Budget équilibré à l'UQTR: de la «fiction» estime le Syndicat des professeurs

Le Syndicat des professeur(e)s de l'UQTR s'inquiète des... (Photo: Archives, Le Nouvelliste)

Agrandir

Le Syndicat des professeur(e)s de l'UQTR s'inquiète des compressions.

Photo: Archives, Le Nouvelliste

Partage

Partager par courriel
Taille de police
Imprimer la page
Brigitte Trahan
Le Nouvelliste

(Trois-Rivières) C'est le mercredi 27 mai ou le jeudi 28, au plus tard, que la Vérificatrice générale du Québec dévoilera publiquement le rapport tant attendu sur la gestion de l'Université du Québec à Trois-Rivières, a confirmé mercredi le président du conseil d'administration de l'Université, Yves Tousignant. Les médias, dit-il, seront convoqués par le CA la journée même afin de pouvoir poser des questions.

Le rapport permettra de faire la lumière sur certaines allégations concernant notamment les contrats du campus de l'UQTR à Drummondville et sur l'administration de l'établissement trifluvien dans son ensemble.

Le document promet d'être des plus intéressants puisque, pour un, le Syndicat des professeur(e)s de l'UQTR n'est pas tendre envers le budget 2015-2016 déposé récemment par l'administration de l'Université et le qualifie de «budget-fiction» dans la plus récente édition de son journal interne, Le Point d'ancre, publié mercredi.

Le Syndicat estime que la direction aurait dû faire des sacrifices dans sa propre cour avant de s'en prendre à l'enseignement et à la recherche pour tenter d'arriver à équilibrer ses finances. C'est loin d'être le cas, semble-t-il, puisqu'un salaire de cadre supérieur est maintenu lorsque ce même cadre retrouve ses fonctions de professeur, soulève le Syndicat. «Comment justifier l'augmentation moyenne de 8,7 % pour une seule année (2012-2013/2013-2014) du salaire des cadres intermédiaires en période de compressions budgétaires?», se questionne le SPPUQTR.

Ce dernier s'interroge aussi sur le fait que la haute direction a récemment comblé le poste de direction du développement institutionnel alors que «depuis des années, plusieurs s'interrogent sur sa pertinence», dit-il.

Quant à la facture des frais juridiques des dernières années occasionnée entre autres par deux dossiers de congédiement abusif qui se sont retrouvés devant la Commission des relations du travail, «n'a-t-elle pas grugé des centaines de milliers de dollars dédiés à l'enseignement et à la recherche?», se demande aussi le Syndicat. Ce dernier croit que si elle cherche de quoi équilibrer son budget, la haute direction de l'Université devrait se pencher aussi sur le programme supplémentaire de retraite des cadres supérieurs «qui leur permet, sans verser de cotisation supplémentaire, d'obtenir une rente de retraite plus élevée que l'ensemble des employés».

Les principales propositions faites par la direction de l'UQTR au conseil d'administration pour arriver à atteindre l'équilibre de son budget 2015-2016 touchent plutôt directement l'enseignement et la recherche.

On parle de réduction des masses salariales de 1,4 million $, de rationalisation de l'offre des cours de 1,4 million $, de n'embaucher des professeurs qu'en décembre plutôt qu'en juin, de réduire les budgets de fonctionnement de 2,9 millions $ pour un grand total de compressions de plus de 6,9 millions $.

Mais ce qui inquiète aussi le Syndicat, c'est que l'UQTR pourrait être plus sur la corde raide qu'il n'en paraît au niveau financier. Elle est une des rares universités à avoir choisi de se prévaloir de la bascule, un système comptable permettant d'étaler sur sept ans une partie des compressions imposées en 2013-2014 par le gouvernement Marois. Dans le cas de l'UQTR, les compressions imposées cette année-là se chiffraient alors à 4,2 millions $.

En utilisant le principe de bascule ou d'étalement des compressions, l'UQTR avait «donc inscrit un déficit de 1,8 million $ en 2014-2015 et prévoyait ajouter 422 000 $ par année», au cours des sept prochaines années pour éponger la compression, explique le Syndicat. Le danger, c'est qu'à défaut d'en arriver à un budget équilibré 2014-2015, cet été, l'UQTR pourrait ne plus avoir la possibilité de se prévaloir de la bascule, explique le Syndicat. Elle pourrait devoir inclure la totalité des compressions de 4,2 millions $ dans le budget de l'année qui vient de commencer.

Or, on ne saura pas avant quelque part cet été si l'UQTR réussira à équilibrer ce fameux budget 2014-2015 qui se terminait le 30 avril dernier. Pour ajouter à son fardeau, l'Université sait qu'elle fera face à de nouvelles compressions de 2,8 millions $ en 2015-2016.

Selon le Syndicat, «la direction a fait un pari risqué en choisissant la bascule en 2013-2014».

«On savait que 2015-2016 serait plus dur que 2014-2015», a reconnu hier le président du CA. «D'autres compressions vont se rajouter», dit-il.

Quant à savoir si le budget de l'année financière qui vient de se terminer sera équilibré, le président Tousignant assure qu'il n'en sait rien. «On va être fixé plus tard, au début de l'été», dit-il. M. Tousignant n'a pas commenté davantage.

Partager

publicité

publicité

Les plus populaires

Tous les plus populaires
sur lapresse.ca
»

publicité

Autres contenus populaires

publicité

image title
Fermer