UQTR: Johanne Giguère pointe du doigt la gestion d'Alain Fournier

La vice-rectrice à l'administration et aux finances de... (Olivier Croteau, Le Nouvelliste)

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La vice-rectrice à l'administration et aux finances de l'UQTR, Johanne Giguère, a laissé entendre que la gestion d'Alain Fournier, alors directeur des équipements, dans le cadre de la construction du pavillon de la vie étudiante avait contribué à la situation financière précaire vécue par l'institution trifluvienne en juillet 2013.

Olivier Croteau, Le Nouvelliste

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Brigitte Trahan
Le Nouvelliste

(Trois-Rivières) Le 15 juillet 2013 passera dans les annales de l'Université du Québec à Trois-Rivières puisque c'est à cette date que la toute nouvelle rectrice à l'administration et aux finances (VRAF) de l'établissement, Johanne Giguère, apprenait qu'il n'y avait pas assez d'argent en banque pour payer les employés, le 25 juillet suivant et que deux, peut-être trois paies à venir étaient en péril.

Les employés de l'UQTR sont payés aux deux semaines au coût total de 5 millions $ chaque fois, soit 3,5 millions $ plus les avantages sociaux.

C'est ce qu'a raconté Mme Giguère, mercredi, alors qu'elle livrait son témoignage principal dans la cause de l'ex-directeur des équipements de l'UQTR, Alain Fournier, devant le Tribunal administratif du travail (anciennement la Commission des relations du travail).

«Le coeur m'a arrêté complètement», dit-elle, lorsqu'elle a appris cette information de la bouche de la directrice des finances, Diane Dubois, en compagnie de l'ancien vice-recteur intérimaire à l'administration et aux finances, Cléo Marchand, qui était tout près de prendre sa retraite et qu'elle était en train de remplacer.

Mme Giguère a expliqué qu'il y avait plus de chèques en circulation que le solde de l'UQTR à la banque. Or, la subvention conditionnelle du gouvernement n'était pas prévue avant le mois d'août et peut-être même plus tard.

Pour mettre la cerise sur le gâteau, dit-elle, la marge de crédit de 18 millions $ de l'UQTR était alors pleine. Il n'y avait plus aucune marge de manoeuvre. La marge avait pourtant été augmentée au mois de mai précédant de 14 à 18 millions $.

Mme Giguère a alors demandé à consulter le fichier de gestion des liquidités pour finalement s'apercevoir qu'il n'en existait pas.

Il semble que les anciens gestionnaires de l'UQTR n'avaient jamais ressenti le besoin de produire un tel fichier, dans le passé, puisque l'UQTR n'avait jamais vécu de problèmes financiers.

Selon elle, il est extrêmement imprudent de ne pas avoir de tel fichier. «On a l'air d'amateurs. On n'est pas une PME», plaide-t-elle.

Devant l'impasse, Johanne Giguère a tenté de connaître les raisons de cette situation.

Selon elle, le problème avait deux sources.

La première provenait du fait que l'ancien vice-recteur à l'administration et aux finances, Cléo Marchand, avait placé, dans l'analyse des revenus que devait recevoir l'UQTR, une somme de plus de 1 million $ provenant de la rétrocession du CIPP. Or, la rétrocession du pavillon n'était pas encore faite, dit-elle, et ces revenus encore moins au rendez-vous.

L'autre cause qui a asséché les coffres de l'UQTR sans que personne ne s'en aperçoive, c'est que les décaissements faits dans le cadre de la construction du pavillon de la vie étudiante ne figuraient pas non plus dans le fichier statique produit sur l'état des finances de l'Université.

Ce problème, Mme Giguère semble l'attribuer justement à Alain Fournier qui était alors le directeur des équipements.

Ce dernier n'aurait pas géré les sommes selon les règles strictes du gouvernement.

Certaines règles fondamentales de gestion des subventions gouvernementales doivent en effet être observées strictement à chacune des étapes qui précèdent et qui succèdent la construction d'un immeuble sur le campus.

Passer outre ces règles très strictes peut faire en sorte que dans un projet immobilier, les mètres carrés d'espaces ne soient pas reconnus par le gouvernement. En pareil cas, l'Université perdrait toute forme de subvention pour les entretenir, ce qui peut venir affecter son budget d'opération à moyen et long terme.

Si le toit coule, c'est l'Université qui devrait alors payer les réparations toute seule sans l'aide du ministère, illustre Mme Giguère.

La VRAF de l'UQTR est aussi revenue sur l'affaire Sodexo qui, selon M. Fournier, a obtenu une réduction de loyer de 29 000 $ par année ainsi qu'un contrat de sept ans alors que les contrats de plus de 25 000 $ ne doivent pas dépasser cinq ans.

Mme Giguère a expliqué que Sodexo connaissait des difficultés financières par rapport à son contrat avec l'UQTR, un contrat de redevances fort avantageux pour l'Université puisque Sodexo rapportait plus de 1 million $ par année à l'UQTR par rapport au plus bas soumissionnaire qui n'en rapportait que 370 000 $.

Sodexo s'engageait aussi à remettre des bourses aux étudiants, des gratuités lors d'activités, un investissement de 996 000 $ en infrastructures à l'UQTR et autres bénéfices.

Or, Sodexo menaçait, en juillet 2013, de quitter l'UQTR à quelques semaines de la session d'automne.

Mme Giguère assure avoir consulté le secrétaire général, André Gabias à ce moment-là, sur les aspects légaux de l'entente intervenue.

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