Martin Gélinas congédié

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Malgré les démarches entreprises par son avocat, Me René Duval (à gauche), lundi, Martin Gélinas a été congédié par le conseil d'administration de l'Université du Québec à Trois-Rivières en après-midi.

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Nancy Massicotte
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Le Nouvelliste

(Trois-Rivières) Le conseil d'administration de l'Université du Québec à Trois-Rivières a procédé, lundi après-midi, au congédiement de l'ex-vice-recteur aux ressources humaines Martin Gélinas et ce, en dépit d'une demande d'injonction provisoire déposée plus tôt dans la journée à la Commission des relations de travail.

C'est du moins ce que Le Nouvelliste a pu apprendre, lundi soir de sources généralement bien informées. Le principal intéressé, Martin Gélinas, a cependant refusé de confirmer la nouvelle, précisant tout au plus avoir reçu un courriel en fin d'après-midi pour l'informer de la décision du conseil d'administration.

«Pour l'instant, je ne veux pas dévoiler la nature de ce courriel ni faire de commentaires. Je veux prendre un moment de réflexion pour en discuter avec mes avocats», a-t-il mentionné. L'UQTR n'a pas voulu elle non plus dévoiler la nature de la décision rendue par le CA sous prétexte qu'elle était de nature confidentielle. Le président du conseil d'administration, Yves Tousignant, l'a toutefois confirmé mardi matin.

Le CA s'est réuni lundi après-midi pour statuer sur le sort de Martin Gélinas. Puisque certaines informations laissaient croire qu'il pourrait être congédié, son avocat Me René Duval s'était d'ailleurs présenté, lundi matin, devant la Cour supérieure pour présenter une requête d'injonction provisoire visant à empêcher son possible congédiement. 

Or, celle-ci a été rejetée par le juge Robert Legris sous prétexte qu'il y avait d'autres recours possibles. À sa sortie de la salle d'audiences, Me Duval avait donc décidé de s'adresser à la Commission des relations de travail pour réclamer le même type d'ordonnance dans les plus brefs délais et empêcher le CA de procéder au congédiement de Martin Gélinas tant qu'il n'y aura pas un jugement définitif sur le fond de la plainte.

La demande a d'ailleurs été signifiée par huissier à l'UQTR vers 12 h 30. «On ne pourra pas plaider l'ignorance. J'ose croire qu'on fera preuve d'une prudence élémentaire et que dans un esprit de collaboration et de respect des tribunaux, l'UQTR va attendre que la Commission se soit prononcée avant de prendre une décision. Sinon, il pourrait y avoir des poursuites», avait alors prévenu Me Duval.

Pour l'instant, on ignore quand la Commission des relations de travail tranchera sur la demande d'ordonnance provisoire. L'UQTR aurait néanmoins pris sa décision. 

D'autre part, la plainte logée par Martin Gélinas contre l'UQTR sera bel et bien entendue par la Commission des normes du travail. Suspendu avec solde depuis le 14 juillet 2014, il reproche à l'UQTR de ne pas avoir pris de décision définitive dans un délai raisonnable et/ou de ne pas l'avoir rappelé au travail. Au départ, le motif qui avait été invoqué par l'UQTR est qu'on voulait enquêter sur le fait que Martin Gélinas avait été trouvé coupable de harcèlement criminel à l'encontre de Guylaine Beaudoin, une ancienne collègue de travail. Or, ce jugement de culpabilité de la Cour du Québec, rendu en juillet 2014, a justement été porté en appel. 

Me Duval soutient que son client a été suspendu parce qu'il a dénoncé les pratiques de gestion de la rectrice de l'UQTR, Nadia Ghazzali en novembre 2012 et qu'on s'était servi de la déclaration de culpabilité pour le remercier de ses services. 

Dans un affidavit, on apprend notamment que l'UQTR aurait eu l'intention de le congédier avant même que ne soit déposée l'accusation de harcèlement criminel impliquant Guylaine Beaudoin. On peut y lire que le 1er février 2013, Gilles Charland, vice-recteur aux ressources humaines par intérim, aurait déclaré au professeur Éric Chartier: «Tu sais donc pas que Martin Gélinas, c'tun criss de fou qu'on veut se débarrasser à l'université. Y a passé toute la criss d'après-midi dans l'bureau. Chu fatigué et tanné de lui en tabarnak. C'est vendredi, yé malade ce câlisse pis j'te jure qui va crisser son camp de l'UQTR, Martin Gélinas comme tous les autres ostie de trous de cul de la boîte.»

Notons enfin que M. Gélinas a aussi déposé une plainte devant la Commission des relations du travail pour harcèlement psychologique et incivilité contre la rectrice, Nadia Ghazzali, Gilles Charland et Guylaine Beaudoin.

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