Retour du football à l'UQTR: «Tout doit être réfléchi»

L'Université du Québec à Trois-Rivières souhaite relancer son... (Photo: Émilie O'Connor, Le Nouvelliste)

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L'Université du Québec à Trois-Rivières souhaite relancer son programme de football à compter de l'automne 2017.

Photo: Émilie O'Connor, Le Nouvelliste

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(Trois-Rivières) «C'est une charge de travail incroyable. Ce n'est rien d'impossible, mais ça représente tout un défi.»

Jacques Dussault croit au projet visant à faire renaître le programme de football à l'Université du Québec à Trois-Rivières dès l'automne 2017, mais il émet certains bémols intéressants.

Bien au fait des procédures à suivre pour démarrer avec succès un programme de football - il a dirigé les Carabins de l'Université de Montréal (réseau universitaire) et la Machine de Montréal (World League) à leurs débuts - Dussault met en garde les responsables. Tout le monde devra travailler à l'unisson et s'assurer de ne pas brûler d'étapes avant le premier botté d'envoi. «L'enthousiasme peut devenir ton pire ennemi. Oui, il faut aller vite, mais tout doit être réfléchi à l'avance», indique celui qui a été coordonnateur défensif des Patriotes football en 1978-1979.

À Montréal, en 2002, Dussault raconte avoir eu les coudées franches et des appuis indéfectibles au sein de directions universitaires. Sans cette précieuse collaboration, l'ascension des Carabins ne se serait pas déroulée aussi sereinement. À l'UQTR, il devra en être de même pour la personne qui sera hissée à la tête du programme. «Si tu n'as pas ça, ça peut devenir très laborieux.»

Ainsi, avant même de penser à recruter un seul joueur, l'ancien entraîneur-chef adjoint des Alouettes de Montréal estime que les dirigeants du programme devront mettre sur pied la structure. «Ça prend un endroit où jouer, une salle de musculation, des physiothérapeutes, des médecins d'équipe, un préposé à l'équipement à temps plein. C'est difficile recruter des joueurs quand tu n'as rien de concret à leur montrer.»

À cet effet, l'UQTR souhaite disputer ses rencontres locales au stade Diablos, en y greffant des gradins temporaires pour accueillir jusqu'à 5000 personnes.

Avoir les poches creuses

Une fois la structure en place, Dussault espère que le programme aura les reins assez solides financièrement. Peu importe le succès aux guichets, il rappelle que ce ne sont pas les spectateurs qui vont permettre d'insuffler suffisamment d'argent pour assurer le roulement du programme.

«Ça coûte cher en mausus se partir un programme de football. Si les gens croient que c'est grâce aux revenus provenant des spectateurs qu'ils vont faire vivre une équipe de football dans les premières années, ils vont peut-être avoir des drôles de surprises. Il y a une seule équipe au Québec qui fait vivre son équipe de football avec les gens dans le stade et c'est Laval», prévient-il.

Rappelons qu'un investissement de 750 000 $ sera nécessaire afin de lancer l'équipe, en plus d'une somme minimale de 600 000 $ annuellement comme budget d'opération.

Ensuite, viendra le temps d'assembler une équipe de football qui ne l'aura pas facile sur le terrain à sa première année. À Montréal, les Carabins avaient perdu tous leurs matchs à leur première campagne avant de signer un calendrier régulier parfait deux ans plus tard. «Il faut que tu t'attendes à manger ton pain noir en partant, convient Dussault. Mais il ne faut pas oublier que tes meilleurs éléments de recrutement, ça va être les joueurs qui auront vécu la première année chez toi. Alors, tu te dois d'en prendre soin.»

À ce sujet, l'ancien receveur des Diablos et des Redmen de McGill Charles-Antoine Sinotte croit que la position géographique de l'UQTR ainsi que la qualité de ses programmes peuvent s'avérer des atouts importants pour attirer des joueurs de qualité. «Les programmes importants pour une équipe de football sont tous présents, comme éducation physique, administration des affaires et ingénierie. Des programmes uniques comme la podiatrie peuvent aussi avoir un pouvoir d'attraction. Ça peut faire une différence en bout ligne», mentionne celui qui travaille aujourd'hui chez Football Québec et comme analyste au réseau TVA Sports.

Croteau n'est pas convaincu

Bien au fait de la réalité du football en Mauricie, pour y avoir dirigé les Diablos pendant plus de 20 ans, Martin Croteau ne partage toutefois pas la même excitation à propos d'un possible retour du football à l'UQTR.

Sans s'élever fermement contre le projet, le passionné de ballon ovale émet néanmoins de sérieuses réserves. «J'étais surpris que l'UQTR veuille faire du football. Ils se donnent trois ans pour être compétitifs. J'étais étonné d'entendre ça comme objectif», dit-il.

Selon Croteau, il sera difficile d'attirer suffisamment de bons joueurs pour envoyer sur le terrain une équipe compétitive, année après année. «Oui, il va y avoir de bons joueurs qui vont venir à Trois-Rivières, mais est-ce qu'il va y en avoir suffisamment?», doute-t-il, avant d'ajouter: «Je ne vais pas acheter de billet de saison, mais je leur souhaite bonne chance. Je leur souhaite de réussir à prouver que j'avais tort.»

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