La rectrice de l'UQTR se fait montrer la porte

La rectrice de l'UQTR, Nadia Ghazzali, n'a eu... (Photo: François Gervais, Le Nouvelliste)

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La rectrice de l'UQTR, Nadia Ghazzali, n'a eu guère le choix de partir.

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Brigitte Trahan
Le Nouvelliste

(Trois-Rivières) La rectrice de l'Université du Québec à Trois-Rivières a démissionné de ses fonctions, mercredi après-midi, de même que le président de son conseil d'administration, Yves Tousignant.

Cette annonce a été faite par le ministre de l'Éducation et de l'Enseignement supérieur, François Blais, à l'occasion d'une mêlée de presse à Québec.

En fait, la rectrice s'est fait poliment montrer la porte peu après le dévoilement, mercredi matin, du rapport de la vérificatrice générale sur la gestion de l'UQTR qu'elle gouvernait depuis 2012.  «La rectrice a été informée que dans les circonstances actuelles, je ne pouvais plus, disons, lui donner ma confiance», a déclaré le ministre. «Le lien de confiance est complètement rompu.»

«C'est un rapport qui est très critique par rapport à la gouvernance de la rectrice. Je vous dirais même que c'est un rapport qui est accablant», estime le ministre après avoir pris connaissance du document.

L'UQTR a émis un communiqué de presse, en fin d'après-midi, pour confirmer cette démission effective en date de mercredi. «À compter de demain (jeudi), Mme Ghazzali compte retourner à l'enseignement universitaire en mathématiques», indique le communiqué. On ne sait toutefois pas si ce sera à l'UQTR ou à l'Université Laval où elle travaillait avant. La rectrice n'avait rien laissé transpirer de son départ, mercredi matin.

À 10 h 30, mercredi matin, dès le dépôt du rapport de la VGQ à l'Assemblée nationale, Mme Ghazzali avait tenu une rencontre avec la communauté universitaire au cours de laquelle elle ne s'est pas attardée aux conclusions du rapport. Elle a plutôt longuement parlé d'un plan d'action qu'elle avait élaboré avec les hauts cadres, au cours des derniers jours, afin de répondre aux recommandations de la VGQ.

Par la suite, la rectrice, en apparence très confiante, avait rencontré les médias régionaux en compagnie des membres de la direction et de la Fondation de l'UQTR ainsi que du président du CA. Elle avait à nouveau parlé de son plan d'action.

Bombardée de questions concernant les conclusions très dures du rapport de la VGQ, Mme Ghazzali a tenté de justifier les divers constats en disant qu'il fallait mettre le tout en contexte.

Ce n'est que vers la fin de l'après-midi qu'on apprenait la décision de Mme Ghazzali de quitter.

«Je tenais à prendre mes responsabilités et à demeurer en poste pour prendre connaissance des recommandations de la VGQ et préparer, en collaboration avec mes collègues de la haute direction, le plan d'action détaillé pour améliorer les pratiques administratives et financières et optimiser l'utilisation des ressources à l'UQTR», a plaidé Mme Ghazali dans le communiqué acheminé aux médias.

«Je pense que dans les circonstances, c'était un dénouement nécessaire. Il fallait absolument passer à autre chose pour l'UQTR», a fait valoir le ministre Blais, mercredi.

Le ministre a rappelé qu'il tenait à voir le rapport avant d'agir. «Maintenant, je pense qu'on peut se tourner vers autre chose. Dans les prochains jours, le conseil des Gouverneurs du réseau de l'Université du Québec va mettre en place les procédures pour voir au remplacement de Mme Ghazzali.»

Le ministre a précisé qu'il ne s'agit pas d'une tutelle de l'UQTR. On ne sait d'ailleurs pas si les autres membres de la haute direction de l'Université «démissionneront» à leur tour.

Ce qui a interpellé le ministre, «c'est au niveau, tout simplement, de la gestion, de la gestion du changement, le fait qu'il y a eu beaucoup de litiges au niveau de l'équipe de direction. Visiblement, elle n'a pas réussi à rassembler autour d'elle les personnes, faire en sorte que les personnes la suivent dans sa vision. Vous savez, quand on est gestionnaire et je l'ai été assez longtemps, si vous n'êtes pas en mesure de rassembler autour de vous les gens, autour d'une vision et qu'au contraire, toute énergie va à des contestations, à ce moment-là, vaut mieux laisser sa place», estime M. Blais.

Bien qu'il vérifiera l'information, le ministre a indiqué qu'à sa connaissance, Mme Ghazzali n'aurait droit à «aucune allocation de départ».

Le président du CA, Yves Tousignant, a lui aussi remis sa démission parce qu'il appert qu'il n'avait pas le droit d'être à la fois maire de Saint-Pierre-les-Becquets et président du conseil d'administration d'une université, explique le ministre.

Pour ce qui est du projet de campus de l'UQTR à Drummondville, qui représente une partie fort importante du rapport de la VGQ, le ministre Blais n'avait guère d'informations, mercredi.

Le ministre conclut toutefois, à la lumière du rapport de la VGQ, qu'il faut recommencer le débat sur les délocalisations des universités, comme ce que fait l'UQTR à Drummondville. «Il va falloir trouver une autre procédure que celle qui a été utilisée jusqu'ici», dit-il.

Rappelons que Mme Ghazzali avait déjà perdu la confiance de la présidente du réseau de l'Université du Québec.

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