L'UQTR revient sur les allégations d'Alain Fournier

Alain Fournier était directeur des équipements à l'UQTR.... (Photo: Sylvain Mayer Le Nouvelliste)

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Alain Fournier était directeur des équipements à l'UQTR.

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Brigitte Trahan
Le Nouvelliste

(Trois-Rivières) Le contre-interrogatoire de l'ancien directeur des équipements de l'UQTR, Alain Fournier, s'est poursuivi, vendredi.

La procureure de l'Université, Me Marie-Josée Hétu, est revenue sur plusieurs allégations faites par M. Fournier lors de son interrogatoire principal, notamment sur sa déclaration voulant que la vice-rectrice à l'administration et aux finances, Johanne Giguère, aurait tenté de le séduire pour lui faire accepter l'embauche de la firme Maninge, propriété de Daniel Lebel, dans le dossier de la construction du campus de Drummondville.

M. Fournier s'en est tenu entièrement à sa version des faits, c'est-à-dire que Mme Giguère, selon lui, voulait à tout prix embaucher la firme Maninge alors que cette firme n'avait pas traversé le processus de qualification obligatoire auquel procède l'Université tous les trois ans pour choisir les firmes de génie avec lesquelles elle fera affaires.

Pressé de questions à savoir comment il en était venu à penser que Mme Giguère voulait embaucher Maninge, M. Fournier a indiqué qu'à l'occasion d'une réunion tenue avec la Ville de Drummondville, à laquelle il assistait, il dit avoir vu Mme Giguère donner une «accolade chaleureuse» à M. Lebel, mais pas aux autres personnes présentes. M. Fournier a rappelé qu'il était passager de la voiture de Mme Giguère, au retour de cette rencontre et il a rappelé que Mme Giguère l'aurait humilié au sujet de la marque de voiture qu'il conduit et par la suite, elle lui aurait mis la main sur le genou et remonté le long de sa cuisse. M. Fournier a interprété ce geste comme une tentative de séduction pour lui faire accepter la firme Maninge.

L'UQTR a mis en preuve un écrit démontrant que Mme Giguère a écrit, une semaine plus tard, au directeur général de la Ville de Drummondville afin de lui demander de ne pas embaucher la firme Maninge parce que c'est l'UQTR qui payait la facture. Questionné au sujet de ce document, Alain Fournier estime qu'il s'agit d'une simple «comédie» et que Mme Giguère «avait un agenda caché», la preuve, a-t-il dit, «elle a engagé Lebel (Maninge) et foutu Fournier (c'est-à-dire lui-même) dehors.» M. Fournier a aussi invité la Commissaire de la CRT à lire le rapport de la Vérificatrice générale du Québec à ce sujet.

Rappelons que la vice-rectrice Giguère a déjà nié en bloc ces allégations dans nos pages.

L'UQTR est aussi revenue sur les allégations de M. Fournier selon lesquelles Gilles Charland, alors vice-recteur intérimaire, lui aurait demandé d'utiliser le Service des équipements pour se faire faire une bibliothèque pour sa résidence. Alain Fournier avait raconté avoir croisé M. Charland sur le campus, à l'extérieur, très tôt le matin et avait dit que le vice-recteur tenait un café à la main. Or, la procureure de l'UQTR a indiqué au tribunal que M. Charland «ne boit jamais de café.» Attaqué dans sa crédibilité, M. Fournier a répliqué que dans la tasse, qui comportait un couvercle, il pouvait peut-être y avoir un autre genre de breuvage.

On se rappellera que Gilles Charland a lui aussi complètement nié ces allégations dans nos pages et nous a indiqué cette semaine qu'il avait hâte de pouvoir raconter sa version des faits, autant dans le dossier de M. Fournier que dans celui de l'ex-vice-recteur Martin Gélinas qui est lui aussi devant la CRT.

L'UQTR a aussi attaqué la crédibilité professionnelle de M. Fournier, cette fois dans le dossier de la pyrrhotite. Se basant sur le rapport d'expertise de la firme LVM réalisé pour le compte de l'UQTR, M. Fournier avait confirmé à la vice-rectrice Giguère que le pavillon des sports (CAPS) contient 0,61 % de sulfure tandis que le pavillon de la Santé en contient 0,23 %.

M. Fournier avait avisé la vice-rectrice que la norme canadienne était de 0 %, mais qu'au cours du procès sur la pyrrhotite, qu'il suivait de près, une norme québécoise s'est dessinée qui se chiffrait alors à 0,3 %. Or, c'est le mot «norme» que M. Fournier s'est fait reprocher, hier, puisqu'il ne s'agissait pas d'une norme, mais plutôt d'un consensus scientifique, ce qu'il reconnaît d'ailleurs.

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