Martin Gélinas convoqué devant le ca de l'UQTR

Gilles Charland, alors qu'il était vice-recteur intérimaire aux... (Photo: Stéphane Lessard, Le Nouvelliste)

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Gilles Charland, alors qu'il était vice-recteur intérimaire aux ressources humaines, et Nadia Ghazzali, rectrice.

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Brigitte Trahan
Le Nouvelliste

(Trois-Rivières) L'ancien vice-recteur aux ressources humaines de l'UQTR, Martin Gélinas, a été convoqué, lundi, devant les 15 membres du conseil d'administration de l'Université réunis à huis clos.

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Martin Gélinas

Photo: Sylvain Mayer

Selon ce que Le Nouvelliste a pu apprendre, l'UQTR aurait l'intention d'imposer possiblement des mesures disciplinaires à M. Gélinas qui est toujours suspendu avec solde et en congé de maladie. Ce dernier a offert au conseil d'administration, pour sa part, de dialoguer afin d'avoir l'opportunité d'expliquer les événements qui ont mené à sa suspension et le contexte dans lequel elle s'est faite.

Le Nouvelliste a pu en discuter avec son procureur dans ce dossier, Me Giuseppe Sciortino qui a assisté M. Gélinas, lundi. Selon lui, «s'il y a des décisions qui sont contre les intérêts de M. Gélinas, j'aurai le mandat de contester devant tous les tribunaux possibles et imaginables qui sont compétents en mettant en cause non seulement l'Université, mais possiblement chaque membre du conseil d'administration», prévient Me Sciortino, qui avait défendu l'ex-leader étudiant Gabriel Nadeau-Dubois dans une cause d'outrage au tribunal.

Le tout, dit-il, dépend de ce que le conseil d'administration va décider. «Le message le plus important, c'est qu'on préfère dialoguer plutôt que se battre», résume le procureur.

Il n'a pas été possible d'obtenir les commentaires de M. Gélinas, lundi.

Rappelons qu'en juillet dernier, l'ex-vice-recteur avait été reconnu coupable de harcèlement criminel envers l'ancienne directrice des communications de l'UQTR, Guylaine Beaudoin avec qui il avait eu une relation amoureuse.

La juge Guylaine Tremblay avait toutefois accordé à M. Gélinas une absolution conditionnelle d'une année et une absolution complète au terme de l'année.

C'est que la juge Tremblay avait mentionné, dans son jugement, que le conflit organisationnel qui régnait à l'UQTR lors des événements survenus entre M. Gélinas et Mme Beaudoin, constituait la toile de fond de l'affaire tandis le climat d'insécurité qui régnait à l'Université avait contribué à fragiliser ces deux personnes. «Certains dirigeants de l'UQTR», avait précisé la juge Tremblay, «ont instrumentalisé ce conflit entre ces deux personnes et ont créé un build-up qui nous amène ici.»

Rappelons que M. Gélinas a logé un appel de cette décision de la juge Tremblay, même si ce jugement lui donnait la chance de pouvoir rebâtir sa vie puisqu'il n'a pas de condamnation à son dossier.

C'est que son avocat, Me René Duval, a en effet mis la main sur de nouvelles preuves qu'il veut faire entendre en cour d'appel selon lesquelles l'ancienne directrice des communications, Guylaine Beaudoin, a signé une entente privée avec l'Université de 182 000 $ à la suite des événements survenus avec Martin Gélinas.

Me Duval veut démontrer qu'aucune clause du contrat de Mme Beaudoin n'obligeait l'Université à lui verser cette somme. Le signataire de cette entente est Gilles Charland, un ancien vice-président de la FTQ et ancien sous-ministre adjoint embauché par l'UQTR temporairement à titre de vice-recteur par intérim, un mandat qu'il a aujourd'hui terminé.

Les 13 et 14 janvier prochain, M. Gélinas sera entendu devant la Commission des relations du travail relativement à une plainte qu'il a déposée à la Commission des normes du travail contre la haute direction de l'UQTR.

Notons qu'à peine 5 % des plaintes déposées à la CNT sont entendues par la CRT.

Il s'agit, en fait d'une plainte pour harcèlement psychologique que lui aurait fait subir l'UQTR et Gilles Charland de janvier 2013 à août 2014, période au cours de laquelle M. Gélinas était suspendu administrativement de ses fonctions de cadre de l'UQTR.

Selon la plainte déposée par M. Gélinas, le harcèlement à son endroit aurait débuté en décembre 2012, après qu'il «ait porté plainte ou fait des signalements contre la rectrice, Mme (Nadia) Ghazzali pour harcèlement et incivilité.»

Toujours selon la plainte portée à la Commission des normes du travail, M. Charland aurait dit à Martin Gélinas: «On pourrait te crisser dehors, te salir dans les journaux, t'épuiser psychologiquement et financièrement.»

Cette plainte a été amendée par les procureurs de M. Gélinas, en novembre dernier. Selon l'affidavit signé par un témoin dont on ne peut révéler l'identité, pour l'instant, M. Charland aurait notamment tenu les propos suivants envers M. Gélinas vers la fin de l'été 2014: «Yé malade ce câlisse pis j'te jure qui va crisser son camp de l'UQTR, Martin Gélinas, comme tous les autres ostie trous de cul de la boite!»

Toujours selon l'affidavit de ce témoin, M. Charland aurait dit qu'il «avait le mandat d'agir et que Martin serait un gars fini et qu'il allait le détruire.»

Rappelons que M. Gélinas n'est pas le seul à avoir porté plainte pour harcèlement psychologique contre la haute direction de l'UQTR.

L'ancien directeur des équipements de l'UQTR, Alain Fournier, a amorcé, le 17 novembre dernier, son témoignage devant la Commission des relations du travail contre la haute direction de l'UQTR et pour harcèlement psychologique et congédiement abusif. Son témoignage se poursuivra le 27 février devant la CRT.

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