Maîtriser le soleil pour améliorer la vie

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Le professeur Kodjo Agbossou, directeur de l'École d'ingénierie de l'UQTR.

François Gervais

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Brigitte Trahan
Le Nouvelliste

(Trois-Rivières) Le soleil et le vent sont des sources d'énergie non polluantes, renouvelables et abondantes sur Terre. Savoir les utiliser, c'est pouvoir grandement améliorer les conditions de vie des populations.

C'est le défi que souhaite relever l'École d'ingénierie de l'Université du Québec à Trois-Rivières en proposant au Bureau des Amériques de l'Agence universitaire de la francophonie un projet qui touche l'énergie dans les secteurs agricoles du Sénégal.

Les deux professeurs de l'UQTR impliqués dans ce projet, Kodjo Agbossou, le directeur de l'École d'ingénierie et Mamadou Doumbia, travaillent déjà depuis plusieurs années à l'Institut de recherche sur l'hydrogène pour faire l'intégration des énergies renouvelables et le stockage des excédents d'énergie. «On a développé aussi beaucoup d'expertise avec Hydro-Québec sur la gestion de l'énergie, notamment en matière de connexion aux réseaux», indique le professeur Agbossou.

«Cette expertise, on a décidé de la mettre à contribution pour des projets agricoles», notamment au Sénégal, dit-il.

Dans les pays de l'Afrique subsaharienne, les populations sont très dépendantes du bois pour la production d'énergie, ce qui crée des problèmes de déforestation, indique le professeur Agbossou. S'ensuit un déséquilibre dans le cycle naturel de l'eau qui crée des saisons de pluie beaucoup plus courtes, donc de la sécheresse.

Pour remplacer en partie le bois, les groupes Diesel font actuellement leur apparition dans les villages avec tous les problèmes environnementaux que cela implique.

En revanche, l'Afrique subsaharienne peut compter sur un très fort ensoleillement. Dans les régions côtières, il y a aussi beaucoup de vent. L'idée est donc de tirer profit au maximum de ces énergies.

Une famille québécoise composée d'un couple et de deux enfants utilise en moyenne, de façon continue, 3 kilowatts d'énergie, alors que dans ces contrées, un seul kilowatt peut alimenter cinq ou six résidences. Ceci facilite donc l'intégration de l'énergie solaire, non seulement par des panneaux solaires, mais aussi par l'usage de concentrateurs solaires qui, par une action passive, permettent de faire sécher, voire de faire cuire des aliments, sans qu'il en coûte un sou d'électricité.

Deux universités sénégalaises ont donc décidé d'emboîter le pas avec l'UQTR pour valoriser l'usage de ces sources d'énergie en milieu agricole, soit l'École supérieure polytechnique de Cheikh Anta Diop et l'Université Gaston-Berger. L'une possède une expertise en matière de panneaux solaires et d'éoliennes, l'autre possède une ferme pilote de 30 hectares pour la formation et la recherche.

«Dans la ferme, on a ajouté toute la ligne d'arrosage goutte à goutte», indique le directeur de l'ÉIUQTR. Les chercheurs sont en train d'étudier comment optimiser et automatiser les cycles de pompage d'eau, le tout en fonction des précipitations et en utilisant les énergies propres.

Une des applications visées est l'arrosage des cultures avec l'eau des puits. Le système se fait présentement de façon manuelle. Les chercheurs veulent donc trouver un moyen de pomper cette eau en utilisant l'électricité et de faire de l'arrosage goutte à goutte des cultures de manière automatisée, ce qui permettra de contrôler tout le processus de production et même de réussir des productions hors saison, indique Kodjo Agbossou.

En résumé, les défis consistent à stocker l'énergie solaire ou éolienne dans des batteries et d'utiliser les surplus d'électricité pour pomper de l'eau.

Une deuxième phase du projet pourrait éventuellement consister, via la formation de micro-entreprises bénéficiant de micro-crédit, à lancer des projets de conservation et de transformation des aliments.

Le projet comprend la formation de technicien, mais aussi des agriculteurs sur le terrain. Quelques ateliers ont déjà été tenus au Sénégal et l'intérêt est élevé, indique le professeur Agbossou. Le défi sera malgré tout de faire accepter les nouvelles façons de faire sur le terrain.

La Conférence de Paris sur le climat se déroule jusqu'au 11 décembre. Les problèmes engendrés par les changements climatiques ont des impacts sur l'environnement et les populations humaines. Quelles solutions propose la science? Le Nouvelliste vous invite à lire la dernière d'une série de trois entrevues avec des chercheurs de l'Université du Québec à Trois-Rivières qui s'intéressent à la question.

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