Dossier de Martin Gélinas à l'UQTR: les témoignages commencent enfin

Martin Gélinas... (Photo: Stéphane Lessard Le Nouvelliste)

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Martin Gélinas

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Brigitte Trahan
Le Nouvelliste

(TROIS-RIVIÈRES) Les témoignages ont enfin pu commencer, mardi, dans le dossier de l'ex-vice-recteur, de l'Université du Québec à Trois-Rivières, Martin Gélinas, devant la Commission des relations du travail.

C'est une bonne amie de longue date de M. Gélinas, Évelyne Mailhot, qui a occupé la chaise du témoin le plus longtemps, mardi.

Mme Mailhot, c'est cette personne qui affirme s'être fait dire par Gilles Charland, celui qui a remplacé M. Gélinas par intérim au vice-rectorat aux ressources humaines, que M. Gélinas allait être «un gars fini».

M. Charland aurait aussi affirmé à Mme Mailhot, lors d'un entretien privé, qu'il pouvait régler le dossier criminel de M. Gélinas si ce dernier retirait ses plaintes contre la rectrice Nadia Ghazzali, qu'il accuse de harcèlement psychologique.

Ce qu'on ignorait, c'est pourquoi Gilles Charland communiquait avec Mme Mailhot et quel était son rôle dans toute cette histoire puisqu'elle ne travaille pas à l'UQTR.

Mme Mailhot, qui connaît M. Gélinas depuis une douzaine d'années - leurs enfants allaient à la même garderie -, a raconté à la commissaire Lyne Thériault qu'elle est passée de simple amie à «bouée de sauvetage», en 2013, alors que M. Gélinas a commencé à vivre une profonde dépression au point où elle craignait à certains moments qu'il s'enlève la vie.

M. Gélinas, dit-elle, était un homme «candide» qui croyait que tout le monde était gentil. Malheureusement, certains événements sont survenus simultanément dans sa vie, soit une idylle avec la directrice des communications, Guylaine Beaudoin, des rapports difficiles avec la nouvelle rectrice, Nadia Ghazzali et finalement son divorce.

Tout cela l'avait alors fragilisé au point où Mme Mailhot voyait alors M. Gélinas comme «un grand chêne craqué» aux racines fragiles.

À un certain moment durant cette période, dit-elle, elle était la seule personne significative dans sa vie.

C'est pour cette raison, dit-elle, qu'elle a pensé à recourir au vice-recteur aux ressources humaines intérimaire, Gilles Charland, pour l'aider à soutenir M. Gélinas dans cette épreuve.

Le procureur de l'UQTR, Me Jasmin Marcotte, a interrogé Mme Mailhot au sujet d'une trentaine de courriels qu'elle a échangés avec M. Charland, au fil des jours, des semaines et des mois durant lesquels M. Gélinas était malade et avait besoin d'aide. À plusieurs reprises, elle servira d'intermédiaire entre l'UQTR, M. Charland, M. Gélinas et ses avocats.

Elle fait part à Gilles Charland à quelques reprises, de la confiance qu'elle avait en lui, une «confiance aveugle», écrira-t-elle, puisque M. Charland apportait vraiment son aide.

Lors du procès criminel de Martin Gélinas, son opinion sur M. Charland est toutefois passée de bonne à mauvaise au moins à deux reprises. Mme Mailhot a indiqué que lorsque M. Charland lui a dit que Martin Gélinas serait démoli par le procès criminel, elle avait l'impression qu'il s'agissait d'un «pitch de vente» pour éviter que l'UQTR soit éclaboussée par une médiatisation de l'affaire.

On se rappellera que M. Gélinas a été condamné en lien avec une série de textos envoyés à Mme Beaudoin. Il a toutefois reçu une absolution conditionnelle.

Cette affaire est justement survenue, a raconté Mme Mailhot, durant la dépression majeure vécue par M. Gélinas.

Me Marcotte a voulu placer les propos attribués à Gilles Charland par Mme Mailhot dans des contextes qui les rendaient bénins et justifiables. Mme Mailhot a toutefois collé à sa version, malgré de longues heures de témoignage, maintenant notamment que M. Charland lui a indiqué qu'il pourrait «arranger» le dossier criminel de M. Gélinas par des manoeuvres occultes s'il renonçait à ses plaintes contre Mme Ghazzali et Mme Beaudoin. Ça aurait été non pas par des moyens politiques, dit-elle, mais par des «moyens administratifs.»

La CRT a aussi entendu le témoignage du professeur Éric Chartier. Selon lui, le 1er février 2013, lui et M. Gélinas ont croisé M. Charland qui leur aurait tenu des propos extrêmement vexatoires.

M. Chartier a toutefois multiplié les détails, affirmant notamment qu'il neigeait, ce jour-là. Or, les archives d'Environnement Canada prouvent qu'il n'est pas tombé un brin de neige à cette date. Ceci a jeté un discrédit important sur son témoignage.

Gilles Charland s'est réjoui du résultat de la journée, mardi. «Le meilleur est à venir», dit-il.

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