L'UQTR, «un champ de bataille»

René-Paul Fournier fut vice-recteur à l'UQTR de 2002... (Photo: Sylvain Mayer, Le Nouvelliste)

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René-Paul Fournier fut vice-recteur à l'UQTR de 2002 à 2007.

Photo: Sylvain Mayer, Le Nouvelliste

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Brigitte Trahan
Le Nouvelliste

(Trois-Rivières) La réputation d'une université est longue à bâtir et facile à détruire, indique René-Paul Fournier qui s'inquiète des impacts de ce qui se passe à l'UQTR depuis l'arrivée de la nouvelle administration, au début de l'année 2012.

C'est à titre tout à fait personnel que René-Paul Fournier, ancien vice-recteur à l'enseignement et à la recherche de 2002 à 2007 et aujourd'hui consultant au Centre de santé et de services sociaux de Trois-Rivières tire la sonnette d'alarme et fait valoir que l'UQTR ressemble maintenant «à un champ de bataille» et qu'il faudrait probablement «une mise en tutelle», dit-il, pour en arriver à un redressement.

M. Fournier, qui affirme n'avoir été «téléguidé par personne» pour faire la présente démarche médiatique, oeuvre depuis 1971 dans le créneau du financement de la recherche universitaire et ne cache pas qu'il s'inquiète des effets de ce qui se passe à l'UQTR, notamment sur la Fondation de l'UQTR.

«J'espère que, malgré ce climat-là, la population garde quand même une bonne confiance au niveau de l'Université, notamment en ce qui concerne les donateurs à la Fondation. S'il commence à s'instaurer un climat de suspicion et que ces gens-là diminuaient de façon importante leur contribution, ce serait assez dommage pour la région», fait-il valoir.

«J'espère que cette réputation de l'Université ne viendra pas entacher le bon développement de la Fondation», dit-il.

«Si l'on essaie de travailler avec un partenaire qui est de plus en plus ébranlé, de plus en plus en difficulté dans ses relations avec l'extérieur et surtout vis-à-vis la Fondation, si les gens commencent à avoir une certaine forme de réticence à donner à la Fondation, ça va créer un certain nombre de problèmes», prévient-il.

La Fondation est «un levier très important», fait valoir René-Paul Fournier. «Même au CSSSTR, dans mon travail de développement de la collaboration avec l'Université, nous avons fait affaire avec la Fondation de l'UQTR pour aller chercher des sous pour nous aider à soutenir le démarrage d'un certain nombre d'équipes de collaborateurs entre l'hôpital et l'Université», illustre M. Fournier.

«Donc, c'est un levier très important et qui est majeur, selon moi, pour que l'Université soit capable de jouer son rôle de leadership et de vecteur de développement pour la région de la Mauricie», fait-il valoir.

«Quand je lis les journaux et que je discute avec les gens - car j'ai encore beaucoup de contacts avec l'Université - et que je regarde ce qui se passe, je trouve que les choses sont passablement inquiétantes», dit-il.

«Au cours des dernières années, rappelle-t-il, il y a eu des mises à pied intempestives qui ont été faites, de plusieurs niveaux de personnels, que ce soit des vice-recteurs, des cadres, des professionnels ou des ouvriers. On a mis pas mal de gens à la porte. Il y a eu des réprimandes par des coupes de salaires. Il y a eu des mises en demeure à l'égard notamment de deux retraités cadres qui avaient écrit une lettre ouverte (dans Le Nouvelliste) très posée. Il y a eu l'utilisation de stratégies pour le moins douteuses au plan éthique pour discréditer certains cadres dans leurs fonctions», illustre M, Fournier.

«Les frais d'avocats pour régler un paquet de litiges ont explosé», ajoute-t-il. «On a l'impression que c'est rendu un champ de bataille», résume l'ex-vice-recteur.

«Il y a beaucoup de réunions qui se tiennent à huis clos», quelque chose qui était extrêmement rare avant l'arrivée en poste de l'administration actuelle, précise-t-il.

«Les messages qui sortent de l'Université ne sont jamais clairs», dit-il. «On n'a pas le droit de parler. On n'a surtout pas le droit de critiquer la direction. C'est la mise en demeure tout de suite», fait-il remarquer.

«Il m'apparaît qu'il y a une situation qui doit cesser», résume M. Fournier «et c'est urgent», plaide-t-il.

«Je déplore que le siège social» de l'Université du Québec «ne soit pas intervenu là-dessus», dit-il.

«Je pense qu'il y a un virage très important à prendre pour l'instant et il va falloir qu'à un moment donné, quelque part, des gens prennent des décisions majeures pour l'Université», estime-t-il. «La mesure qui m'apparaît, je dirais, presque incontournable, c'est la tutelle de l'Université», conclut-il.

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