UQTR: un vice-recteur, deux revenus

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Robert W. Mantha

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Brigitte Trahan
Le Nouvelliste

(Trois-Rivières) L'Université du Québec à Trois-Rivières subit des coupes budgétaires majeures dans son budget de fonctionnement, mais alors que tout le personnel et tous les départements sont invités à prendre des mesures pour collaborer au régime minceur, un des quatre vice-recteurs de l'UQTR, Robert W. Mantha, reçoit sa pleine pension de l'Université Laval, où il a fait carrière de même que son plein salaire de vice-recteur à l'UQTR.

C'est qu'au sein de l'appareil gouvernemental et au sein du réseau de l'Université du Québec, la règle veut que les personnes qui sortent de leur retraite pour revenir dans le réseau voient le salaire réservé à leur fonction diminué de l'équivalent de la moitié de leur rente de retraite.

Le vice-recteur aux ressources humaines de l'UQTR, Olivier Malo, explique que cette règle ne peut être imposée à M. Mantha parce que ce dernier arrive d'une université à charte, donc du secteur privé et que son fonds de pension ne fait pas non plus partie du régime de pension public.

Pour le Syndicat des professeurs, toutefois, il y a là un problème d'éthique. «On sait que c'est légal», reconnaît le président du SPPUQTR, Ismaïl Biskri. «Tout le monde parle de couper dans le gras, mais nous, tout ce qu'on voit, ce sont des coupes dans quelque chose d'essentiel», fait-il valoir.

Malgré tout, l'idée de soumettre un retraité du secteur privé qui arrive dans le réseau de l'UQ aux mêmes règles qu'un employé retraité de l'État n'a pas été discuté par la direction. «Les cas son rarissimes», plaide M. Malo.

«Nous avons entendu parler d'autres cas, mais on n'a pas fait d'enquête là-dessus», répond M. Biskri en plaidant que de toute façon, l'affaire est quand même «éthiquement discutable.» L'idée, précise-t-il, n'est pas de personnaliser cette situation. «La question est: quels sont les autres exemples qui sont - entre guillemets - légaux, mais qui amènent un questionnement. On l'a vu avec la rémunération des élus. Apparemment c'est légal, mais éthiquement, c'est très discutable», illustre le président du Syndicat.

Selon Olivier Malo, la baisse de salaire qui doit être appliquée auprès des retraités de l'UQ qui reviennent occuper un poste dans le réseau n'a pas pour effet de rendre ces mêmes postes moins attrayants pour eux.

«Je ne vois pas de problème du côté du recrutement par rapport à ça», dit-il.

«On s'entend que ce sont des gens qui ont pris leur retraite», fait-il valoir. «Ils n'ont pas nécessairement besoin de ça pleinement. Ça devient, à ce moment-là, un choix personnel d'appliquer sur les postes ou pas», fait-il valoir.

«Quand on parle de coupes, dans certains cas récurrentes dans le réseau universitaire, on se questionne», indique Ismaïl Biskri. «On ne peut rien critiquer officiellement du fait que c'est légal», dit-il.

«Quand on parle d'éthique, c'est quand on a toutes ces coupes et d'autres qu'on nous annonce. On est en droit de se poser des questions», plaide le président du Syndicat des professeur(e)s de l'UQTR.

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