L'ex-vice-recteur Martin Gélinas raconte sa descente aux enfers

L'ancien vice-recteur Martin Gélinas.... (François Gervais)

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L'ancien vice-recteur Martin Gélinas.

François Gervais

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Brigitte Trahan
Le Nouvelliste

(Trois-Rivières) L'ex-vice-recteur aux ressources humaines de l'Université du Québec à Trois-Rivières, Martin Gélinas, a poursuivi son témoignage devant la Commission des relations du travail, mercredi. «Je ne sais toujours pas pourquoi on m'a congédié», a-t-il déclaré à la commissaire, Lyne Thériault.

Le témoignage de M. Gélinas a été particulièrement pénible, mercredi, alors que celui-ci a raconté comment s'est passée la longue descente aux enfers qui a mené à son congédiement. Étouffé par l'émotion à certains moments de son récit, M. Gélinas et son procureur, Me René Duval, n'ont toutefois pas été en mesure de faire état de toute l'histoire qui a mené M. Gélinas vers une profonde dépression.

C'est que M. Gélinas a signé une entente avec l'UQTR, le 1er février 2013, selon laquelle tout ce qui s'est passé avant cette date doit demeurer confidentiel.

La plainte de harcèlement psychologique que M. Gélinas avait aussi logée contre l'ancienne rectrice, Nadia Ghazzali, tombe sous le coup de cette fameuse entente.

Le procès devant la CRT ne permettra donc pas d'entendre les doléances de M. Gélinas envers son ancienne patronne.

Martin Gélinas n'a pas pu déposer non plus l'entente qui est intervenue entre Guylaine Beaudoin et l'UQTR. Selon cette entente, qui fut obtenue via la Loi d'accès à l'information et qui est caviardée à plusieurs endroits, Mme Beaudoin a obtenu une compensation financière importante au moment de son congédiement de l'UQTR.

Le juge Thériault n'a pas accepté le dépôt de cette entente qu'elle connaissait puisque, selon elle, M. Gélinas n'est pas le bon témoin pour déposer cette pièce en preuve.

Or, M. Gélinas comptait beaucoup sur ce document pour élaborer son témoignage et apporter des arguments à la CRT.

L'ancien vice-recteur, rappelons-le, a déposé une plainte de harcèlement psychologique contre Gilles Charland, son successeur par intérim et contre Guylaine Beaudoin qui était directrice des communications à l'UQTR.

Il est déjà de notoriété publique que ce sont les faits antérieurs à l'entente du 1er février qui ont fait plonger M. Gélinas dans une dépression profonde qui a nécessité des soins médicaux professionnels.

Les procureurs de l'UQTR n'ont pas voulu admettre le témoignage de M. Gélinas concernant sa dépression puisque le rapport médical qui prouve ce fait tombe lui aussi sous le coup de la fameuse entente du 1er février 2013.

Toutefois, à ce sujet, la juge Thériault a fait valoir à l'UQTR que pour elle, une jambe cassée ou une dépression sont toutes deux de conditions de santé dont un témoin ordinaire, c'est-à-dire un non médecin, peut témoigner quand il en est lui-même victime.

M. Gélinas a déjà rendu public le fait qu'il avait eu une aventure amoureuse avec Guylaine Beaudoin, mais que l'idylle n'a toutefois pas duré. Elle lui a toutefois coûté son mariage et sa maison. M. Gélinas a reconnu, mercredi, avoir écrit des textos à Mme Beaudoin par la suite, des textos de détresse et non de menaces, a-t-il précisé.

On se souviendra qu'un procès criminel s'est tenu par la suite, dans cette affaire. M. Gélinas avait été condamné, mais avait aussi obtenu une absolution conditionnelle. L'UQTR a mis fin au lien d'emploi avec son ex-vice-recteur peu de temps après ce procès.

Martin Gélinas estime que les proportions immenses qu'ont pris ses troubles à l'UQTR viennent du fait qu'il a porté plainte contre Nadia Ghazzali et du fait qu'après la publication du diagnostic organisationnel dévastateur pour l'ancienne rectrice, il a porté plainte, en tant que cadre supérieur de l'UQTR, au Vérificateur général du Québec pour qu'une enquête soit faite sur l'administration Ghazzali.

Le 5 octobre, Martin Gélinas sera entendu par la cour d'appel afin de demander la permission de déposer la copie de l'entente intervenue entre l'UQTR et Guylaine Beaudoin. Ce dernier espère en effet laver son nom grâce à ce document dont il ne disposait pas au moment du procès criminel intenté contre lui.

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