Sodexo à l'UQTR: réduction de loyer de 29 000 $ sur 8 ans

Alain Fournier témoignait devant la Commission des relations... (Photo: Olivier Croteau, Le Nouvelliste)

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Alain Fournier témoignait devant la Commission des relations du travail, vendredi.

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Brigitte Trahan
Le Nouvelliste

(Trois-Rivières) La multinationale Sodexo aurait bénéficié non seulement d'une prolongation de contrat anormale avec l'UQTR, mais aussi d'une réduction substantielle de son loyer lorsque Johanne Giguère est devenue vice-rectrice à l'Administration et aux Finances, en 2013.

Alors que les contrats de plus de 25 000 $ ne doivent pas être engagés pour plus de cinq ans, selon les règles contractuelles de l'Université, Sodexo, qui menaçait de quitter la cafétéria et les services alimentaires du campus, aurait obtenu un contrat de huit ans, en 2013, soit jusqu'en 2021, tout en bénéficiant d'une réduction de 29 000 $ par année de loyer. Il s'agit d'une situation illégale, selon Alain Fournier, l'ancien directeur des équipements de l'UQTR.

M. Fournier, qui accuse des membres de la haute direction de l'UQTR de harcèlement à son endroit et qui porte plainte pour congédiement abusif devant la CRT, était soumis aux questions de la procureure de l'UQTR, vendredi. Il avait fini de livrer son témoignage principal mercredi.

M. Fournier dit avoir soumis cette situation à Me André Gabias, alors Secrétaire général et Responsable de l'observation des règles contractuelles. M. Fournier s'est dit mal à l'aise que les autres soumissionnaires n'aient pas eu les mêmes privilèges.

La procureure de l'UQTR a tenté toute la journée de soulever des manquements qu'auraient eus M. Fournier, dans le cadre de l'exercice de ses fonctions. Elle l'a questionné, notamment sur le projet de réfection du stationnement principal de l'UQTR à l'été 2013, un projet de plus de 250 000 $ qui a mal tourné parce que les pentes du stationnement, qui devaient permettre à l'eau de pluie de s'écouler vers les puisards, ont été calculées à l'envers par l'arpenteur et l'entrepreneur qui a fait l'asphaltage. L'ingénieur conseil a finalement approuvé une procédure permettant de découper les zones inversées et de remettre le tout dans la bonne pente, ce qui a pris une semaine environ.

L'avocate a tenté pendant une bonne partie de la journée d'incriminer M. Fournier sur le fait que la vice-rectrice Giguère lui demandait la liste des projets en cours. Elle lui a demandé s'il avait répondu à cette demande. M. Fournier a répondu que Mme Giguère lui avait demandé des listes à plusieurs reprises et qu'il les avait envoyées chaque fois, mais que ça  ne semblait jamais la satisfaire. Ses demandes n'étaient jamais claires, dit-il, en ajoutant qu'elle faisait tout par courriel et qu'il a tenté à de nombreuses reprises de tenir une rencontre, mais qu'elle n'a jamais accepté. Selon lui, quand il est question d'un cadre qui, comme lui, gérait 18 millions $, soit plus de 10 % du budget de l'UQTR, il aurait été de mise qu'ils puissent se parler face à face au moins une fois.

«Elle ne voulait pas me voir», croit M. Fournier en ajoutant qu'il a fini, avec son adjointe, par rédiger la très longue liste de tous les projets dans un fichier Excel, du plus petit projet de 2000 $ au plus gros, comme le campus de Drummondville, de 30 millions $. Malheureusement, dit-il, avant même de pouvoir compléter la liste «elle m'a coupé la tête».

M. Fournier a indiqué à l'avocate de l'UQTR que la «vraie raison», selon lui, pour laquelle elle refusait de lui parler, c'est parce qu'elle voulait embaucher des gens de son entourage lorsqu'elle travaillait pour le milieu de la santé. L'avocate de l'UQTR a fait valoir qu'il ne s'agissait-là que d'une simple déduction de sa part, mais Alain Fournier a fait remarquer qu'avec le temps, il s'est avéré que c'est exactement ce qui s'est passé.

M. Fournier a indiqué qu'il était impératif pourtant que se tiennent des rencontres avec la vice-rectrice. La procureure de l'Université lui a demandé pourquoi. Il a expliqué qu'il y a des choses qui se discutent mieux face à face. Par exemple, quand est venu le temps de bâtir la clinique podiatrique, il devait être sûr de ce qu'elle voulait. Ouvrir cinq jours ou sept jours, par exemple, avait des répercussions sur le chauffage et l'entretien ménager. «J'avais besoin de sa position», dit-il. Or, selon son témoignage, il n'a jamais pu l'obtenir pour faire avancer ses dossiers.

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