CHRONIQUE

UQTR: tressautons avec réserve

Gilles Charland, ancien vice-recteur par intérim de l'UQTR.... (Photo: François Gervais, Le Nouvelliste)

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Gilles Charland, ancien vice-recteur par intérim de l'UQTR.

Photo: François Gervais, Le Nouvelliste

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Jean-Marc Beaudoin
Le Nouvelliste

Si on était amateur des romans Harlequin ou qu'on est branché tous les jours aux torrides Feux de l'amour, la saga de l'UQTR, avec toutes ses intrigues, ses incursions dans la vie privée des uns et des autres, avec en primes des détails croustillants dont la véracité bien sûr restera à être démontrée, pourrait finir par devenir une bonne source d'inspiration pour E.L. James, cette auteure qui ne manque pas de nuances érotiques.

Avec toutes ces accusations qui pleuvent de part et d'autre, ces poursuites administratives ou judiciaires à la chaîne, ces audiences administratives avec des dépositions qui nous font tomber à la renverse, mais aussi bien souvent éclater en petits rires étouffés, en se disant «c'tu vrai?», on peut se demander dans quelle troublante dérive est engagée notre université.

Car au-delà de tous ces règlements de comptes sur la place publique qui laissent comprendre qu'on est engagé dans une guerre à finir entre nouveaux et anciens dirigeants, c'est au-delà des conflits de fortes personnalités, l'image de l'université qui est massacrée. Surtout, son avenir qui risque d'être en bonne partie affaibli.

Se définissant comme non-aligné, René-Paul Fournier, un ancien vice-recteur de l'UQTR a senti la nécessité de venir exprimer lundi dans nos pages, ses états d'âme courroucés sur une UQTR transformée en «champ de bataille» et ses appréhensions pour la suite des choses. Certes, M. Fournier s'inquiète en premier lieu de la Fondation de l'UQTR, qui avec tout ce tumulte, risque d'éprouver des difficultés à maintenir la générosité de ses donateurs. Mais on comprend bien que ses craintes s'étendent à toute l'université.

Sans la souhaiter, il conclut quand même sa réflexion en se demandant si dans les circonstances, la mesure qui lui apparaît presque incontournable, ce ne serait pas la tutelle.

Le mot est lâché. Mais une telle éventualité a été évoquée à plus d'une reprise depuis un certain temps, mais en sourdine. Est-ce que ce serait un bienfait ou une calamité, un mal nécessaire ou une mesure trop épidermique? Ce qui est sûr, c'est que ce n'est jamais une gloire pour une organisation de se voir retirer, même temporairement, le contrôle de sa destinée.

On n'empêchera pas les gens qui estiment avoir été lésés, brimés dans leurs droits ou injustement atteints dans leur réputation d'user de tous les recours qui sont à leur disposition pour obtenir réparation ou justice.

Même s'il est un des protagonistes très directement visés dans cette tempête, peut-être même la source potentiellement la plus élevée des conflits qui ont éclaté, le bras étrangleur comme l'ont décrit plusieurs, il faut peut-être se rendre à l'invitation de l'ex-recteur aux ressources humaines, Gilles Charland, qu'il lançait lui aussi dans nos pages de samedi. Il demandait en particulier d'attendre la fin des audiences de la Commission des relations de travail, dans le dossier d'Alain Fournier, l'ancien directeur des équipements, pour se forger une idée plus globale de la situation qui a prévalu à son licenciement.

C'est vrai que le témoignage de M. Fournier est jusqu'ici, pour le moins qu'on puisse dire, explosif. L'homme défend son honneur. Mais certaines de ses affirmations parmi les plus percutantes pourraient être difficiles à prouver, parce que ce sera à la fin parole contre parole. Certes, il installe le doute, mais une certaine sagesse commande effectivement d'attendre de connaître aussi la version de l'université, ce qui n'arrivera qu'en juin.

On ne parviendra pas à calmer le jeu entre-temps, car bien du monde souffle fort sur les braises pour que le feu reste vif. Mais pour l'ensemble de la controverse de l'UQTR, il ne serait pas non plus contre-indiqué d'attendre le rapport neutre du vérificateur général, qui doit être produit en avril.

On avait fait grand état du passage de l'UPAC, à l'université. Mais à ce jour, il n'y a toujours eu aucune suite. Pas de convocations ou de subpoena. On n'avait cependant pas touché au dossier du campus de Drummondville.

Quant au vérificateur général, certains seront peut-être déçus, parce que la vérification n'a pas porté sur les relations de travail, ni même sur la controversée chaire de recherche rattachée à la rectrice Nadia Ghazzali. Les analystes s'en sont tenus aux immobilisations, réalisées ou projetées, ce qui comprendra le campus de Drummondville et même le projet très en veilleuse d'un colisée.

Tous les appétits ne seront forcément pas comblés.

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