Ma professeure, ma sage-femme

Marie-Pier Roy et Christine Rheault, diplômées en pratique... (Photo: Émilie O'Connor, Le Nouvelliste)

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Marie-Pier Roy et Christine Rheault, diplômées en pratique sage-femme, en compagnie de Lucie Hamelin, professeure.

Photo: Émilie O'Connor, Le Nouvelliste

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Brigitte Trahan
Le Nouvelliste

(Trois-Rivières) C'était le grand moment de la collation des grades, le 12 juin, pour quelque 1000 étudiants de l'Université du Québec à Trois-Rivières et à laquelle 330 parents ont assisté. Parmi tous ces diplômés, il y en a quelques-uns qui sortent du lot, notamment Marie-Pier Roy qui, à 25 ans, devient officiellement sage-femme après avoir reçu une partie de sa formation de la professeure Lucie Hamelin, celle-là même qui a aidé sa mère à accoucher d'elle en août 1990.

Lucie Hamelin est une pionnière de la pratique sage-femme. Avant d'enseigner ce programme exclusif à l'UQTR, elle avait aidé 900 femmes à mettre leur enfant au monde. Elle était là au moment où la petite Marie-Pier Roy a vu le jour.

Mme Hamelin ne cache pas l'émotion qu'elle a ressentie lorsqu'une jeune fille de 21 ans est arrivée dans son laboratoire, il y a 4 ans, ou plus précisément il y a 9 sessions, en lui disant, «peut-être que vous ne vous souvenez pas de moi, mais...»

Sur le coup, la professeure admet qu'elle ne se souvenait effectivement pas de cet accouchement-là.

«Ça faisait trop longtemps», fait-elle valoir. D'après les notes des dossiers qu'elle a conservés minutieusement, elle a vu que dans le cas de la mère de Marie-Pier, «c'était un accompagnement à l'hôpital», dit-elle.

Dans ces années-là, se souvient-elle, c'était moins courant qu'une future maman ait recours à une sage-femme. «C'était moins connu», dit-elle.

Quand sa nouvelle étudiante lui a confié le lien ancien qui les unissait et lui a dit qu'elle voulait elle aussi devenir sage-femme, «je trouvais tellement que c'était une bonne idée», dit-elle. Pour Lucie Hamelin, c'était une première en carrière.

«C'était très touchant, ça donne une fierté. Ça ne nous rajeunit pas, mais en même temps, c'est signe d'expérience», dit-elle.

Marie-Pier Roy savait que sa future professeure avait aidé sa mère à accoucher avant même de s'inscrire à la formation.

«Ça a vraiment été particulier quand j'ai rencontré Lucie», dit-elle. «Le fait que ma mère ait été accompagnée par une sage-femme, ça a tellement toujours fait partie de mon vocabulaire», dit-elle.

Alors qu'elle était au Cégep en démarche d'orientation et qu'elle étudiait en théâtre musical, Marie-Pier a entendu parler de la profession lors d'une conversation avec une personne issue du milieu de la périnatalité. Ce fut le coup de foudre car cette pratique répondait à ses valeurs les plus profondes.

Les sages-femmes d'il y a 20 ans et plus voient donc arriver tranquillement dans leur profession les femmes qui sont venues au monde avec leur assistance.

Christine Rheault, originaire de Saint-Christophe-d'Arthabaska, qui recevait elle aussi son diplôme, hier, raconte avoir vu elle aussi le jour avec l'aide d'une sage-femmes en 1984. Quatrième de quatre filles, elle est la seule à être née à la maison.

«Ce n'est pas la raison principale pour laquelle j'ai choisi la profession de sage-femme, dit-elle, mais ça fait quand même partie des raisons», reconnaît la nouvelle diplômée.

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