Martin Gélinas devant la CRT: tout un pan de l'histoire demeurera caché

L'ancien vice-recteur Martin Gélinas.... (François Gervais)

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L'ancien vice-recteur Martin Gélinas.

François Gervais

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Brigitte Trahan
Le Nouvelliste

(Trois-Rivières) Tout un pan des événements qui ont mené l'ex-vice-recteur Martin Gélinas à porter plainte devant la Commission des relations du travail pour congédiement abusif et harcèlement psychologique de la part de l'ancienne rectrice, Nadia Ghazzali, demeurera caché.

Alors que M. Gélinas témoignait, vendredi, on a en effet appris que le 1er février 2013, ce dernier a signé une entente avec l'Université, entente qui a fait l'objet d'un jugement de non divulgation par la commissaire Lyne Thériault de la CRT au tout début des procédures.

Cette entente, que M. Gélinas raconte avoir signée alors qu'il souffrait d'une dépression profonde au point où, rappelons-le, il avait dû être hospitalisé, ratisse tellement large que tous les documents antérieurs du 1er février 2013 ne pourront pas être soumis à la Commission pour éclairer son dossier.

Il ne pourra donc pas présenter ses évaluations de performance datées de 2011, ainsi qu'une évaluation du recteur, Ghislain Bourque, en 2009, les seules qu'il possède.

Selon son témoignage, seul lui et le vice-recteur aux ressources humaines intérimaire, Gilles Charland, avaient apposé leur signature sur l'entente du 1er février 2013 lorsqu'il était dans le bureau de M. Charland. Pourtant, sur la copie officielle, on trouvera plus tard, dit-il, la signature de l'ancienne rectrice Ghazzali et d'une autre personne identifiée sur le document en tant que «témoin». Ce témoin, a indiqué M. Gélinas, n'était pas présent au moment de la signature.

M. Gélinas raconte avoir verbalisé son mécontentement à M. Charland juste après avoir signé le document. Il dit avoir fait part à son remplaçant aux ressources humaines qu'il était injuste qu'une personne qui ose dénoncer des situations relativement à des questions d'éthique et de gestion doive quitter son poste «alors que Mme Ghazzali, elle, reste en poste».

M. Gélinas a aussi indiqué à M. Charland que, selon lui, elle n'avait pas les compétences pour occuper ses fonctions et qu'il avait été stupéfait que le processus d'embauche de l'ex-rectrice Ghazzali n'avait pas impliqué de mesures habituellement employées comme des références et des tests psychométriques.

M. Gélinas a toutefois pu faire un exposé de sa carrière dans le secteur des relations de travail. Il s'est décrit lui-même comme un homme de «concertation, de communication et pour qui le dialogue est important».

Il a démontré au tribunal le degré élevé de responsabilités qu'il avait assumées chez son ancien employés, Kruger, avant d'être embauché à l'UQTR.

M. Gélinas a expliqué notamment qu'on lui avait confié le mandat de la machine numéro 4, un projet de 416 millions $ pour lequel il devait préparer les employés notamment en assurant un service de formation. Il disposait d'un budget de 9 millions $ pour réaliser ce projet. «Il y des journées où je signais pour 250 000 $ de factures et j'ai dû embaucher 350 personnes», dit-il.

M. Gélinas a raconté que la gestion des ressources humaines était un rêve de jeunesse pour lui. Il fut notamment président de son ordre professionnel. Il a siégé pendant huit ans au Cégep de Trois-Rivières où il a pris part à la création d'une attestation d'études collégiales en pâtes et papiers.

Notons que le professeur Éric Chartier a été interrogé tout l'avant-midi relativement à des propos disgracieux qu'il attribue à Gilles Charland. M. Chartier, qui reconnaît avoir collaboré à l'enquête de la VGQ et de l'UPAC sur l'UQTR, a écrit au ministre de l'Enseignement supérieur, François Blais, vendredi pour lui indiquer qu'il a été convoqué le 8 juin prochain par les instances de l'UQTR. M .Chartier semble certain qu'on lui fera subir des représailles pour ses interventions. Quant à Gilles Charland, il ne souhaite pas commenter pour l'instant.

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