Alain Fournier: «Vous essayez de me mettre le singe sur l'épaule»

L'ancien directeur des équipements de l'UQTR, Alain Fournier.... (Photo: Sylvain Mayer, Le Nouvelliste)

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L'ancien directeur des équipements de l'UQTR, Alain Fournier.

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Brigitte Trahan
Le Nouvelliste

(Trois-Rivières) Le contre-interrogatoire de l'ancien directeur des équipements de l'UQTR, Alain Fournier, s'est poursuivi pour une sixième journée, mardi, devant la Commission des relations du travail.

M. Fournier a été questionné par la procureure de l'UQTR, Me Marie-Josée Hétu, sur les déclarations qu'il a faites durant son interrogatoire, notamment sur la fameuse rencontre du 20 août  2013 au cours de laquelle la toute nouvelle vice-rectrice à l'administration et aux finances, Johanne Giguère, aurait dit qu'elle voulait «faire mal paraître» le secrétaire général, Me André Gabias et aurait ordonné qu'on ne lui remette les dossiers qu'à la dernière minute avant les rencontres du conseil d'administration afin qu'il n'ait pas le temps d'en prendre connaissance.

«C'était le feu et l'eau» entre Johanne Giguère et Me Gabias, a indiqué M. Fournier.

Quand Me Hétu lui a demandé ce qui lui faisait croire ça, il a donné un exemple concret. Le 30 septembre 2013, la Ville de Drummondville tenait sa toute dernière séance du conseil avant les élections municipales. L'UQTR et la Ville voulaient donc signer leur protocole d'entente sur le campus de Drummondville avant cette date.

Johanne Giguère a eu recours pour cela, dit M. Fournier, à l'avocat Yves Rocheleau au lieu de faire affaires avec son secrétaire général, Me André Gabias, qui était aussi le responsable de l'observation des règles contractuelles. M. Fournier affirme que Me Gabias aurait été prêt à jouer ce rôle  pour le contrat de Drummondville et qu'il était d'ailleurs «payé pour ça.»

Au cours du contre-interrogatoire de M. Fournier,  il a aussi été question du fameux escalier extérieur que l'UQTR s'apprêtait à construire, en 2013, du côté de la rue Sainte-Marguerite.

Ce projet, qui était dans l'air depuis une dizaine d'années, devait coûter dans les 100 000 $, au départ. Il est toutefois passé à 526 000 $ pour finalement,  être annulé par la vice-rectrice aux finances, Johanne Giguère, après l'ouverture des soumissions.

M. Fournier a expliqué qu'au départ, il s'agissait d'un escalier simple. Pour des questions de sécurité, de protection de l'environnement et d'entretien,  les vice-recteurs à l'administration et aux finances qui avaient précédé Mme Giguère, après consultation auprès d'organismes au sein de l'Université, avaient toutefois décidé qu'il valait mieux que l'escalier en question soit couvert et doté d'un éclairage.

Comme il montait à flanc de la côte assez abrupte qui mène au campus, la Ville a aussi posé certaines exigences afin d'éviter que de tels travaux n'affectent le talus. Il fallait donc poser des pieux. Bref, M. Fournier estimait qu'on aurait affaire à un projet dans les 300 000 $ au bas mot.

La plus basse soumission conforme s'est effectivement chiffrée à 476 000 $, ce qui comprenait la marge d'erreur occasionnée par la construction sur pieux.

La procureure de l'UQTR, Me Marie-Josée Hétu, a  posé de nombreuses questions à M. Fournier à ce sujet, notamment s'il sentait  le besoin, vue la hausse des coûts, d'aller faire valider tout ça au conseil d'administration de l'UQTR.

M. Fournier a expliqué que cela ne relevait pas de ses fonctions. Ce genre de démarches, a-t-il expliqué, est entièrement du ressort du vice-recteur aux finances et à l'administration (VRAF). C'est aussi le VRAF et non lui, a-t-il expliqué, qui modifie les projets. À cette période, ce poste était assumé par Cléo Marchand. «Il en a modifié d'autres», a assuré M. Fournier pour démontrer que la chose n'était pas anormale.

C'est le VRAF qui donne le feu vert et qui signe aussi les contrats de construction.

Pressé de questions sur des tâches et des actions qui ne relevaient pas de son travail, M. Fournier, visiblement choqué, a fini par dire à l'avocate: «Vous essayez de me faire porter le singe depuis le début.»

Selon M. Fournier, Mme Giguère aurait dénigré le projet de l'escalier et à peu près tout ce qui a été fait avant par ses prédécesseurs.

Une autre raison qui a poussé M. Fournier à porter sa cause devant la Commission des relations du travail, on se le rappellera, c'est le harcèlement dont il dit avoir été victime.

Parmi les événements qu'il déplore le plus, c'est le fait que la vice-rectrice Giguère lui ait retiré l'autorisation, en septembre 2013, d'ajouter à son équipe un poste de technicien en services auxiliaires. Or, cette demande avait été autorisée par le CA de l'UQTR et mise au budget.

Selon M. Fournier, cela a grandement pénalisé son équipe. Depuis 5 ans, le service des équipements était confronté, en effet, à une augmentation de 23% des espaces à entretenir et à une hausse de quelque 20% de sa clientèle. Son service, dit-il, était débordé. M. Fournier estime que le geste posé par Mme Gigère ne visait qu'à lui «donner de la misère.»

L'UQTR reproche aussi à M. Fournier d'avoir demandé de transformer un poste de professionnel en poste de cadre. Ce dernier a expliqué qu'il était le seul cadre pour 60 employés et qu'à la suite de la confection du plan des mesures d'urgence, il avait été  recommandé d'intégrer un deuxième cadre au cas où il arriverait quelque chose de grave en son absence. M. Fournier a rappelé que certains événements peuvent solliciter beaucoup le service des équipements, comme le printemps des carrés rouges, par exemple, ou la longue grève des professeurs. Il faut donc un cadre en tout temps.

M. Fournier a fait remarquer qu'après son départ de l'UQTR, l'Université a grandement abaissé ses critères pour l'embauche de son remplaçant. Au lieu d'un ingénieur membre de l'ordre, l'offre d'emploi signifiait qu'une formation d'ingénieur serait un atout. Or, selon lui, la personne qui fut embauchée après lui était un ancien collègue de Mme Giguère, dans l'emploi qu'elle occupait avant «et il n'est resté que trois mois», dit-il.

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