Nadia Ghazzali enseignera à l'UQTR

Nadia Ghazzali ne quitte pas vraiment l'UQTR puisqu'elle... (Photo: François Gervais, Le Nouvelliste)

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Nadia Ghazzali ne quitte pas vraiment l'UQTR puisqu'elle vient d'obtenir un poste de professeur. Mme Ghazzali pourrait conserver sa rémunération de rectrice.

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Brigitte Trahan
Le Nouvelliste

(Trois-Rivières) L'ancienne rectrice, Nadia Ghazzali, ne quitte pas l'UQTR. Elle a finalement obtenu un poste de professeur au département de mathématiques et informatique de l'institution. Elle a d'ailleurs déjà signé sa carte de membre du Syndicat des professeur(e)s. Ironiquement, elle avait signé la dernière convention collective des professeurs en 2013 à titre de chef de l'établissement.

Mme Ghazzali pourrait conserver sa rémunération de rectrice. «Un professeur qui occupe un poste de cadre supérieur pour moins de cinq ans peut retrouver son poste de professeur et conserver son salaire de cadre supérieur», a indiqué mercredi le Syndicat des professeur(e)s de l'UQTR.

Le conseil d'administration de l'UQTR avait octroyé à Mme Ghazzali, dès le 16 avril 2012, un poste de professeure sans salaire afin de lui permettre de transférer sa chaire de recherche du CRSNG à l'UQTR.

Bien qu'elle ait renoncé à sa chaire en 2013, le Syndicat des professeur(e)s de l'UQTR a confirmé au Nouvelliste, mercredi, qu'il «n'y avait pas de doute sur l'attribution d'un poste de professeur à cette dernière et nos procureurs ont confirmé la validité de la lettre d'entente».

Le Nouvelliste a tenté de joindre Mme Ghazzali, mercredi, en laissant un message à son nouveau bureau du pavillon Ringuet, mais sans succès.

Le Syndicat indique que «ce n'est pas la pratique à l'UQTR et dans le réseau de l'UQ» d'embaucher un ancien recteur comme professeur après son mandat, «mais dans les universités à charte (Laval, Montréal, Sherbrooke), il arrive souvent que l'on attribue un poste de professeur à un recteur provenant d'une autre université ou de l'entreprise privée.

Si l'expérience de l'ex-rectrice n'a pas été très heureuse àl'UQTR, jusqu'à présent, il semble que l'UQTR gagne toutefois, en embauchant Nadia Ghazzali, une scientifique de très haut niveau, dans ses rangs.

Avant son rectorat, elle était professeure de mathématiques et de statistiques à l'Université Laval. Ses recherches, lorsqu'elle y enseignait, portaient sur des sujets aussi intéressants que les réseaux de neurones artificiels en vue d'une modélisation et la caractérisation de bases de données tirées du domaine du traitement des signaux, de l'imagerie médicale, de la reconnaissance des formes, de l'astrophysique et de la biostatistique.

En 2007, elle fut récipiendaire du Trophée des femmes arabes du Québec en enseignement et recherche. En 2008, le YMCA-Québec lui remettait le Grand prix Avancement de la femme de la YMCA.

En 2006, elle décrochait sa fameuse chaire de recherche CRSNG-Industrielle Alliance pour les femmes en sciences et en génie au Québec qui visait à assurer une meilleure représentativité des femmes en sciences et génie au Québec de même qu'à augmenter le nombre de jeunes femmes dans ces domaines d'études.

Mme Ghazzali était également secrétaire générale du Réseau international des femmes ingénieures et scientifiques.

Dans la région, elle a continué à s'impliquer en éducation. Peu après son entrée en poste à titre de rectrice de l'UQTR, Mme Ghazzali est en effet devenue présidente de la Table régionale de l'éducation en Mauricie dont la mission est de se prononcer sur les priorités en matière d'éducation dans un contexte d'harmonisation et d'intégration économique.

Fortement critiquée peu après son arrivée à l'UQTR pour son style de gestion, Nadia Ghazzali n'a pas été en mesure de terminer son mandat de rectrice. Le 27 mai dernier, elle a en effet démissionné de son poste lorsque la vérificatrice générale du Québec (VGQ) a déposé son rapport sur la gestion de l'UQTR dans lequel certains reproches lui étaient directement adressés.

Plusieurs membres de la direction et du conseil d'administration ont démissionné de leur poste, sous son mandat, tandis que d'autres ont été congédiés ou invités à prendre la voie de service. Deux cadres supérieurs, l'ancien vice-recteur Martin Gélinas et l'ancien directeur des équipements, Alain Fournier, sont présentement devant la Commission des relations du travail (CRT), se disant victimes de congédiement abusif et de harcèlement.

Mme Ghazzali serait d'ailleurs appelée à témoigner dans ces deux causes si les dossiers continuent à être entendus par la CRT. Celui de M. Fournier se poursuit ce mois-ci tandis que celui de M. Gélinas ne reprendra qu'en septembre. On ignore si les changements qui viennent de survenir à la barre de l'Université, tant au rectorat qu'à la présidence du conseil d'administration, pourraient changer la donne dans ces deux dossiers.

Dans nos pages, mercredi matin, on peut lire une lettre ouverte à l'attention du recteur intérimaire André G. Roy rédigée par trois cadres retraités de l'UQTR, Marie-France Gagnier, Normand Shaffer et Rémi Tremblay.

Ces derniers dénoncent le fait que certains employés de l'UQTR font toujours l'objet de sanctions pour avoir dénoncé des pratiques de gestion, de gouvernance et d'éthique «constatés par la vérificatrice générale du Québec».

Les signataires estiment que le rapport de la VGQ ne parle pas des «dommages collatéraux» encaissés par les employés qui ont dénoncé des situations: sanctions sévères, frais juridiques colossaux et perte d'emploi. «Cette injustice flagrante doit cesser immédiatement», estiment-ils.

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