Martin Gélinas et l'UQTR devant le TAT

Martin Gélinas, ancien vice-recteur aux ressources humaines de... (François Gervais)

Agrandir

Martin Gélinas, ancien vice-recteur aux ressources humaines de l'UQTR.

François Gervais

Partage

Partager par courriel
Taille de police
Imprimer la page
Brigitte Trahan
Le Nouvelliste

(Trois-Rivières) La cause qui oppose l'ancien vice-recteur aux ressources humaines de l'UQTR, Martin Gélinas et son ex-employeur, l'Université du Québec à Trois-Rivières, s'est poursuivie devant le Tribunal administratif du Travail, mardi.

Cette fois, les procureurs de l'UQTR ont fait entendre Carole Neill, représentante des chargés de cours au conseil d'administration de l'UQTR et membre du comité exécutif. Mme Neill a pris part à la décision de mettre fin au lien d'emploi avec M. Gélinas, en 2015.

Selon elle, M. Gélinas aurait été l'artisan de son propre malheur. «J'ai été sidérée par l'ampleur du dossier. J'avais vraiment l'impression que M. Gélinas en arrivait à réduire en cendres sa crédibilité», a-t-elle mentionné lorsque le procureur lui a demandé comment elle avait réagi en prenant connaissance du rapport d'enquête qui avait été présenté sur son compte au conseil exécutif avant son congédiement.

Selon Mme Neill, la décision de congédier le vice-recteur n'avait rien à voir avec ses dénonciations au Vérificateur général du Québec ou à l'Unité permanente anticorruption (UPAC) ou le fait qu'il avait alors une cause pendante au criminel qui est maintenant réglée. 

Mme Neill affirme n'avoir appris que beaucoup plus tard le rôle de M. Gélinas en lien avec ces dénonciations.

À ce propos, d'ailleurs, Mme Neill affirme que le VGQ s'est plutôt pointé à l'UQTR à la demande des instances de l'Université puisqu'il y avait, à cette période, des allégations selon lesquelles les Universités étaient mal gérées au Québec et qu'il y avait du gaspillage de financement.

Au Sommet de l'enseignement supérieur, qui s'est tenu en 2012 et 2013, Mme Neill dit avoir proposé que le VGQ fasse le tour des universités. Au cours du chantier sur la gouvernance financière, la vice-rectrice Johanne Giguère a suggéré «qu'on ouvre nos livres au VGQ», dit-elle. Le conseil d'administration de l'UQTR a entériné cette idée.

Alors pourquoi avoir congédié Martin Gélinas? Selon Mme Neill, les raisons sont multiples.

M. Gélinas avait signé, rappelons-le, une lettre d'entente avec l'UQTR, le 1er février 2013, dont le contenu demeure un mystère. «Il a contrevenu à plusieurs reprises et à plusieurs égards à cette lettre d'entente», dit-elle.

Au cours de cette période, rappelons-le, il fit une profonde dépression qui le mena tout droit à l'hôpital. Vers cette date, il s'est mis en envoyer des textos et des courriels au contenu inapproprié à plusieurs collègues cadres et cadres supérieurs.

Il a aussi déposé une douzaine de plaintes contre diverses personnes, à l'UQTR, ainsi qu'aux normes du travail, au protecteur universitaire et aux autorités policières. Ses procureurs ont aussi menacé le conseil d'administration de l'UQTR de poursuites à plusieurs reprises via les journaux. Pour elle, c'est du harcèlement.

Selon Mme Neill, aucune autre avenue ne pouvait être envisagée par le conseil d'administration que le congédiement. «Les preuves étaient accablantes», dit-elle.

M. Gélinas a demandé à Mme Neill si le fait qu'il faisait une grave dépression, à ce moment-là, avait pesé le moindrement dans la décision finale de le congédier. Cette dernière a répondu qu'il n'avait qu'à présenter un dossier médical car il n'y avait aucune preuve à cet effet dans son dossier. M. Gélinas a toutefois pu témoigner largement sur cette question, toutefois, au cours des audiences du TAT et apporter des preuves et des témoignages de ce triste épisode de sa vie.

M. Gélinas, qui assume seul sa défense, a plaidé que les notes de suicide qu'il avait fait circuler aurait dû être un signal assez fort pour faire comprendre au CA qu'il n'était plus lui-même. 

Mme Neill estime qu'elle ne pouvait tenir pour acquis qu'elle connaissait vraiment l'ancien vice-recteur aux ressources humaines. La présidente du Syndicat des chargés de cours affirme qu'elle a travaillé avec d'autres personnes que lui aux ressources humaines.

Les notes de menaces de suicide de M. Gélinas n'ont pas sonné de cloche non plus, affirme-elle. «J'ai compris que vous étiez en chagrin d'amour», dit-elle en précisant que c'est lui et personne d'autre qui avait mis sa signature sur les textos dont le contenu, estime-t-elle, était inadmissible pour quelqu'un qui occupait un poste de cadre supérieur. «Ses propos (dans les textos) étaient humiliants et violents», estime-t-elle.

Partager

À lire aussi

publicité

publicité

Les plus populaires

Tous les plus populaires
sur lapresse.ca
»

publicité

Autres contenus populaires

publicité

image title
Fermer