Congédiement: le secrétaire général évacué du dossier

Me André Gabias a témoigné jeudi devant la... (Olivier Croteau, Le Nouvelliste)

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Me André Gabias a témoigné jeudi devant la Comimission des relations du travail dans le dossier d'Alain Fournier.

Olivier Croteau, Le Nouvelliste

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Brigitte Trahan
Le Nouvelliste

(Trois-Rivières) Lors du conseil d'administration de l'Université du Québec à Trois-Rivières où fut discuté à huis clos le congédiement du directeur des équipements, Alain Fournier, c'est le vice-recteur intérimaire, Gilles Charland, qui a recommandé la cessation d'emploi et déposé le projet de résolution.

Aucun document n'accompagnait ce projet, aucun mémoire ni même aucun avis juridique. Le projet de résolution n'avait pas transité par le secrétariat général non plus.

Néanmoins, le secrétaire général à cette date, 9 décembre 2013, Me André Gabias, était présent.

Il a entendu la vice-rectrice à l'administration et aux finances, Johanne Giguère, justifier le congédiement pour deux motifs, a-t-il raconté devant la Commission des relations du travail, jeudi.

Le premier reproche, dit-il, c'était la façon particulière de M. Fournier d'écrire ses courriels. Par exemple, il lui arrivait de les terminer par des mots comme «diguidou».

La deuxième et dernière justification pour mettre fin au lien d'emploi, c'est que Mme Giguère trouvait que M. Fournier n'avait pas les qualités d'un gestionnaire.

Selon Me Gabias, on était très loin d'un récit habituel des faits qu'on énumère normalement quand on a affaire à un dossier de ressources humaines qui indique les étapes franchies avec l'employé.

Un seul membre du CA a demandé si l'UQTR avait proposé des formations à M. Fournier ou s'il avait été informé à l'effet que son mode d'écriture ne convenait pas. La réponse, dit-il, a été non.

Seule la présidente du CA, Michèle Laroche s'est abstenue de voter sur le congédiement de

M. Fournier, a indiqué Me Gabias.

André Gabias a lui-même goûté à la médecine de la vice-rectrice Giguère. Dans le cadre du conseil d'administration qui devait avoir lieu le 30 septembre 2013, une entente avec la Ville de Drummondville concernant le campus de l'UQTR devait être présentée aux membres. Quelques jours avant, soit mercredi, Me Gabias raconte avoir croisé Mme Giguère pour lui demander une nouvelle fois de lui soumettre les documents en vue de la réunion du CA du lundi. «On me dit que ça s'en vient.» Le vendredi matin, soit trois jours avant la tenue du CA, Me Gabias envoie un courriel à Mme Giguère lui demandant à nouveau les documents, allant même jusqu'à s'offrir pour les examiner dimanche, s'il le fallait.

«J'ai eu des nouvelles d'elle samedi me disant que le dossier ne sera pas présenté», dit-il.

Le lundi matin, soit trois heures avant le début de la rencontre du CA, «elle m'arrive avec l'entente de 35 pages». Il lui dit que ça n'a pas de bon sens qu'un document de cette importance ne soit étudié qu'en trois heures. Il lui demande où sont les autorisations du gouvernement qui auraient dû accompagner l'entente. Elle lui répond que ce n'est pas important puisque la première ministre, Pauline Marois, était venue faire l'annonce du projet en personne à Drummondville. Me Gabias lui demande ironiquement s'il doit joindre, comme pièce justificative, une photo du journal.

La présentation se fait malgré tout au CA à partir de ce document. À sa grande surprise, c'est à ce moment-là que le secrétaire général apprend qu'il a complètement été contourné puisque la haute direction avait fait affaire avec un avocat d'une firme externe pour vérifier le document. «J'ai eu les jambes sciées», dit-il.

Il a signalé la situation au comité d'éthique et de déontologie «et je n'ai pas eu de nouvelles», raconte-t-il.

Me Gabias a rappelé qu'on lui a aussi enlevé son titre de responsable de l'observation des règles contractuelles.

L'UQTR a tenté de s'opposer au témoignage de Me Gabias, jeudi, en invoquant que les discussions entourant le congédiement d'Alain Fournier avaient eu lieu à huis clos. La commissaire, Lyne Thériault, a malgré tout permis le témoignage. La cour d'appel a en effet statué qu'un huis clos peut être levé devant la cour, à moins qu'il ait été décrété par un organisme à fonction juridictionnelle, ce qui n'est pas le cas de l'UQTR.

Gilles Charland n'a pas voulu commenter ces déclarations, jeudi.

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