Déficit de 15,9 millions $: vers une cure minceur à l'UQTR

Le recteur de l'UQTR, Daniel McMahon, en compagnie... (Stéphane Lessard, Le Nouvelliste)

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Le recteur de l'UQTR, Daniel McMahon, en compagnie de la vice-rectrice aux finances et à l'administration, Johanne Giguère.

Stéphane Lessard, Le Nouvelliste

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Brigitte Trahan
Le Nouvelliste

(Trois-Rivières) Le déficit de fonctionnement auquel doit faire face l'Université du Québec à Trois-Rivières sera finalement de 15,9 millions $ pour l'exercice financier 2016-2017.

L'UQTR devra donc présenter sous peu un plan de redressement au gouvernement du Québec. La solution est inévitable, il faudra réduire la taille de l'Université, donc la masse salariale, a indiqué mardi le recteur, Daniel McMahon.

«Je parle bien de la masse salariale et non des revenus individuels», tient-il à nuancer.

«On peut choisir d'avoir un meilleur salaire, mais moins de monde. On aura à faire ces discussions-là», dit-il. 

«On est condamné à avoir une entente avec l'ensemble de nos syndicats pour faire en sorte d'équilibrer le budget», plaide-t-il.

«On constate que la masse salariale totale qui est dévolue à l'UQTR est beaucoup plus élevée que ce qu'on pourrait appeler les règles de l'art», indique le recteur.

La masse salariale devrait être entre 75 % et 80 % du budget de fonctionnement. Or, à l'UQTR, elle est de 88,5 %, dit-il.

C'est que les planchers d'emplois ont été ajustés selon une mécanique de croissance. 

«Dans le budget, on doit ajouter un certain nombre de postes en vertu d'un plancher d'emploi alors qu'on sait pertinemment qu'on va avoir une réduction de clientèle», indique le recteur.

L'UQTR anticipait plutôt une nouvelle hausse de clientèle de 4 %. Le nombre d'étudiants équivalent temps plein a toutefois diminué de 1 %, cette année et diminuera encore puisque l'UQTR, tout comme les autres universités au Québec, subissent présentement le contre-coup du fameux creux démographique qui avait frappé tour à tour, au cours des dernières années, l'école primaire, le secondaire puis le réseau collégial.

«Est-ce qu'on aurait pu anticiper plus rapidement la situation? La réponse est oui», reconnaît Daniel McMahon. «On espérait ne pas se faire frapper aussi fort», dit-il.

Selon lui, il faudra toutefois attendre les prochaines conventions collectives pour espérer corriger la situation et diminuer la taille de l'UQTR. «C'est pour ça qu'on a un budget déficitaire cette année», explique-t-il.

M. McMahon indique que le redressement se fera en deux temps. Il y aura d'abord des discussions avec les corps d'emplois afin d'appliquer des mesures temporaires jusqu'à la fin des conventions collectives.

«Par la suite, il y aura, dans le cadre de la convention collective, à redéfinir la taille de l'organisation qu'on veut se donner en fonction des revenus de l'organisation», dit-il.

L'UQTR compte présentement 1052 postes. Les conventions collectives viendront à échéance à raison d'une par année au cours des cinq prochaines années.

La direction entend appliquer certaines mesures entre-temps. Elle ne remplacera qu'un seul poste sur deux actuellement vacants. Cette mesure s'appliquera également aux postes liés à des projets temporaires.

«Ce qui est intéressant de noter aujourd'hui, c'est qu'on n'a pas annoncé de fermeture ou de mises à pied», tient à nuancer le recteur.

«L'ensemble des cadres a accepté une réduction de salaire» ajoute-t-il. 

«On est en discussion avec tous les autres corps d'emplois sur des formes de réductions temporaires de salaires. On est en négociation aussi avec les profs pour une réduction temporaire du plancher d'emploi. Je pense que toute la communauté universitaire réalise très bien que la situation a changé», dit-il.

Daniel McMahon se montre optimiste face à ce défi majeur puisqu'au début des années 2000, rappelle-t-il, l'UQTR avait connu une situation semblable «avec un déficit de 21 millions $. Un plan de redressement a été adopté et l'Université s'est entendue avec ses différents corps d'emplois et l'Université a passé au travers. Donc, c'est un passage obligé. Il s'agit juste de redéfinir notre Université en fonction de la perspective des clientèles des prochaines années», résume-t-il.

La direction précise qu'il n'est pas dans son intention, à ce moment-ci, d'abolir des programmes d'études pour arriver à ses fins.

Ce n'est pas parce que l'UQTR veut réduire sa taille qu'elle sera inactive, assure le recteur. «Il faudra sortir de nos cartons des choses qui pourraient nous distinguer des autres universités», dit-il.

Le plan de redressement que présentera l'UQTR au gouvernement revêt une grande importance puisque s'il est refusé, Québec pourrait imposer une baisse de 10 % des subventions qu'il lui accorde.

Dans le dernier budget adopté par Québec, le réinvestissement prévu de 55 millions $ au niveau de l'enseignement supérieur ne représente que 830 000 $ pour l'UQTR, nettement pas assez pour arranger les choses.

Il n'est pas réaliste en ce moment, selon le recteur, d'espérer récupérer les 12 millions $ de compressions qui ont été imposées à l'UQTR. Même chose pour toutes les autres universités, dit-il.

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