UQTR: 458,37 $ en banque!

L'ancien vice-recteur intérimaire de l'UQTR, Gilles Charland.... (Olivier Croteau)

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L'ancien vice-recteur intérimaire de l'UQTR, Gilles Charland.

Olivier Croteau

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Brigitte Trahan
Le Nouvelliste

(Trois-Rivières) Selon l'ancien vice-recteur intérimaire de l'UQTR, Gilles Charland, l'Université a traversé une situation, en 2013, au cours de laquelle elle n'avait plus que 458,37 $ dans son compte et craignait de ne pas être en mesure de faire sortir les paies des employés, du jamais vu au sein de l'établissement, dit-il.

Le comité exécutif du siège social de l'Université du Québec s'est alors réuni d'urgence pour faire un prêt à sa constituante trifluvienne et l'UQTR a aussi obtenu la permission du gouvernement du Québec de faire passer sa marge de crédit de 15 à 30 millions $.

«L'Université avait perdu le contrôle de ses finances», a-t-il affirmé jeudi.

Ce sont d'abord les compressions budgétaires imposées par Québec qui ont «commencé à ébranler les assises financières de l'Université» a raconté M. Charland, qui était le témoin de l'UQTR, jeudi, dans la cause qui oppose l'ancien directeur des équipements, Alain Fournier, à l'Université.

Entre janvier et juin 2013, dit-il, il y avait un malaise au niveau des finances de l'UQTR. C'est du moins ce qu'il en a déduit à son arrivée en poste aux ressources humaines après avoir rencontré individuellement les autres vice-recteurs et les cadres.

Selon M. Charland, ces derniers sentaient un malaise au niveau de la gestion et de la prise de décision. Selon lui, des décisions se prenaient sans que ces derniers soient mis au courant au préalable. C'était comme ça depuis plusieurs années, affirme-t-il, soit jusqu'à l'arrivée de l'actuelle vice-rectrice à l'administration et aux finances, Johanne Giguère, en juin 2013.

Le comité de direction posait beaucoup de questions et sentait qu'il existait une problématique, bref, «le feu courait», dit-il.

Lorsque les compressions imposées par Québec dans le budget de fonctionnement sont devenues permanentes, la dynamique a changé, dit-il. M. Charland a indiqué que l'Université payait des dépenses «qui auraient dû être sous emprunt.»

Malheureuse coïncidence, à l'automne de cette année-là, l'UQTR a aussi connu d'importantes difficultés avec le CIPP, on s'en rappellera. On découvre que l'organisme qui gérait le CIPP n'avait jamais payé ses taxes municipales et la Ville menaçait de reprendre l'édifice situé sur le campus et dans lequel travaillaient des chercheurs de l'Université et du Cégep de Trois-Rivières.

«L'UQTR était responsable du solde hypothécaire», raconte Gilles Charland. «On aurait pu avoir une dette de 20 millions $», dit-il, alors qu'il fallait déjà composer avec les difficiles compressions budgétaires. L'affaire s'est réglée grâce à des interventions du Conseil du Trésor et du ministère des Finances. N'eût été de cela, un des scénarios était de mettre le CIPP en faillite, dit-il.

Dans les circonstances, l'UQTR a dû dénoncer ses états financiers auprès du contrôleur du gouvernement puisque cette dette de 20 millions $ rendait son budget non conforme. Il était donc obligatoire de le soumettre au gouvernement.

L'UQTR, qui a aussi connu des difficultés avec son bateau-laboratoire, le Lampsilis et le barrage de la rivière Millette à cette période, a raconté M. Charland sans entrer dans les détails, a dû faire d'autres dépenses, malgré tout. Le comité de régie a en effet accordé des mandats à des firmes externes, dont Maninge, pour le campus de Drummondville, Raymond Chabot Grant Thornton, pour la réalisation d'un diagnostic organisationnel ainsi

qu'à des bureaux d'avocats, notamment pour la question des baux au CIPP.

Bref, a raconté M. Charland, «on ramait dans la gravelle.»

L'UQTR n'a pas voulu ébruiter la situation dans le public à ce moment-là, mais elle a été obligée de rencontrer son personnel, ses syndicats et ses associations pour que les gens n'aient plus l'impression que tout allait bien, explique-t-il.

Il y a eu des rencontres avec les cadres pour leur faire part des cibles de compression. «On a eu beaucoup de rencontres avec Québec pour expliquer la situation», dit-il.

L'actuelle vice-rectrice aux Finances et à l'administration, Johanne Giguère, qui est en poste depuis juin 2013, a été choisie après l'échec de trois appels de candidatures et au terme d'un quatrième affichage.

Le témoignage de Gilles Charland va se poursuivre vendredi et devrait alors porter sur l'ancien directeur des équipements, Alain Fournier qui, rappelons-le, se plaint de congédiement abusif et de harcèlement psychologique de la part de M. Charland et de Mme Giguère à son endroit.

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