Certains réclament que le recteur par intérim fasse le ménage à l'UQTR

L'Assemblée des gouverneurs de l'Université du Québec à... (Photo: François Gervais, Le Nouvelliste)

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L'Assemblée des gouverneurs de l'Université du Québec à Trois-Rivières a confié à André G. Roy le mandat d'assurer l'intérim au poste de recteur en attendant que soit dévoilée l'identité de celui ou celle qui succédera à Nadia Ghazzali.

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Olivier Gamelin
Le Nouvelliste

Chose certaine, il aura du pain sur la planche. Certains universitaires estiment que le recteur par intérim de l'UQTR, André G. Roy, fraîchement nommé par l'Assemblée des gouverneurs, n'aura pas le loisir de la maintenance et devra s'atteler dès lors à «faire le ménage». D'autres préféreraient que ce soit plutôt le futur recteur qui se charge de cette besogne.

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André G. Roy

Rémi Tremblay, ancien cadre de l'UQTR, est de ceux qui croient que l'Université n'a pas le luxe d'attendre plusieurs mois avant de soulever le tapis. Selon lui, les événements qui noircissent l'UQTR depuis trois ans n'ont pas été occasionnés par Nadia Ghazzali seule. C'est dire que pour que l'institution d'enseignement puisse désormais montrer patte blanche, il importe que le recteur par intérim fasse dès lors rouler quelques têtes.

«J'espère qu'il va identifier les personnes qui, d'après moi, ne doivent pas continuer à gérer l'Université parce qu'elles ont commis des inconduites, des erreurs de gestion majeures. J'espère qu'il va faire le ménage dans cette administration-là, dans cette direction-là. Et j'espère aussi que le ministre va nommer rapidement un nouveau conseil d'administration qui exercera son rôle de façon responsable», mentionne M. Tremblay, qui avait reçu en avril 2014 une mise en demeure de la part de l'ex-rectrice pour une opinion exprimée dans les pages du Nouvelliste.

Un mandat difficile, en somme, des actions indispensables qui, selon l'ancien cadre, ne peuvent pas traîner. De «nouvelles bases» administratives doivent être coulées «rapidement».

«Parce que sinon les gens n'auront pas confiance, parce que sinon les conflits qui ont été déclenchés et qui sont toujours là ne seront pas réglés. Souvent on entendait la direction dire qu'il fallait tourner la page, bien là il faut changer de livre», croit M. Tremblay, en notant que le dernier rapport de la vérificatrice générale ferait un excellent mode d'emploi. «Il y a beaucoup de travail à abattre pour un recteur par intérim. Il ne doit pas laisser les choses pourrir.»

Un point de vue partagé par Normand Shaffer, ancien registraire de l'UQTR, ancien président de l'Association des cadres et qui, lui aussi, fait l'objet d'une mise en demeure de Mme Ghazzali. Comme le processus de nomination d'un nouveau capitaine à la barre de l'Université pourrait s'étirer sur plusieurs mois, M. Shaffer est d'avis «que des actions doivent être prises pour redresser le climat, redresser la confiance.

Le départ de Mme Ghazzali, c'est une chose, mais ça ne règle pas tout. Ce n'est pas dans l'intérêt de l'institution d'attendre. Elle pourrait faire de l'intendance, de la maintenance, mais compte tenu que les délais sont assez longs, est-ce que c'est un luxe que peut se permettre l'UQTR? Je ne pense pas.»

Le Syndicat des professeurs et professeures de l'UQTR ne partage pas cet empressement. Son président, Ismaïl Biskri, ne souhaite pas qu'une «chasse aux sorcières» soit officiellement ouverte dans l'enceinte de l'institution. Pour tourner la page, un nouveau recteur «en bonne et due forme» doit être nommé le plus «rapidement possible». C'est là la prochaine étape qui, selon M. Biskri, permettra à l'institution d'enseignement de retrouver ses lettres de noblesse après cette «période disons un peu compliquée».

«Faire le ménage, ce n'est pas quelque chose vers laquelle j'irais. La chasse aux sorcières, ce n'est pas quelque chose qui peut aider. Je verrais plutôt ça d'une façon positive, c'est-à-dire qu'on ait un recteur qui permette le développement de l'institution. C'est vers cela qu'il faut aller, parce que prendre du temps pour faire le ménage, c'est sûr que ce sont des énergies qui vont aller ailleurs que dans l'enseignement et la recherche. Et ce n'est pas la mission de l'Université. Il y a des personnes qui sont payées pour faire le ménage», souligne M. Biskri.

«C'est sûr qu'on peut porter un jugement sur l'équipe de Mme Ghazzali, mais ce jugement-là prend beaucoup de temps. Je ne pense pas, je peux me tromper bien entendu, mais je ne pense pas qu'un recteur par intérim pourrait prendre des décisions comme ça. Si ce genre de décisions étaient prises par ce recteur par intérim, on aurait aussi d'autres postes importants qui nécessiteraient aussi un recrutement, et on serait probablement obligé de passer par des cadres par intérim, et ça je ne pense pas que ça soit à l'avantage de notre institution.»

Du côté de l'Association générale des étudiants (AGEUQTR), les membres du conseil exécutif se réuniront mardi afin de prendre position sur la nomination d'André G. Roy. Pour l'heure, on espère que les canaux de communication qui avaient été établis avec l'équipe de Mme Ghazzali demeurent et que le recteur par intérim saisisse bien les conséquences négatives inhérentes aux récentes coupes gouvernementales. «C'est l'un des gros dossiers dont l'Association va parler avec le recteur par intérim», signale Frédérick Borel, attaché à l'exécutif de l'AGEUQTR.

Un homme qui connaît le terrain

André G. Roy connaît bien le terrain universitaire, tant la cour de l'UQTR que le jardin de l'Université du Québec. Avocat de formation, il a entre autres occupé le siège de cadre-conseil auprès du recteur, ainsi que le titre de secrétaire général, vice-recteur aux ressources humaines et directeur des affaires juridiques de l'institution trifluvienne. Depuis novembre 2009, il tenait les rênes du secrétariat général de l'Université du Québec.

Sa nomination comme recteur par intérim a été officialisée lundi par la présidente de l'Université du Québec, Sylvie Beauchamp. Le conseil d'administration de l'UQTR s'était réuni lundi midi pour adopter une résolution unanime nommant M. Roy comme vice-recteur exécutif et recommandant à l'Assemblée des gouverneurs de le désigner comme recteur par intérim.

Il demeurera en poste jusqu'à ce qu'un recteur en titre reprenne le témoin.

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