Tousignant peut être président de l'UQTR

Yves Tousignant,  président du conseil d'administration de l'UQTR....

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Yves Tousignant,  président du conseil d'administration de l'UQTR.

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Brigitte Trahan
Le Nouvelliste

(Trois-Rivières) Selon Michel Nadeau, directeur général de l'Institut sur la gouvernance, Yves Tousignant peut exercer une charge de président du CA de l'UQTR, notamment parce qu'il est maire d'une petite municipalité et que les deux tâches ne requièrent pas chacune un travail à temps complet.

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Michel Nadeau

Photo: La Presse

«S'il avait été maire de Trois-Rivières, ça aurait été autre chose», explique-t-il.

M. Nadeau a fait des démarches, vendredi, auprès d'avocats spécialisés dans la question. Il s'est fait expliquer qu'il existe une loi dédiée uniquement aux universités, avec un code d'éthique qui diffère du Règlement sur l'éthique et la déontologie des administrateurs publics qu'a cité vendredi Me René Duval pour demander au ministre Yves Bolduc et à l'Université du Québec de déclarer inhabiles les membres du CA.

C'est cette loi qui permettrait à M. Tousignant d'exercer sans problème ses fonctions de maire et de président du CA de l'UQTR, explique M. Nadeau.

Le président du conseil d'administration de l'Université du Québec à Trois-Rivières, Yves Tousignant, était visiblement excédé, vendredi, des sorties médiatiques de Me René Duval dans le dossier du congédiement de Martin Gélinas.

«J'ai hâte qu'on passe à autre chose», dit-il.

M. Tousignant affirme qu'il n'était pas au courant du Règlement sur l'éthique et la déontologie des administrateurs publics. «Je suis surpris», dit-il.

«Il va y avoir des vérifications par notre avocat, Me Jasmin Marcotte, pour voir si c'est fondé, mais c'est certain que j'ai de gros doutes sur toutes les tactiques de Me Duval. Ça ne m'empêchera pas de dormir», assure-t-il.

M. Tousignant oeuvre au sein du CA de l'UQTR depuis huit ans. Il a obtenu la vice-présidence du CA en octobre 2010, puis la présidence, le 14 juin 2013. En septembre de la même année, il annonçait son intention d'être candidat à la mairie de Saint-Pierre-les-Becquets. Il a remporté ses élections en novembre.

Selon Me Duval, le fait que les membres du CA n'aient pas dénoncé qu'un des leurs était inhabile à siéger les rendrait automatiquement inhabiles eux-mêmes à siéger aussi.

Malgré cette affaire mise au jour par l'avocat de M. Gélinas, le président du CA de l'UQTR persiste et signe: «On a pris une décision concernant le dossier de Martin Gélinas (de le congédier) et je ne veux plus faire de commentaires. Je laisse le dossier entre les mains des avocats», dit-il.

Me Duval a fait parvenir une mise en demeure à la présidente de l'Université du Québec, Sylvie Beauchamp, pour demander la destitution du conseil d'administration de l'UQTR.

La responsable des communications au réseau de l'UQ, Valérie Reuillard, explique que l'UQ «prendra connaissance du dossier», mais que c'est le gouvernement du Québec qui nomme les membres du CA et que l'intervention doit donc se faire au niveau du gouvernement.

Du côté du cabinet du ministre de l'Éducation, Yves Bolduc, la responsable des communications, Maria Enriquez, a indiqué qu'il n'y aura pas de commentaires. L'UQ ayant reçu une mise en demeure, le dossier est maintenant de nature juridique, dit-elle.

«Je siège au conseil d'administration depuis huit ans bénévolement», rappelle de son côté Yves Tousignant. «Je suis là de bonne foi. Moi, ces tactiques-là... Je laisse aller les événements. On a des avocats pour nous conseiller, mais je ne passerai pas mon temps à commenter des gestes, des tactiques, des stratégies de Me Duval. On a pris une décision en bonne et due forme pour le bien de l'Université. Le reste appartient au tribunal», dit-il.

M. Tousignant a-t-il l'intention de démissionner? «Ça serait trop facile. Après ça, ça va être autre chose. Il n'est pas question de succomber aux gestes d'intimidation et de mauvaise foi», a déclaré le président du CA de l'UQTR.

Le directeur de l'Institut sur la gouvernance suit néanmoins le cas de l'UQTR de près, incluant cette nouvelle controverse. «Je pense qu'à un moment donné, il faudrait que quelqu'un se lève», dit-il. C'est que l'UQTR fait jaser. «Je vais au HEC et les gens me disent: "Maudit que ça va mal à Trois-Rivières". Pour que les professeurs de HEC me disent ça... Malheureusement, Trois-Rivières, c'est le cas de mauvaise gestion dans le monde universitaire au Québec», estime-t-il. «Il y a une espèce d'omertà. Personne ne bouge au niveau provincial. Je n'aime pas que ça devienne un débat partisan, mais je voudrais que l'opposition dise au ministre: "Vous faites quoi?"»

L'UQTR, dit M. Nadeau, est «une patate chaude» pour le ministre Bolduc. «Si j'étais à sa place, je prendrais les devants», dit-il.

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