L'ex-directeur des équipements de l'UQTR devant la CRT: sa femme témoigne

Alain Fournier... (Olivier Croteau Le Nouvelliste)

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Alain Fournier

Olivier Croteau Le Nouvelliste

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Brigitte Trahan
Le Nouvelliste

(TROIS-RIVIÈRES) Danie Doucet, l'épouse de l'ancien directeur des équipements de l'UQTR, Alain Fournier, a amorcé un émouvant témoignage devant la Commission des relations du travail alors que se poursuivaient, jeudi, les audiences dans ce dossier.

Mme Doucet a raconté qu'au moment où la vice-rectrice à l'administration et aux finances Johanne Giguère est entrée en poste, le caractère de son mari a complètement changé.

De l'homme jovial et énergique qu'il était, toujours heureux d'aller au travail, Alain Fournier est devenu «soucieux et songeur. Je ne reconnaissait plus Alain», a-t-elle raconté.

M. Fournier avait alors confié à son épouse qu'il avait tout de suite senti que Mme Giguère «voulait lui couper la tête» et le remplacer par quelqu'un avec qui elle travaillait avant, a-t-elle raconté. La vice-rectrice était «indifférente» envers M. Fournier, «comme si ce qu'il disait ne marchait pas», a raconté Mme Doucet.

«Je voyais que sa santé se dégradait. Il ne dormait plus, je le sentais décliner», a-t-elle raconté, la voix étouffée par l'émotion.

«Je le sentais confronté à ses valeurs. Il se passait des choses contre son éthique professionnelle», a-t-elle expliqué.

D'ailleurs, au cours de son témoignage qui s'est terminé jeudi, Alain Fournier a été de nouveau questionné au sujet des contrats accordés en lien avec le campus de Drummondville.

M. Fournier a expliqué que les contrats de moins de 100 000 $ ne peuvent être donnés de gré à gré. Il faut aller sur invitation auprès des firmes qualifiées aux trois ans par l'UQTR. Pour les contrats de plus de 100 000 $, il faut aller en appel d'offres public, dit-il.

Or, dans le cas du campus de Drummondville, il y a eu fractionnement de contrats pour éviter les appels d'offres publics, ce qui a donné lieu à six contrats totalisant 226 000 $ accordés à la même firme d'experts, ce qu'une université n'a pas le droit de faire, selon la loi.

Rappelons que M. Fournier a déjà témoigné qu'il avait prévenu la nouvelle vice-rectrice, en 2013, du fonctionnement normal du système des appels d'offres, ce qui, selon lui, est à l'origine de son congédiement.

L'avocate de M. Fournier a demandé au tribunal, jeudi, de reconnaître le rapport de la Vérificatrice générale du Québec sur l'UQTR afin d'appuyer le témoignage de M. Fournier. La procureure de l'UQTR s'est objectée, estimant qu'un témoignage par voie de document à l'aide d'une expertise n'est pas admissible, que la VGQ ne peut être contrainte non plus à venir témoigner en personne et que les faits relatés par la VGQ ne sont pas des faits dont elle a eu personnellement connaissance pour rédiger son rapport.

La procureure de M. Fournier, de son côté, plaide que le rapport de la VGQ n'est pas une expertise, mais que la VGQ est nommée par l'Assemblée nationale et que ses rapports sont utilisés par les députés en commissions parlementaires. Le rapport, a-t-elle plaidé, est tellement grave que l'UQTR a été convoquée en commission parlementaire pour s'expliquer et que l'Université a dû faire un plan d'action pour répondre aux recommandations. La procureure estime que le rapport de la VGQ vient appuyer le fait que M. Fournier a été congédié parce qu'il avait agité le drapeau rouge au sujet des contrats.

La commissaire Lyne Thériault rendra sa décision dans quelques semaines sur l'admissibilité en preuve du rapport de la VGQ.

D'autre part, l'avocate d'Alain Fournier demande aussi la permission à la juge Thériault de faire une preuve en faits similaires. Elle estime en effet que certains éléments du dossier de l'ancien vice-recteur Martin Gélinas et celui de M. Fournier ont certains traits communs, puisqu'ils impliquent les mêmes personnes. Utiliser ces éléments communs permettrait, estime-t-elle, de donner encore plus de force au témoignage de M. Fournier. De ce côté aussi, la juge a pris la demande en délibéré puisque l'UQTR s'oppose vivement à cette demande.

La cause d'Alain Fournier contre l'UQTR s'annonce beaucoup plus longue que prévu. Au départ, elle devait durer sept jours. Jeudi, les deux parties ont convenu d'ajouter près d'une dizaine de journées supplémentaires pour vider la question.

Plusieurs témoins sont attendus dans cette cause, tant du côté de M. Fournier que du côté de l'UQTR.

brigitte.trahan@lenouvelliste.qc.ca

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