Football à l'UQTR: les professeurs critiquent le projet

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Le Syndicat des professeur(e)s de l'UQTR estime que le moment est bien mal choisi pour que l'Université se lance dans un projet de football universitaire.

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Brigitte Trahan
Le Nouvelliste

(Trois-Rivières) Le Syndicat des professeur(e)s de l'UQTR estime que le moment est bien mal choisi pour que l'Université se lance dans un projet de football universitaire alors qu'elle doit éponger un déficit de 10 millions $ cette année et de 10 millions $ aussi l'an prochain, des compressions qui nécessitent de jongler aussi avec la masse salariale du personnel.

Le président du Syndicat des professeur(e)s de l'UQTR,... (Sylvain Mayer) - image 1.0

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Le président du Syndicat des professeur(e)s de l'UQTR, Ismaïl Biskri.

Sylvain Mayer

Or, si le projet est sans doute faisable sur le strict plan du budget d'immobilisation, la partie qui intéresse le budget d'opération de l'Université est celle qui tracasse le plus les professeurs puisque c'est ce budget qui est présentement dans le pressoir et qui impose la collaboration de toute la communauté universitaire.

Du côté de l'UQTR, il semble que l'affaire ne soit pas dans le sac de toute façon. «Le questionnement des professeurs sur les aspects financiers du projet et aussi du plan d'affaires qui a été présenté par les promoteurs, ça rejoint celui des membres du conseil d'administration», a indiqué jeudi le directeur de communications, Bertrand Barré, «notamment en ce qui a trait aux infrastructures qui sont nécessaires pour soutenir la réalisation de ce projet», dit-il.

«Les administrateurs ont demandé à la direction de l'Université d'obtenir plus d'information pour s'assurer que si le projet se réalise, effectivement, il puisse se faire à coûts nuls au niveau du budget de fonctionnement de l'Université», précise M. Barré. Toutefois, ajoute-t-il, «des démarches sont en train d'être effectuées actuellement afin de s'assurer du financement au niveau des immobilisations.»

Selon le Syndicat, le projet de football nécessitera une masse salariale et des frais de recrutement de 605 590 $ par année. «Ce n'est pas la construction qui fait généralement problème, mais bien le financement quotidien d'une telle aventure», plaide le Syndicat dans son journal interne mensuel, Le Point d'encre du mois de novembre.

«Actuellement, on est en situation de coupes, on parle même de crise. Ce n'est pas le temps de créer une équipe de football. C'est tout simplement indécent», affirme le président du Syndicat, Ismaïl Biskri.

Il faudra en effet embaucher un coordonnateur et mettre à la disposition du programme des ressources matérielles et humaines notamment sous forme de soutien administratif et technique.

Lundi, en point de presse au terme de sa rencontre avec le conseil d'administration de l'UQTR, la corporation s'est toutefois engagée à ce que les frais reliés aux embauches de personnel pour l'équipe de football soient son unique responsabilité.

Rappelons qu'à l'origine, une participation annuelle de 150 000 $ était demandée à l'UQTR à partir de 2017. Lundi, la corporation avait annoncé qu'elle était prête à se priver de cette participation.

«Ça se fera à coût nul, a déclaré l'instigateur du projet, Jean-Guy Paré, lundi. Dans les prochains mois, il va y avoir des efforts demandés aux différents syndicats. Donc quand on veut engager des gens, c'est la corporation qui devra le faire, pas l'Université.»

M. Paré, qui est aussi président de la Fondation de l'UQTR, n'a pas voulu répéter le tout ou ajouter de commentaires à ce qu'il a déjà dit dans les médias à ce sujet «pour ne pas mettre de l'huile sur le feu.» Notons que la décision finale de l'UQTR doit être rendue d'ici le 26 novembre.

Des subventions suffisantes?

Les promoteurs du projet, indique le Syndicat, estiment que les revenus prévus par ce projet généreraient des surplus de 272 221 $ ainsi que la venue de 80 nouveaux étudiants qui permettraient à l'UQTR d'aller chercher 10 000 $ de subventions supplémentaires par étudiant.

Le Syndicat s'inquiète de cette équation. Selon les professeurs, les subventions versées par le ministère de l'Enseignement supérieur ne devraient pas être utilisées à d'autres fins que l'enseignement et la recherche.

«De plus, la direction clame depuis plusieurs mois que les subventions versées par le ministère selon le nombre d'étudiants équivalent temps plein ne couvrent pas les coûts reliés à la formation

de ces derniers», indique le Syndicat. «En recruter 80 de plus ne fera qu'accentuer le problème», fait-il valoir.

Ce n'est pas la première fois que les professeurs se dressent contre un projet de la direction de l'UQTR. En avril dernier, c'est l'Intersyndicale des personnels au complet (professeurs, chargés de cours et employés de soutient) de même que le personnel professionnel qui s'étaient ligués pour s'opposer à la construction d'un colisée de 5000 places sur le campus.

Les mêmes raisons étaient invoquées. Comment aspirer à ce genre de projet «lorsque l'on doit couper dans les activités d'enseignement et de recherche, lorsqu'on envisage de revoir à la baisse les conditions de travail, lorsque l'on coupe les budgets de fonctionnement de tous les services», questionnaient les employés de l'UQTR dans un communiqué de presse conjoint.

Pour l'instant, du côté des professeurs, il n'y a eu que des discussions avec l'employeur, indique M. Biskri. «On discute, mais c'est sûr que pour nous, ce serait indécent de parler de réductions du cadre de travail pour financer une équipe de football», plaide-t-il. «La mission de l'Université, c'est l'enseignement et la recherche.»

Avec la collaboration de Nicolas Ducharme

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