Martin Gélinas seul contre l'UQTR

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Martin Gélinas, ancien vice-recteur aux ressources humaines de l'UQTR.

François Gervais

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Brigitte Trahan
Le Nouvelliste

(Trois-Rivières) L'ancien vice-recteur aux ressources humaines, Martin Gélinas, se bat maintenant tout seul contre l'Université du Québec à Trois-Rivières.

Après s'être défendu contre des accusations de harcèlement criminel dont il a finalement été complètement blanchi, cet été, ses économies ont continué à fondre comme neige au soleil depuis qu'il affronte aussi son ancien employeur devant le Tribunal administratif du travail (TAT). Il a sacrifié, jusqu'à maintenant, des économies de 500 000 $ pour se défendre.

«Je ne sais toujours pas pourquoi on m'a congédié», confiait-il au Nouvelliste, lundi, alors que s'amorçait une quinzième journée d'audiences devant la juge administrative Lyne Thériault. Au moins huit autres journées d'audiences seraient encore à l'horaire du TAT, dans cette cause, selon ce qu'on a pu apprendre.

Même s'il n'a plus les moyens d'être défendu par un avocat, Martin Gélinas reçoit l'appui indéfectible de plusieurs ex-cadres retraités de l'UQTR et n'entend pas lâcher le morceau.

Rémi Tremblay, ex-adjoint au vice-recteur académique, est sorti de sa retraite pour l'appuyer durant les audiences, même s'il n'est pas juriste. Assis à ses côtés, il prend des notes, le conseille et échange avec lui au sujet des meilleures questions à poser aux témoins qui vont se présenter à la barre, mardi et mercredi.

Martin Gélinas n'a pas fini d'en découdre avec l'UQTR, mais ne cache pas qu'il a hâte de tourner la page et de recommencer sa vie, mise en suspens par toutes ces épreuves juridiques largement médiatisées. Il a surtout hâte que sa famille n'ait plus à subir le poids de ces procédures publiques. Comme à chaque audience, son père et sa mère sont présents dans la salle pour l'épauler.

Lundi, Martin Gélinas a pris entente avec l'UQTR et le TAT afin de laisser tomber les plaintes de harcèlement psychologique qu'il avait déposées contre plusieurs hauts cadres de l'UQTR, notamment l'ancienne rectrice Nadia Ghazzali. L'idée, explique-t-il, c'est d'accélérer les procédures.

Rappelons que l'ancien vice-recteur Gélinas conteste la suspension dont il avait d'abord fait l'objet. Il conteste aussi son congédiement et le fait que ce dernier soit en raison de sa collaboration à une enquête et en lien avec la lutte contre la corruption.

On se rappellera en effet qu'à la suite de ces dénonciations, l'UQTR, sous l'administration Ghazzali, avait reçu plusieurs visites de l'Unité permanente anticorruption (UPAC). Le Vérificateur général du Québec avait aussi rédigé un rapport sévère à l'endroit de l'administration. Dans la foulée de ce rapport, la rectrice avait remis sa démission.

C'est le directeur des Ressources humaines, Me Éric Hamelin, qui était à la barre des témoins, lundi.

Martin Gélinas y est allé d'un barrage de questions afin de tenter de mettre en lumière les motifs réels qui ont mené à son congédiement, en février 2015.

On sait que ce dernier, sous l'emprise d'une très sérieuse dépression qui l'avait mené à être hospitalisé, en 2013, avait envoyé des dizaines de textos à de nombreux collègues, dont plusieurs cadres, incluant Me Hamelin. 

M. Gélinas a d'ailleurs tenu à s'excuser publiquement auprès de Me Hamelin, lundi, pour ces envois inappropriés.

«Mais personne ne réagit comme je l'ai fait comme par magie», a-t-il plaidé durant le contre-interrogatoire de Me Hamelin. Martin Gélinas a en effet tenté, par ses questions, de lier son ancien état dépressif au contexte qui prévalait alors au sein de l'UQTR.

«Saviez-vous que je suis le lanceur d'alerte au VGQ? Est-ce que c'est cela que vous désignez comme étant un manque de loyauté?», a-t-il demandé au témoin. 

Martin Gélinas a aussi tenté de faire dire au témoin comment le conseil d'administration de l'UQTR en était arrivé à le congédier, en 2015. L'hypothèse qu'il tente de démontrer devant la TAT, c'est que les accusations qui pesaient alors contre lui au criminel avaient convaincu le CA de couper les liens d'emploi avant que le jugement ne soit rendu.

On se rappellera que Martin Gélinas avait été accusé de harcèlement criminel contre Guylaine Beaudoin, l'ancienne directrice des communications, mais au début de l'été, il a été complètement blanchi par la cour dans cette cause.

Me Hamelin a répondu que M. Gélinas avait plutôt été jugé par le conseil exécutif sur plusieurs fautes qu'il aurait commises, dont la violation d'une clause d'une entente confidentielle qu'il a signée en 2013, alors qu'il était en pleine dépression, un bris de promesse de ne pas contacter Mme Beaudoin et la cause de harcèlement criminel.

«C'est un ensemble», a indiqué Me Hamelin. Le conseil exécutif était préoccupé, indique Me Hamelin, par l'état dans lequel se trouvait M. Gélinas à ce moment-là. Selon lui, cela avait même suscité un accroissement des mesures de sécurité sur le campus de l'UQTR.

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