Relations de presse: le droit à l'expression brimé selon les professeurs de l'UQTR

Ismaïl Biskri, président du SPPUQTR.... (Photo: Sylvain Mayer, Le Nouvelliste)

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Ismaïl Biskri, président du SPPUQTR.

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Brigitte Trahan
Le Nouvelliste

(Trois-Rivières) Le Syndicat des professeur(e)s de l'Université du Québec à Trois-Rivières entend contester la nouvelle politique en matière de relations de presse adoptée en mars dernier par le conseil d'administration de l'Université.

«Ce qui nous inquiète, c'est cette volonté de centraliser au service des communications tout ce qui peut concerner la liberté de s'exprimer des professeurs», explique le président du Syndicat, Ismaïl Biskri.

«Dans notre convention collective, l'article 5.02 stipule clairement que tout professeur est libre d'exprimer ses opinions personnelles à l'intérieur ou à l'extérieur de l'Université sans préjudices aux droits et obligations attachés à son statut», dit-il.

Dans cette nouvelle politique, adoptée sans consultation auprès de l'exécutif syndical, on peut lire notamment que «toute demande d'information ou d'entrevue provenant d'un média doit être immédiatement acheminée à la personne responsable des relations avec les médias du Service des communications.

Lorsqu'il s'agit d'une demande d'entrevue, le responsable en évalue la pertinence, propose la stratégie la plus appropriée et recommande, au besoin, la personne la plus apte pour agir en tant que porte-parole de l'Université.»

Selon le président du Syndicat, cela «vise à centraliser et à contrôler le message et éventuellement, à menacer de représailles ou de censure celui ou celle qui ne s'y conforme pas. La gestion à huis clos et le manque de transparence n'ont jamais fait bon ménage avec la liberté d'expression», fait-il valoir.

Questionnée à ce sujet, mercredi, la nouvelle présidente du conseil d'administration de l'UQTR, Francine Ruest-Jutras, estime que «ça na jamais été, d'aucune façon, dans les intentions du conseil d'administration», dit-elle.

«Je pense que, peut-être, il y a une différence dans la façon de juger le texte, dans la compréhension et à ce moment-là, je pense que ça ne serait pas mauvais qu'effectivement, il y ait une rencontre. Même si l'on me dit qu'il y a eu certains échanges, je pense qu'il n'y a rien de tel que de s'asseoir et de discuter pour voir si l'on se comprend bien, s'il y a vraiment problème», propose la présidente.

«Il n'a jamais été question, je veux être bien claire, de brimer le droit de parole de qui que ce soit», assure-t-elle. «Mais on dit: quand tu parles au nom de l'Université, il y a un certain processus à suivre et ça se voulait plus de l'accompagnement», plaide-t-elle.

Le président du Syndicat indique qu'en fonction de leur convention collective, les professeurs de l'UQTR ont même le droit de critiquer l'administration de l'Université, si cela s'impose.

Un professeur n'a pas le droit de diffamer, nuance-t-il toutefois, «mais un professeur a le droit de dire les choses telles qu'il les pense quand ça concerne son institution, quand ça concerne son lieu de résidence, sa municipalité, le gouvernement, les choses scientifiques, sur absolument tout.Sinon, si l'on fait taire les professeurs, où est-ce qu'on s'est va?», plaide-t-il.

Selon Ismaïl Biskri, la nouvelle politique «rajoute du flou au lieu de clarifier la situation. Elle ne permet plus à un professeur de se sentir à l'aise dans ses contacts avec les médias ou avec d'autres intervenants.»

M. Biskri a indiqué au Nouvelliste que «cette politique-là va être contestée officiellement et légalement le plus rapidement possible».

Le Syndicat n'entend pas attendre qu'un professeur soit atteint par cette politique.

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