UQTR: témoignage-choc d'Alain Fournier devant la CRT

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L'ancien directeur des équipements de l'UQTR, Alain Fournier a poursuivi son témoignage, vendredi devant la Commission des relations du travail.

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Brigitte Trahan
Le Nouvelliste

(Trois-Rivières) L'ancien directeur des équipements de l'Université du Québec à Trois-Rivières, Alain Fournier, a poursuivi son témoignage, vendredi, devant la Commission des relations du travail.

L'ancien vice-recteur Gilles Charland, qui est accusé de... (Photo: François Gervais, Le Nouvelliste) - image 1.0

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L'ancien vice-recteur Gilles Charland, qui est accusé de harcèlement psychologique, représentait l'UQTR, vendredi.

Photo: François Gervais, Le Nouvelliste

Il a raconté que le 20 août 2013, soit quelque temps après être arrivée en poste, la vice-rectrice Johanne Giguère a tenu une rencontre avec M. Fournier et toute l'équipe relevant du vice-rectorat à l'administration et aux finances qui comprenait cinq autres personnes.

Selon M. Fournier, Mme Giguère a déclaré devant toute l'équipe qu'elle n'avait qu'une seule cliente, la rectrice Nadia Ghazzali et qu'elle allait tout faire pour la protéger.

Toujours selon le témoignage de M. Fournier, Mme Giguère leur a dit qu'elle avait le mandat de se débarrasser de Me André Gabias, alors secrétaire général de l'UQTR, et de Jacques Chauvette d'Hydro-Québec qui siégeait comme administrateur au conseil d'administration de l'Université. On ne sait pas toutefois de qui Mme Giguère aurait hérité de ce mandat.

Mme Giguère aurait ensuite demandé qui était pour et qui était contre la rectrice. Personne n'a répondu, dit M. Fournier, qui s'est dit «estomaqué, stupéfait et déboussolé», par ces propos.

Mme Giguère aurait alors indiqué au groupe qu'elle voulait mal faire paraître Me Gabias qui, à titre de secrétaire général, avait le mandat de préparer tous les dossiers de toutes les instances universitaires. Elle aurait demandé aux gens d'envoyer les dossiers à Me Gabias à la dernière minute avant la tenue des instances de façon à ce qu'il n'ait pas assez de temps pour en prendre connaissance.

«Elle s'est tournée vers moi et m'a dit: ''Je ne veux plus que tu lui envoies de dossiers. Tu vas faire affaire avec des avocats privés''», a raconté M. Fournier à la commissaire Lyne Thériault.

M. Fournier a expliqué que tous les appels d'offres et soumissions passent inévitablement par le service qu'il dirigeait et qu'ils étaient aussi tous canalisés vers Me Gabias puisque ce dernier avait le titre de responsable de l'observation des règles contractuelles. «C'était le gardien de l'ordre et de la moralité des contrats», dit-il. Le vice-rectrice Giguère aurait dit au groupe qu'elle avait l'intention d'enlever ce titre à Me Gabias qui a d'ailleurs récemment été remercié de son poste de secrétaire général. «J'ai senti une vendetta, un règlement de comptes contre Me Gabias», a raconté l'ingénieur sénior.

M. Fournier a voulu remettre à la commissaire, qui doit juger sa plainte de congédiement abusif et de harcèlement psychologique de la part de Mme Giguère et de Gilles Charland, les courriels qu'il a échangés avec Mme Giguère et qui pourraient supporter son témoignage. Toutefois, a-t-il raconté, l'UQTR refuse de lui donner accès à sa boîte de courrier électronique. M. Fournier est même passé par la Loi d'accès à l'information pour tenter de pouvoir récupérer ses courriels, mais sa tentative a échoué. Il en avait néanmoins quelques-uns à fournir à la commissaire, hier.

Cette rencontre d'août 2013 avec Mme Giguère a fortement ébranlé M. Fournier. «Ça m'a jeté à terre. Je ne peux pas croire que la race humaine est si basse. Ça m'a attaqué au plus profond de mes valeurs. Je me suis dit que je ne suis pas un tueur à gages. On voulait m'utiliser pour avoir la peau de Me André Gabias», a déclaré M. Fournier qui poursuivra son témoignage le 13 mars, cette fois pour parler du harcèlement qu'il dit avoir subi de la part de Gilles Charland qui était alors vice-recteur aux ressources humaines par intérim.

Alain Fournier a raconté que le 23 juillet 2013, soit un mois avant la rencontre avec Mme Giguère, il avait reçu une confirmation écrite du renouvellement de son contrat de travail. Deux jours plus tard, il reçoit un courriel de Gilles Charland lui demandant une évaluation de son rendement pour la période du 1er juillet 2012 au 31 mai 2013. C'est finalement Cléo Marchand, qui avait été son supérieur durant la période en question, qui a rempli son évaluation. M. Marchand en a profité pour écrire, annexée au document d'évaluation, une lettre très élogieuse disant que M. Fournir «surpasse les objectifs et dépasse les compétences attendues».

Peu de temps après sa rencontre de groupe avec Mme Giguère, M. Fournier reçoit une lettre de congédiement.

«On me dit que M. Marchand n'avait pas le droit de signer le document», raconte-t-il. Même si M. Marchand avait bel et bien été le supérieur de M. Fournier pour la période visée par l'évaluation, au moment de cette signature, il était devenu cadre supérieur conseil.

«C'est pour ça qu'ils m'ont mis dehors à coups de pieds dans le cul», a déploré M. Fournier, visiblement ému, en s'excusant auprès de la commissaire pour ces paroles.

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