Les compressions dénoncées à l'UQTR

Le hall du pavillon Pierre-Boucher a été occupé... (François Gervais)

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Le hall du pavillon Pierre-Boucher a été occupé pendant 20 minutes par les personnels de l'UQTR, lundi matin.

François Gervais

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Brigitte Trahan
Le Nouvelliste

(Trois-Rivières) Les professeurs, les chargés de cours, le personnel administratif, les employés de soutien et le personnel professionnel de l'Université du Québec à Trois-Rivières se sont rassemblés pendant 20 minutes, dans le hall d'entrée du pavillon Albert-Tessier, lundi matin, pour partager un café offert par l'Association générale des étudiants. Cette première manifestation contre l'austérité à se tenir à l'UQTR, se déroulait simultanément dans la plupart des universités au Québec et visait à envoyer un message clair au gouvernement de Philippe Couillard.

Les personnels de l'Université et les étudiants sont inquiets pour l'avenir de l'enseignement supérieur et en ont visiblement ras le bol des compressions.

«On ne peut pas avoir de soutien pour la recherche. On doit augmenter la taille des classes. On a même supprimé les cours d'été», raconte le professeur James T. Agbébavi du département de génie chimique de l'UQTR.

Jean-Guy Paré, s'est présenté à titre de président de la Fondation en appui aux employés, de même que le vice-recteur Robert W. Mantha, mais à titre personnel, a-t-il précisé.

Quelques anciens de l'UQTR sont aussi venus en renfort. C'est le cas de Jacques Boisvert qui a pris sa retraite du département de chimie-biologie il y a quelques années. «Ça me fait plaisir de venir les appuyer. L'heure est grave», dit-il en faisant valoir que c'est l'avenir des étudiants, au bout du compte, qui est en jeu.

Jean-René Leblanc-Gadoury, président de l'AGEUQTR estime que les «coupes dans les départements, c'est dramatique», dit-il. Des coupes de 400 000 $, sur un budget d'environ 1,5 million $, ont été faites notamment dans les services aux étudiants. Cela touche non seulement les activités étudiantes, mais aussi «l'aide psychologique et l'aide pour trouver de l'emploi», bref, «tout ce qui sert à accompagner l'étudiant dans son parcours universitaire», résume-t-il.

La professeure Diane Saint-Laurent s'inquiète, comme plusieurs, du fait que le gouvernement a investi chez Bombardier alors qu'on sabre dans l'éducation. «Il y en a, de l'argent à dépenser», fait-elle valoir en ajoutant que c'est une question de choix.

Le professeur Adam Duong estime que son département souffre énormément du manque de financement. «Avec le peu de moyens qu'on a, on essaie d'avancer quand même», dit-il.

Le professeur Agbébavi explique qu'il faut, en fait, de l'imagination pour faire face aux coupes et continuer à dispenser l'éducation. «On ne peut pas planifier parce qu'on ne sait pas quel niveau de compressions et de déficits on va nous envoyer dans nos cours. C'est ce qui rend ça difficile. Si au moins on avait, en début d'année, une planification claire disant on absorbe telle quantité de déficit, on pourrait planifier», fait-il valoir. On sait que Québec a imposé des restrictions en plein exercice financier à quelques reprises, au cours des dernières années financières.

«Ces mesures-là viennent affecter directement notre recherche», déplore le professeur Aimé Zayed, directeur du département des arts, «Les subventions ont énormément diminué. Nous ne sommes même plus capables d'engager de nouveaux professeurs. Les mesures que proposent le gouvernement viennent vraiment à l'encontre des valeur québécoises qui mettent la priorité sur l'éducation», dit-il. «L'éducation, c'est l'avenir.»

Le président du Syndicat des professeur(e)s, Ismaïl Biskri, indique que les manifestations des dernières semaines tenues par les employés de l'État pourraient avoir porté leurs fruits «puisque le gouvernement semble vouloir revenir à de meilleurs sentiments et à des offres un peu plus réalistes», dit-il.

«Le gouvernement a réduit les subventions de plus de 737 millions $, depuis 2012, alors que le nombre d'étudiants à augmenté de plus de 10 %», dit-il. «On est en train de mettre l'université en péril, tout simplement. Et c'est l'avenir de la province qu'on est en train de mettre en péril parce que c'est au niveau de l'université qu'on forme les élites de demain pour diriger les entreprises et aussi pour diriger la province et le pays», plaide le professeur Biskri.

«Comme les recteurs sont un peu frileux à dénoncer la situation et à revendiquer un financement qui assure la pérennité d'un système universitaire de qualité, il fallait donc que les employés manifestent leur désapprobation», a fait valoir le professeur Biskri.

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