L'UQTR pourrait imposer des mesures disciplinaires pour une lettre ouverte

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Un employé de l'UQTR a été convoqué par la direction des ressources humaines après avoir écrit une lettre ouverte dans Le Nouvelliste.

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Brigitte Trahan
Le Nouvelliste

(Trois-Rivières) Employé du service des technologies de l'information de l'UQTR depuis une quarantaine d'années, Jean Paquette pourrait subir des mesures disciplinaires sous peu, après avoir écrit une lettre ouverte qui fut publiée dans l'édition du Nouvelliste du 5 décembre dernier.

M. Paquette a reçu une lettre de convocation de la part de la direction des ressources humaines, le 6 janvier, en vertu de l'article 5,5.00 de sa convention collective.

Cet article indique que, selon la gravité de l'acte reproché, l'employé peut faire l'objet de mesures allant de l'avertissement écrit à la suspension, voire le congédiement.

«On attend la suite des événements. Ça ne veut pas nécessairement dire qu'il y en aura», explique le président par intérim du Syndicat du personnel professionnel, Martin Harvey.

Ce dernier a indiqué, jeudi, que le Syndicat du personnel professionnel a l'intention d'accompagner M. Paquette à la rencontre et de suivre cette affaire de près.

«C'est certain que ça nous intéresse beaucoup. On veut accompagner notre membre à cette rencontre-là. On va lui offrir d'être avec lui et on va voir ce que l'employeur va décider. En fonction de ce que l'employeur décide, on prendra des actions à ce moment-là, indique M. Harvey, mais on ne fait pas actuellement d'action préventive.»

Interrogé à savoir si quelque chose, dans la convention collective, empêche un employé de donner son opinion au sujet de son employeur dans un forum public, M. Harvey croit que non tout en indiquant qu'il n'est pas un expert de la convention, n'étant président que depuis peu.

«Par ailleurs, ce que je sais, comme employé de l'UQTR et avant de d'autres institutions, c'est qu'il y a une espèce de balancier entre ma liberté d'expression et ce que je pourrais appeler mon devoir de loyauté envers mon employeur. Il y a un équilibre à maintenir de façon prudente», estime-t-il.

Or, dans sa lettre du 5 décembre, Jean Paquette a vertement critiqué son employeur.

«Terminée la discussion franche et sereine avec un vice-recteur, le recteur ou un haut cadre afin de résoudre une crise existentielle qui secouait notre relation de travail et qui nous affligeait de part et d'autre», écrivait M. Paquette dans cette lettre.

Il a aussi écrit, au sujet des gestionnaires de l'UQTR, qu'ils «privilégient l'usage de la stricte légalité et de l'unique plaidoyer à la place de la moralité d'une discussion ou d'un échange: ils s'assurent ainsi de contrôler la liberté d'expression».

M. Paquette a même ajouté, dans son texte que ces mêmes dirigeants «semblent prendre part à des décisions irrationnelles, sans discuter, sans s'interroger sur ce qu'on leur demande d'exécuter en renonçant même à leur capacité critique... s'ils en ont une!»

Dans sa lettre de convocation, la direction des ressources humaines mentionne à M. Paquette qu'elle veut entendre sa version des faits et ses explications «afin que nous puissions prendre une décision éclairée».

Cette histoire n'est pas sans rappeler l'affaire des deux ex-cadres de l'UQTR, Normand Shaffer et Rémi Tremblay, qui, après avoir critiqué sous forme de lettre ouverte la gestion de leur Université dans le dossier du colisée, avaient reçu une mise en demeure de la part de la rectrice, Nadia Ghazzali, et de la vice-rectrice à l'administration et aux finances, Johanne Giguère.

Les deux ex-cadres craignaient que la construction d'un colisée de 5000 places à l'UQTR ne génère une nouvelle version du tristement célèbre Îlot voyageur de l'UQAM.

La mise en demeure les sommait de ne plus les diffamer ni de remettre en question publiquement leur intégrité et leur indépendance.

Les deux hommes avaient alors déclaré qu'il leur faudrait désormais se taire pour éviter des poursuites coûteuses. Ils avaient toutefois fait valoir que «l'Université devrait être un lieu où rien n'est à l'abri du questionnement».

L'UQTR a refusé de commenter le dossier de M. Paquette jeudi, comme elle refuse de commenter tous les dossiers de ressources humaines.

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