Colisée à l'UQTR: «C'est le ca qui a le dernier mot», affirme le président

Le président du conseil d'administration de l'UQTR, Yves... (Photo: François Gervais, Le Nouvelliste)

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Le président du conseil d'administration de l'UQTR, Yves Tousignant, prend la récente lettre de l'Intersyndicale sur le projet du CERAS très au sérieux.

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Brigitte Trahan
Le Nouvelliste

(Trois-Rivières) Malgré les propos tenus cette semaine dans Le Nouvelliste par la haute direction de l'UQTR voulant que l'Université veut toujours aller de l'avant avec son projet de Centre régional d'excellence académique (CERAS), le président du conseil d'administration de l'Université, Yves Tousignant, rappelle que «c'est le conseil d'administration qui a le dernier mot» dans ce dossier, «surtout pour un projet de cette envergure», dit-il.

Or, le président du ca ne cache pas qu'il a pour sa part l'intention de faire preuve de prévoyance et cite en exemple le cas du Complexe sportif Alphonse-Desjardins qui vient de faire plonger dans le rouge les états financiers de la Commission scolaire du Chemin-du-Roy de 1,4 million $. À la lumière de cet événement, «je suis pas mal plus prudent», explique-t-il.

Le président Tousignant rappelle que le conseil d'administration, «à un moment donné, a mis le projet (du CERAS) de côté. On n'a pas avancé. On n'était pas pour investir quand on sait que le maire de Trois-Rivières regarde ailleurs», plaide-t-il.

La Ville de Trois-Rivières examine aussi, rappelons-le, un projet au District 55 avec le Groupe Robin. «Le pire» pour l'UQTR, estime Yves Tousignant, «ce n'est pas de construire (le CERAS). C'est le budget de fonctionnement» qui va s'y rattacher.

L'argent, pour la construction d'un colisée, passerait par le budget d'immobilisations, comme l'a fait valoir mardi la vice-rectrice aux finances et à l'administration, Johanne Giguère. Toutefois, Yves Tousignant rappelle que pour faire vivre l'infrastructure, il faut embaucher du personnel et faire face à des dépenses qui se logeraient, elles, dans le budget de fonctionnement. Or, c'est ce budget-là qui est présentement la cible de très importantes compressions par Québec au niveau des Universités.

M. Tousignant a réitéré, jeudi, que le conseil d'administration de l'UQTR prend la récente lettre de l'Intersyndicale de l'UQTR très au sérieux. Cette lettre, signée par tous les syndicats et par l'AGÉUQTR demandait au conseil d'administration de «remettre en question ce projet controversé» du CERAS.

«C'est certain qu'on veut absolument avoir l'adhésion de tous les syndicats sur le campus, surtout dans le contexte», dit le président.

Il est donc certain que le sujet du CERAS reviendra sur la tapis, au conseil d'administration. C'est que les administrateurs n'ont «jamais pris position officiellement» dans ce dossier, dit-il. «C'est certain qu'il faut prendre position.»

Toutefois, l'UQTR est maintenant aux prises avec une course contre la montre puisqu'au cabinet du ministre Jean-Denis Girard, on indiquait qu'il faudrait faire vite pour profiter de la subvention de 26 millions $.

Or, même si le conseil d'administration disait oui demain matin, il y aurait encore loin de la coupe aux lèvres, explique M. Tousignant. «Quand tu fais partie du réseau de l'Université du Québec, il faut que tu obtiennes un appui du siège social de l'UQ», indique-t-il en ajoutant que «le ca était unanime (mardi) pour consulter aussi les syndicats», dit-il.

De plus, «il est plus difficile de faire ce projet-là sur le campus dans le contexte des compressions budgétaires. Il faut que tu consultes. C'est des délais, tout ça», plaide-t-il.

«C'est sûr qu'être maire de Trois-Rivières tu fais plus qu'un nouveau colisée», analyse Yves Tousignant. «Tu vas chercher un hôtel, un centre de foire et tout le reste. C'est tout un quartier qu'il érige près du pont. Je trouve le projet audacieux», dit-il. «Dans le contexte économique, ça prend du monde pour faire virer ça plus tard», estime-t-il.

L'UQTR a investi 100 000 $ d'honoraires professionnels jusqu'à présent dans ce projet «pour faire les esquisses et tout», indique M, Tousignant.

Notons que lundi, un des membres du conseil d'administration représentant les professeurs, Sylvain Beaudry, a remis sa démission.

M. Beaudry a indiqué au Nouvelliste qu'il ne ferait pas de commentaires sinon pour dire qu'il est parti pour des raisons personnelles et professionnelles. «On sait qu'il est bien impliqué au niveau du département des sciences de la gestion», signale le président Tousignant qui n'a pas voulu commenter davantage cette démission.

Le mandat du professeur Beaudry finissait pourtant ce mois-ci. «C'est certain qu'il aurait pu rester en poste jusqu'à ce qu'il soit remplacé par le gouvernement parce que ça va prendre quasiment un an. Mme (Michèle) Laroche a démissionné il y a un an et son poste d'administratrice n'a pas été comblé. Le ministre a 4 ou 5 candidatures sur son bureau», raconte-t-il.

M. Tousignant indique que son mandat à lui aussi se termine ce mois-ci. Il croit qu'il ne sera peut-être pas remplacé avant un an lui non plus. «Mais je peux continuer tant que je ne serai pas remplacé comme administrateur et comme président automatiquement», dit-il, en précisant qu'il ne demandera pas de renouvellement au mois de juin puisqu'il a fait deux mandats au sein du ca, soit huit ans de bénévolat.

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