Sylvie Roy demande la mise sous tutelle de l'UQTR

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La députée de la Coalition avenir Québec Sylvie Roy.

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Brigitte Trahan
Le Nouvelliste

La députée caquiste d'Arthabaska, Sylvie Roy, s'est adressée à l'Assemblée nationale, jeudi, pour demander la mise en tutelle de l'Université du Québec à Trois-Rivières.

Mme Roy a rappelé qu'un rapport a souligné les difficultés de gestion de la rectrice, Nadia Ghazzali et recommandé de lui assigner un accompagnateur. Le Comité d'éthique et de déontologie avait aussi recommandé la destitution de Mme Ghazzali tandis que l'administration a récemment fait des coupes dans les fonds départementaux de recherche en fiducie, a mentionné la députée.

Mme Roy a aussi rappelé que l'Université ne paie pas ses taxes municipales (dans le dossier du CIPP), que des emprunts à court terme ont plus que triplé depuis 2011-2012, passant de 8 à 27 millions $, qu'en deux ans, il y a eu huit départs de membres du conseil d'administration et de la haute direction, que des 16 postes au conseil d'administration, 12 sont vacants présentement ou expirés tandis que les poursuites en litiges judiciaires se multiplient au point où les frais d'avocats s'élèvent à près d'un million $ pour l'an dernier.

«La situation est hors contrôle à l'Université du Québec à Trois-Rivières», a résumé Mme Roy en rappelant que «l'UPAC et le Vérificateur général enquêtent.»

Malgré tout, le ministre de l'Éducation, François Blais, s'est limité à dire que l'enquête du Vérificateur général au sujet de l'UQTR sera déposée au printemps, qu'il en prendra connaissance et qu'il verra par la suite quels seront les gestes à poser.

«Depuis l'automne dernier, le Vérificateur général du Québec examine l'ensemble de la situation», a indique le ministre en précisant que c'est la seule réponse qu'il peut offrir en ce moment.

«Je m'attendais à cette réponse. C'est toujours la même rengaine», a aussitôt répliqué la députée Roy. «Pendant deux ans, je me suis fait dire qu'on ne pouvait pas avoir de commission d'enquête parce que l'UPAC enquêtait. Je vous réponds que le ministre est le seul responsable du dossier», a-t-elle plaidé. «Seul le ministre peut se saisir de ce dossier et seul le ministre peut mettre en tutelle l'Université.»

«Je considère que le ministre a baissé les bras», a fait valoir Mme Roy en deuxième question complémentaire. «Je voudrais lui rappeler que l'Université du Québec à Trois-Rivières est un des vaisseaux amiral (sic) de l'économie en Mauricie. Est-ce que le ministre peut se ressaisir et poser des actions actuellement? Est-ce que chaque fois que le Vérificateur général est dans un organisme, les ministres se dessaisissent des dossiers?», a questionné la députée caquiste.

«Je vous demande, s'il vous plaît, d'utiliser vos pouvoirs discrétionnaires et de mettre l'Université en tutelle», a demandé Mme Roy au ministre Blais.

«Je ne le ferai pas, bien entendu», a répliqué le ministre en se rabattant une fois de plus sur l'enquête du Vérificateur général.

Le président du conseil d'administration de l'UQTR, Yves Tousignant, a qualifié, hier, l'intervention de Mme Roy de «très partisane» et de «prématurée». «Ça manque de sérieux de sa part», estime-t-il.

Le rapport du Vérificateur général sera rendu public en mai, indique le président du CA. «J'ai rencontré l'équipe du Vérificateur général la semaine dernière», dit-il.

Il a surtout été question de la gouvernance, précise-t-il.

«Un rapport préliminaire va nous être présenté au cours du mois d'avril. Ils parlaient du milieu d'avril. À ce moment-là, on pourra réagir», dit-il.

«La haute direction de l'UQTR obtiendra le rapport (final) 3 jours avant qu'il soit rendu public par le Vérificateur général, en mai, à l'Assemblée nationale», indique M. Tousignant. «Cela nous permettra de réagir. C'est normal», dit-il.

«Le Vérificateur général trouve toujours de quoi», fait valoir M. Tousignant quand on lui demande si cela pourrait avoir des impacts sur l'Université.

Lors de sa rencontre avec le VG, qu'il a qualifié hier de «bonne», M. Tousignant a indiqué qu'il a été question «des contrats qui ont été accordés, comme au niveau du campus de Drummondville.»

Yves Tousignant indique qu'un comité d'audit et d'affaires budgétaires siège tous les mois. Donc «toutes les procédures, les appels d'offres ont été faits en bonne et due forme», estime-t-il. Toutefois, dit-il, «au niveau de l'administration financière, on a eu beaucoup d'intérim et on a eu un changement au niveau de la direction des finances ainsi qu'au niveau de la direction des équipements où il se donne des contrats», fait-il valoir.

Le président du conseil d'administration signale que c'est la première fois de son histoire que l'UQTR reçoit la visite du Vérificateur général.

«J'ai la conscience tranquille», précise Yves Tousignant. «Mais le conseil d'administration a hâte d'en savoir plus», dit-il. «On ne veut pas perdre notre réputation.»

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