Relations de travail: témoignage émotif de la conjointe d'Alain Fournier

Benoît Séguin, président de l'Association des cadres de... (Photo: Olivier Croteau, Le Nouvelliste)

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Benoît Séguin, président de l'Association des cadres de l'UQTR, a amorcé son témoignage, vendredi.

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Brigitte Trahan
Le Nouvelliste

(Trois-Rivières) Le témoignage de la conjointe d'Alain Fournier, ex-directeur des équipements de l'Université du Québec à Trois-Rivières s'est poursuivi, vendredi, presque toute la journée devant la Commission des relations du travail.

Danie Doucet a été invitée à raconter comment elle a vécu le congédiement de son mari qui a failli le pousser au suicide, ainsi que les mois qui l'ont précédé.

Le témoignage de Mme Doucet a beaucoup porté sur les agissements présumés de Gilles Charland, vice-recteur intérimaire aux ressources humaines au moment des faits.

Mme Doucet a relaté plusieurs événement en lien avec l'UQTR qui ont mené son conjoint de

35 ans de vie commune chez le psychologue, puis chez un médecin qui a dû lui prescrire des antidépresseurs et des somnifères. Le stress l'a aussi expédié tout droit à l'urgence pour un malaise cardiaque, a-t-elle raconté.

La voix souvent étouffée par les sanglots et les émotions, Mme Doucet a indiqué que M. Charland a eu des comportements «déplacés». Le 12 septembre 2013, elle reçoit un appel à la maison et puisque l'afficheur indique «UQTR», elle est certaine que c'est son mari. Elle répond: «Allô mon chéri d'amour», mais à l'autre bout du fil, ce n'est pas son mari, mais le vice-recteur Charland. Ce dernier lui aurait alors dit qu'il appellerait plus souvent s'il était pour se faire répondre chaque fois comme ça. M. Charland lui aurait demandé: «Est-ce qu'Alain est jaloux. On ne lui dira pas.»

Dans les faits, finalement, il voulait parler à son mari qui était alors à l'Université. Mme Doucet raconte qu'elle s'est sentie très mal considérant le contexte qui prévalait alors à l'Université. Elle avait peur que cet événement supplémentaire vienne aggraver les choses. «C'était déplacé», dit-elle.

C'est qu'il y avait eu, a-t-elle rappelé, l'épisode où la vice-rectrice Johanne Giguère aurait dit devant un groupe et devant M. Fournier qu'elle voulait la tête d'André Gabias et de Jacques Chauvette. Puis l'épisode où, au retour d'un voyage à Drummondville, Mme Giguère aurait remonté sa main le long de la cuisse de M. Fournier et finalement, l'épisode où M. Charland aurait demandé à M. Fournier de se faire fabriquer une bibliothèque par les employés de l'UQTR pour son condo.

Selon Mme Doucet, cette succession d'événements contre les valeurs de son mari a fait en sorte que la santé de ce dernier a dangereusement décliné au point où elle a dû le forcer à consulter un médecin.

Au moment où M. Charland a annoncé à M. Fournier qu'il était congédié, il lui aurait aussi dit qu'il était mieux de signer sinon il ne pourrait plus jamais travailler comme ingénieur.

Voyant sa femme visiblement épuisée et extrêmement secouée par ces événements et ce témoignage, Alain Fournier s'est levé pour aller la consoler. D'un élan de rage, il a crié devant le tribunal à Gilles Charland: «Tu vas payer un jour pour ça, mon ostie de sale!»

Au retour de la pause, M. Fournier s'est toutefois excusé de ses propos à M. Charland et au tribunal en disant que ses paroles avaient dépassé sa pensée.

M. Charland a accepté ses excuses. Ce dernier n'a pas voulu commenter les propos de Mme Doucet, hier, se contentant de dire que tout cela fait partie du lot d'un responsable des ressources humaines et qu'il aura l'occasion de témoigner à son tour.

L'UQTR a d'ailleurs commencé, vendredi, à faire ressortir les motifs du congédiement de M. Fournier. On l'accuse notamment de négligence grave de gestion de budget qui a obligé l'Université à faire des remboursements au gouvernement, de mauvaise planification de ses projets, de méthode de gestion de projets inférieure aux attentes et de comportements non conformes à la politique de l'Université sur le harcèlement, la discrimination et l'incivilité. M. Fournier a dit, jeudi, qu'on l'accusait d'avoir volé 2,9 millions $.

Il s'agit du surplus budgétaire de la construction du pavillon de la Santé qui aurait été, dans les faits, transféré dans le budget d'opération avec l'assentiment du conseil d'administration, avait-il expliqué.

M. Fournier a tiré au clair chacun de ses points, au cours de son témoignage et réfute toutes les allégations.

Le président de l'Association des cadres, Benoît Séguin, a commencé à témoigner, hier après-midi, en indiquant qu'en matière de congédiement d'un cadre, dans le passé, «on n'est jamais allé aussi loin. On a toujours trouvé un terrain d'entente.»

Le conseil d'administration de l'Université avait d'ailleurs accordé la permission à M. Fournier de recourir à un processus de mésentente, mais ça ne s'est jamais fait. Alors que c'est le Secrétaire général qui doit normalement s'occuper de cette procédure, «c'est Gilles Charland qui menait le dossier. C'était mon interlocuteur», a indiqué M. Séguin.

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