Le génie célèbre ses 45 ans à l'UQTR

De gauche à droite: André Jacob, ancien directeur... (François Gervais)

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De gauche à droite: André Jacob, ancien directeur du département de génie électrique, Kodjo Agbossou, directeur de l'École d'ingénierie et Georges Abdul-Nour, directeur du département de génie industriel.

François Gervais

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Brigitte Trahan
Le Nouvelliste

(Trois-Rivières) L'enseignement du génie à l'Université du Québec à Trois-Rivières célèbre ses 45 ans, cette année. Aujourd'hui, l'Université compte quatre départements de génie chapeautés depuis 1995 par l'École d'ingénierie.

Ses débuts furent humbles, mais ses bâtisseurs étaient passionnés et convaincus, au point où l'École d'ingénierie de l'UQTR génère aujourd'hui près de 4 millions $ de fonds de recherche annuellement. «Je dirais que l'École d'ingénierie apporte entre 15 % et 20 %, des fonds de recherche qui arrivent à l'Université, selon les années», indique l'actuel directeur de l'École, Kodjo Agbossou.

André Jacob, ancien directeur du département de génie électrique rappelle que l'histoire du génie à l'UQTR prend racine avant même la création de l'Université du Québec à Trois-Rivières. «À l'hiver 1969, il y avait le Centre d'études universitaires et l'École normale Duplessis. Au CÉU, on enseignait la première année universitaire en sciences pures et appliquées et la deuxième année de génie physique», raconte l'ancien professeur.

L'année 1969 allait être témoin de la naissance de l'Université du Québec à Trois-Rivières. Tout était à bâtir. «On était tous jeunes, tous dynamiques. Ça fonçait», se souvient M. Jacob.

Comme ailleurs, dans le réseau de l'Université du Québec, il a fallu faire venir des professeurs de l'étranger, en particulier de la France, pour bâtir la formation en génie et offrir les cours. Venir enseigner au Québec remplaçait alors le service militaire, en France.

Le département de génie a été officiellement créé dès 1970 et non sans quelques perles de sueur. «Ça a représenté des heures de travail épouvantables. Les congés, on les sautait», se souvient M. Jacob.

Les quatre départements actuels, génie chimique, génie électrique et informatique, génie industriel et génie mécanique (qui compte depuis peu mécatronique), n'étaient pas tous présents, au départ.

Le génie connaît d'ailleurs des ratés, vers 1977, alors que Québec forçait la fermeture de génie physique et de génie chimique. Des professeurs de l'UQTR se sont donc retrouvés sans enseignement. Loin de baisser les bras, «ils ont démarré un centre de recherche qui s'est fait connaître dans le monde entier», raconte le professeur Agbossou. On parle ici du Centre de recherche en pâtes et papiers devenu éventuellement le Centre intégré en pâtes et papiers ou CIPP. Cette initiative a d'ailleurs permis de ramener le génie chimique dans les murs de l'Université.

Le département de génie, à ce moment-là, ne comptait qu'une centaine d'étudiants alors qu'aujourd'hui, l'École d'ingénierie en compte quelque 800, précise-t-il.

L'École regroupe 32 professeurs en plus des chargés de cours et employés de soutien, soit un effectif d'une centaine de personnes.

«Quand je suis arrivé, en 1985, il n'y avait que deux départements, soit génie industriel et génie électrique. En 1985-86, on accueillait de nouveaux programmes», raconte Georges Abdul-Nour, directeur du département de génie industriel.

Cette année-là, sous l'impulsion du recteur Jacques Parent, de nombreux nouveaux professeurs sont embauchés. «Jacques Parent nous a envoyés aux États-Unis faire un doctorat. En 1990, on était tous revenus», raconte le directeur du département de génie industriel et c'est là qu'a été ajouté le programme de génie chimique.» L'effet positif n'a pas tardé à se faire sentir. «Notre équipe de professeurs pouvait faire compétition à n'importe quelle université au Québec», raconte le professeur Abdul-Nour.

L'UQTR commence très tôt à produire des ingénieurs aux parcours exceptionnels. On pense aux Luc Vermette (1987), p.d.g. de Johnston-Vermette, Mario Désilets (1976), directeur à l'ancienne centrale nucléaire Gentilly-2, Josée Perron (1989), directrice générale de Bell Canada et Alexis Bilodeau (2003), président et cofondateur de Novo, pour ne citer que ceux-ci.

Le département de génie tisse de liens avec de grands joueurs de l'industrie québécoise qui sollicitent son expertise. C'est le cas, par exemple, d'Hydro-Québec et de sa centrale nucléaire, de Kongsberg, Pluritec, Intragaz, Bombardier et Novo Électrique. Même le secteur québécois de la santé bénéficie de l'expertise des ingénieurs de l'UQTR pour développer, avec sciences infirmières, la méthode Toyota adaptée au travail en milieu hospitalier.

Avec la création de la Chaire Bombardier, de la chaire sur l'hydrogène et d'autres chaires de recherche en pâtes et papiers, l'UQTR s'ouvre plus que jamais au milieu. «On a travaillé directement avec quelque 200 entreprises pour les rendre de calibre international», raconte le professeur Abdul-Nour.

«On prend toutes les nouvelles théories et on les adapte sur le terrain.» Cette collaboration apporte ses bienfaits des deux côtés. «Tout ce que nos étudiants développent au cours de leur maîtrise et de leur doctorat, ils vont l'implanter en entreprise. C'est donnant, donnant», dit-il.

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