur général «va recevoir des plaintes. Ce sont des éléments qui vont être pris en considération. On va faire notre veille de médias. À un moment donné, on va voir des sujets qui peuvent retenir notre attention. On va aussi suivre les débats à l'Assemblée nationale. Les députés ont des préoccupations qui peuvent être un indice», dit-elle. «Les plaintes sont un des éléments qui vont nous amener à intervenir», précise-t-elle. Toutefois «une plainte ne donne pas nécessairement lieu à un mandat», précise-t-elle.

«L'équipe va analyser une information qui va être portée à notre connaissance et cela va être mis en parallèle avec d'autres informations», explique la porte-parole.

On se souviendra qu'avant le rapport du VGQ, sorti en mai 2015 et qui avait suscité la démission de la rectrice, Nadia Ghazzali, la gestion de l'UQTR avait eu des échos nombreux dans les médias et M. Gélinas n'avait pas été le seul à dénoncer certains éléments tant à l'Unité permanente anticorruption (UPAC) qu'au VGQ.

La députée Julie Boulet avait alors indiqué aux médias qu'elle était «inquiète et préoccupée» de la situation. La députée Sylvie Roy avait fait plusieurs sorties en Chambre à ce sujet, allant même jusqu'à demander la mise en tutelle de l'UQTR. Les reproches du VGQ portaient notamment sur la gestion de la construction du campus de Drummondville.

Le VGQ reçoit des mandats de l'Assemblée nationale, «on va les prendre, c'est notre client», précise Mme Roy. «Il y a un article de la Loi du Vérificateur général qui mentionne qu'on peut recevoir des mandats aussi, soit du Conseil du Trésor ou par décret de la part du gouvernement. Dans le cas de l'UQTR, ce ne sont pas les situations dont on parle», dit-elle.

La décision d'intervenir doit être bien appuyée, explique Lucie Roy parce que «le VG a lui aussi des préoccupations de bien utiliser les fonds publics».

Partager

À lire aussi

publicité

publicité

Les plus populaires

Tous les plus populaires
sur lapresse.ca
»

publicité

Autres contenus populaires

publicité

image title
Fermer