Des compressions suscitent la controverse à l'UQTR

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L'administration de l'UQTR a fait des coupes dans les fonds départementaux de recherche en fiducie alors que ces sommes sont pourtant protégées par la convention collective.

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Brigitte Trahan
Le Nouvelliste

(Trois-Rivières) Les professeurs de l'Université du Québec à Trois-Rivières ont récemment découvert avec stupéfaction que l'administration a fait des coupes dans les fonds départementaux de recherche en fiducie alors que ces sommes sont pourtant protégées par leur convention collective.

Johanne Giguère, vice-rectrice à l'administration et aux finances... (Photo: François Gervais, Le Nouvelliste) - image 1.0

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Johanne Giguère, vice-rectrice à l'administration et aux finances de l'UQTR.

Photo: François Gervais, Le Nouvelliste

L'administration, qui doit atteindre l'équilibre budgétaire d'ici le 30 avril, assure que c'est temporaire et qu'elle remettra l'argent.

Ce sont des directeurs de départements qui se sont aperçus de l'affaire, récemment, lorsque des professeurs ont eu besoin d'utiliser l'argent à des fins de recherche et d'enseignement.

La haute direction de l'Université a tenu à se faire rassurante, le 13 février, en affirmant par courriel au Syndicat des professeurs(es), qu'elle allait respecter en tous points la convention collective et que les montants prélevés dans l'Annexe C seraient rétablis.

Selon des sources bien informées qui ne souhaitent pas être nommées ici, par peur de représailles, toutes les ponctions ne seraient toutefois pas remboursées.

La vice-rectrice à l'administration et aux finances, Johanne Giguère, assure de son côté que «toutes les cibles pour lesquelles on a des engagements avec les conventions collectives vont être rétablies.» Pour ce qui est des sommes qui ne sont pas protégées par la convention collective, «l'effort de la communauté est à la hauteur de 1 % pour être en mesure de terminer l'année en équilibre», dit-elle.

Les montants prélevés par la haute administration «sont des sommes auxquelles les professeurs renoncent en termes de salaire», explique un professeur.

«Si l'on donne une activité d'enseignement de plus, on pourrait la prendre en salaire et il nous serait versé dans un contrat à part. Mais la majorité des profs renoncent à ça en versant ça en fiducie. Ça devient de l'argent qui doit être dépensé en respect des règles de l'Université», explique-t-il.

Cet argent sert à payer du salaire étudiant, des livres, bref, il est réservé exclusivement à du travail de recherche et d'enseignement. Il n'est donc pas prévu du tout de s'en servir pour équilibrer le budget de l'Université.

Lundi encore, confie une autre source, «il y avait des sommes manquantes et ils ont eu confirmation qu'elles vont rester manquantes pour plusieurs budgets», nous affirme-t-on.

Par exemple, il arrive que les professeurs acceptent d'enseigner à plus d'étudiants sans scinder les cours. C'est alors plus payant pour l'Université qui, en échange, verse un petit montant aux départements en remerciement. Ce montant peut alors servir à payer un assistant de recherche ou un assistant de correction, par exemple. «Ils ont pigé dans ça aussi et ne le rétabliront pas», explique notre source. «Il y a des départements qui vont être déficitaires à la fin de l'année», explique-t-elle. «Ils avaient budgétisé sur une somme donnée et n'ont pas cette somme-là.»

Les responsables des comités de programmes de cycles supérieurs ont eux aussi constaté, à la fin janvier, que des montants ont été amputés de leur budget.

Le Syndicat dit avoir été contacté par des départements au sujet des sommes prélevées par l'UQTR et qui sont protégées par l'Annexe C de la convention collective. Il ne condamne toutefois pas la direction d'avoir agi de la sorte. Tôt ou tard, «on s'en serait rendu compte», estime Alain Chalifour, président intérimaire du Syndicat. «J'ai l'impression que Mme Giguère a dû voir ce fonds départemental et elle ne devait pas avoir lu ce qui en était de l'Annexe C», analyse M. Chalifour. Le Syndicat lui a donc demandé de remettre les montants «et elle a fait amende honorable», dit-il. «Ce qu'on pourrait conseiller à notre vice-rectrice, c'est de consulter son service de ressources humaines», fait-il valoir.

La vice-rectrice Giguère n'a pas tout à fait la même version des faits. Elle explique plutôt qu'elle a, en fait, procédé à une coupe «paramétrique», c'est-à-dire, dit-elle, «qu'on donne au système un pourcentage de compression et on va l'appliquer sur l'ensemble des codes budgétaires de l'UQTR.» C'était beaucoup moins long, explique-t-elle, que de refaire un nouveau budget pour atteindre le déficit zéro le 30 avril prochain. «Ça a fait qu'on a touché à certains budgets conventionnés. Actuellement, on est en train de faire les ajustements», assure-t-elle.

Mme Giguère indique qu'elle a écrit à la communauté pour expliquer ce qu'elle s'apprêtait à faire, puis elle a rencontré les directeurs des 26 départements.

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