UQTR: des coupes supplémentaires de 2,8 M$

La rectrice de l'UQTR, Nadia Ghazzali.... (Photo: François Gervais, Le Nouvelliste)

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La rectrice de l'UQTR, Nadia Ghazzali.

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(Trois-Rivières) Les coupes budgétaires ne cessent de s'accumuler à l'Université du Québec à Trois-Rivières (UQTR), compliquant énormément la tâche des dirigeants. Le budget libéral déposé jeudi entraîne des compressions supplémentaires de 2,8 millions $. Résultat, l'université trifluvienne devra faire des pieds et des mains pour réduire son budget de 10,2 millions $ par année.

«Tout est sur la table [pour y faire face]», affirme en entrevue la rectrice de l'institution, Nadia Ghazzali, qui demande la participation de l'ensemble de la communauté universitaire. Cela pourrait même aller jusqu'à des demandes de compressions salariales. 

À l'instar du président du conseil d'administration de l'Université, Nadia Ghazzali indique que 80 % du budget de l'Université -130 millions $ sur 160 millions $ - correspond à la masse salariale. «Peu importe les mesures qu'on va prendre, il y aura un impact», note-t-elle. «Le 130 millions $ de la masse salariale, c'est ça qu'on doit discuter avec nos syndicats et nos associations.»

Les chefs des établissements du réseau de l'Université du Québec ont rappelé vendredi que les gouvernements de Québec ont amputé les budgets des universités de la province de plus de 270 millions $ ces dernières années. Les nouvelles coupes annoncées dans le dernier budget s'ajoutent au fardeau des universités. Les recteurs du réseau de l'Université du Québec, dont Nadia Ghazzali, affirment «qu'il est illusoire de penser que les seules fonctions administratives peuvent absorber les compressions: des programmes d'études risquent d'être abandonnés, des emplois supprimés et des embauches reportées ou annulées». 

L'UQTR devait déjà couper 7,4 millions $ dans son budget 2014-15. Le budget du Québec présenté jeudi prévoit toutefois des coupes supplémentaires de 73 millions $ pour l'ensemble des universités de la province pour 2015-16, dont près de 2,8 millions $ pour l'UQTR. Le nouvel objectif de réduction des dépenses pour l'université trifluvienne est donc de 10,2 millions $. 

«On commence à être serré, c'est plus de 10 millions qu'on doit couper en 2015-16. C'est ça la réalité de l'UQTR», précise Mme Ghazzali. 

L'UQTR devra déployer des efforts pour faire face à ces coupes. La rectrice affirme que tout est actuellement sur la table. «Il y aura un travail très, très important à faire auprès de toute la communauté, car à la direction, on ne peut pas être les seuls à imposer des mesures de façon unilatérale. Et de toute façon, ce n'est pas dans notre intention», explique-t-elle. «Ce n'est pas comme ça qu'on va s'en sortir et passer à travers.»

La direction de l'Université affirme qu'elle devra s'asseoir avec les représentants syndicaux et l'association des cadres «afin de voir quelles sont les mesures qu'on peut mettre en place pour ne pas hypothéquer notre mission universitaire». 

«Est-ce qu'on peut encore se permettre d'avoir des petits groupes? Je ne sais pas. Est-ce qu'on peut encore offrir des cours à des élèves aux profils très différents? Est-ce qu'on peut répéter des cours à l'automne et à l'hiver? Ce n'est pas sûr», se demande la rectrice qui avoue par la même occasion que si des changements de cet ordre sont apportés, cela réduirait de surcroît l'accessibilité aux études alors que l'UQTR connaît une importante croissance. 

«En 10 ans, nous sommes passés de 6000 étudiants à 14 500. Mais ça prend du soutien pour ces étudiants. Il ne faut pas seulement des professeurs et des chargés de cours. Les professeurs ne peuvent se transformer en technicien ou secrétaire, quand ils font ça ils ne font pas ce pour quoi ils ont été embauchés [enseignement, soutien des étudiants et recherche].»

Québec subventionne chaque étudiant universitaire. Plus le groupe est grand, plus le financement est important. Or, l'UQTR n'a pas beaucoup d'auditoriums pour avoir des classes de centaines d'étudiants, comme c'est le cas dans plusieurs universités de la province. «Nous n'avons pas l'infrastructure. C'est pourquoi nous avons la moyenne cible dans la convention collective des professeurs qui prévoit qu'au-delà de 33 étudiants, le cours doit être dupliqué», explique la rectrice.  

Les universités devraient par contre, selon le gouvernement du Québec, faire l'objet d'un réinvestissement à partir de 2016-17. La rectrice de l'UQTR se dit optimiste face à cet engagement du ministre de l'Éducation.

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