Martin Gélinas en appel avec de nouvelles preuves

Martin Gélinas était vice-recteur aux ressources humaines de... (Photo: Sylvain Mayer)

Agrandir

Martin Gélinas était vice-recteur aux ressources humaines de l'UQTR.

Photo: Sylvain Mayer

Partage

Partager par courriel
Taille de police
Imprimer la page
Brigitte Trahan
Le Nouvelliste

(Trois-Rivières) La saga entre l'UQTR et son ancien vice-recteur aux ressources humaines, Martin Gélinas, est loin d'être terminée.

Me René Duval a obtenu de nouvelles preuves... (Photo: Andréanne Lemire Le Nouvelliste) - image 1.0

Agrandir

Me René Duval a obtenu de nouvelles preuves dans le dossier.

Photo: Andréanne Lemire Le Nouvelliste

Martin Gélinas a porté plainte contre trois personnes... (Photo: François Gervais, Le Nouvelliste) - image 1.1

Agrandir

Martin Gélinas a porté plainte contre trois personnes pour harcèlement à son endroit, dont la rectrice de l'UQTR.

Photo: François Gervais, Le Nouvelliste

Après avoir reçu une absolution conditionnelle, en juillet dernier, dans une cause de harcèlement contre l'ancienne directrice des communications de l'UQTR, Guylaine Beaudoin, Martin Gélinas s'en va en appel de cette décision pour faire annuler son verdict de culpabilité, mais cette fois-ci avec de nouveaux éléments de preuves «qui n'étaient pas disponibles au moment du procès et qui auraient eu une importance sur le verdict», indique son avocat, Me René Duval.

Ce dernier a découvert, en effet, que deux ententes sont intervenues entre Mme Beaudoin et l'UQTR, «une (du 4 mars 2014) avant la tenue du procès et l'autre, selon nos renseignements, quelques jours après la fin du procès (le 23 mai 2014)», raconte Me Duval.

«Celle du 4 mars aurait dû nous être dénoncée», dit-il.

Mme Beaudoin a en effet reçu 182 000 $, de la part de l'UQTR, «soit l'équivalent de six mois de salaire (50 000 $) sans qu'elle n'offre de prestation de travail et la deuxième entente est de la nature d'une prime de séparation. Elle s'élève à 132 000 $», indique Me Duval.

Il s'agit d'une entente «inexplicable», selon l'avocat, puisque «son contrat n'avait pas été renouvelé et elle avait eu un avis (de congédiement) dans les temps prescrits. Elle n'avait donc pas droit à une fameuse prime de séparation», dit-il. «On fait cette entente-là alors que madame n'a droit à rien», indique Me Duval.

«Il y a des questions qui se posent et ces questions-là nous auraient permis, peut-être, de jeter une lumière différente sur la crédibilité de madame», fait-il valoir. «Ça nous aurait permis de démontrer une dynamique.»

Puisqu'on est dans la preuve nouvelle, indique Me Duval, ceci permet à la défense d'interroger des témoins.

«On va demander d'interroger les signataires de l'entente (Gilles Charland, qui a remplacé Martin Gélinas par intérim comme vice-recteur aux ressources humaines, ainsi que Guylaine Beaudoin), le conseil d'administration (de l'UQTR) pour voir s'il a autorisé ça et... Mme la rectrice (Nadia Ghazzali)», indique le procureur de Martin Gélinas.

«Ce n'est pas une affaire ordinaire de harcèlement», a pu conclure Me Duval en prenant la défense de Martin Gélinas. «C'est une affaire qui s'inscrit dans un contexte et on découvre, à mesure qu'on fouille ça, des jeux de coulisses», dit-il.

Parmi les éléments que Me Duval entend creuser, il y a le contenu de l'affidavit d'un témoin qui affirme sous serment avoir rencontré Gilles Charland. «Je lui ai mentionné que ce qui préoccupait le plus Martin (Gélinas), c'était l'accusation au criminel. Il (Gilles Charland) m'a dit que si Martin retirait ses plaintes (de harcèlement à son endroit par la rectrice) il pourrait, par des moyens occultes, régler le criminel aussi.»

Cette phrase fait réagir vivement Me Duval, car elle implique que la justice peut être manipulée. «À partir ce ça, je veux demander à la cour d'appel de m'autoriser à interroger Charland», dit Me Duval.

«La capacité d'exercer des influences occultes sur la poursuite, c'est grave. Ça mériterait une enquête du ministre de la Justice», estime l'avocat.

Or, dit-il, il est étrange, dans ce contexte, qu'une requête visant à faire déclarer inhabile l'avocate de la Couronne, dans le dossier Gélinas-Beaudoin, ait été mise sous scellée, donc à l'abri du regard public. «Il n'y a aucune raison qui justifie cela», assure Me Duval. Voilà «une autre bataille en vue, mais c'est une bataille qui doit être faite par les médias pour faire lever le scellé. C'est le droit à l'information qui est touché ici», dit-il. «Moi, je ne peux pas me plaindre, je l'ai (la requête)», dit-il.

«Avec tout ce que j'ai découvert dans ce dossier-là, j'ai l'obligation de demander à la cour d'appel de m'autoriser à recueillir une preuve nouvelle. Et je vous le dis, je vais demander d'interroger tous les personnages qui ont opéré dans la pénombre, y compris la rectrice», dit-il.

D'autre part, Martin Gélinas, rappelons-le, a porté une plainte de harcèlement à son endroit contre Nadia Ghazzali, Gilles Charland et Guylaine Beaudoin. Cette plainte a été acceptée et sera entendue par la Commissions des relations de travail, les 13 et 14 janvier.

Me Duval estime qu'il pourra présenter ses demandes devant la cour d'appel au début de 2015. «Ce n'est pas juste la plainte. On veut faire la lumière sur les circonstances», indique Me Duval.

Partager

À lire aussi

publicité

publicité

Les plus populaires

Tous les plus populaires
sur lapresse.ca
»

publicité

Autres contenus populaires

publicité

image title
Fermer