Incarner le Festival western

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Annie Saulnier avec son écharpe de cavalière du Festival western de Saint-Tite 17 ans plus tard.

Gabriel Delisle

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(Saint-Tite) Créé à l'origine pour stimuler l'économie locale, le Festival western de Saint-Tite s'est hissé parmi les événements touristiques majeurs du Québec. Le festival qui célèbre son 50e anniversaire attire chaque année près de 600 000 visiteurs, un exploit colossal pour une ville de moins de 4000 résidents. Afin de souligner cet anniversaire, Le Nouvelliste propose chaque semaine des entrevues qui montrent les nombreux visages de cette aventure western.

À une certaine époque pas si lointaine, le Festival western de Saint-Tite avait sa cavalière. À l'image des duchesses du Carnaval de Québec ou encore de la reine meunière du Festival de la galette de sarrasin de Louiseville, une jeune femme incarnait l'événement et devenait sa principale ambassadrice. 

Pour Annie Saulnier, cette aventure marqua le début d'un engagement auprès du festival qui perdure 17 ans plus tard. Tout juste sortie de l'UQTR en récréologie (un programme appelé aujourd'hui loisir, culture et tourisme), elle décide de tenter l'expérience et dépose sa candidature. À la suite d'un long processus de sélection, elle est nommée cavalière de l'édition de l'an 2000. 

«Ç'a été une très belle expérience. J'en garde un très bon souvenir», se souvient Annie Saulnier. «J'ai pu me faire un énorme réseau de contacts auprès de l'organisation et me faire voir auprès de la population, moi qui venais de commencer un nouvel emploi en loisir à la Ville de Saint-Tite.» 

Cette expérience a été si marquante qu'Annie Saulnier n'a jamais cessé de s'impliquer bénévolement. Membre honoraire de la corporation du festival pour ses années d'engagement, elle est aussi membre du conseil d'administration. 

«Pour certains, le festival est un gros party, mais quand tu es à l'intérieur de l'organisation, tu vois l'importance du travail des bénévoles et de toute la population», note-t-elle. 

Les années passent, mais les souvenirs de cette aventure demeurent intacts. Annie Saulnier conserve précieusement son écharpe sur laquelle il est écrit «Cavalière 2000» en grosses lettres. Cette pièce de l'uniforme de la cavalière l'a suivie dans une foule d'activités. Durant les douze mois qui précédaient la tenue du festival, elle représentait l'événement partout au Québec. 

«La tâche première d'une cavalière était les relations publiques. Elle faisait le lien entre les festivaliers et l'organisation», explique Annie Saulnier. «La cavalière devait faire le tour de nombreux festivals au Québec, comme au Carnaval de Québec, avec le char allégorique pour faire la promotion du festival. L'apogée de notre rôle était bien sûr le festival.»

Annie Saulnier en 2000, lorsqu'elle était la cavalière... (Sylvain Mayer) - image 2.0

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Annie Saulnier en 2000, lorsqu'elle était la cavalière du Festival western.

Sylvain Mayer

Les dix jours du festival n'étaient pas de tout repos pour la cavalière. Elle devait respecter un horaire chargé et être prête en tout temps à prendre la parole, parfois devant des milliers de personnes. Annie Saulnier se souvient aussi des nombreux bains de foule où elle allait à la rencontre des festivaliers. 

«Les gens voulaient beaucoup se faire prendre en photo avec moi», précise celle qui devait aussi à l'occasion prendre des plaintes de festivaliers mécontents. «Je parlais beaucoup du festival et des bénévoles. Je voulais que les gens se rendent compte que c'est une très grosse organisation et qu'il y avait toute une population derrière.»

Même si certains festivaliers pouvaient abuser de boissons houblonnées avant de rencontrer la cavalière, Annie Saulnier se rappelle que ceux-ci étaient toujours respectueux. Elle indique ne jamais avoir été victime de gestes déplacés. 

On pourrait s'attendre à ce que la cavalière soit une jeune femme qui pratique l'équitation ou prend part à des rodéos. Eh bien non. Plusieurs cavalières, dont Annie Saulnier, n'étaient pas des plus à l'aise sur un cheval.

«Ce n'était pas une obligation de monter à cheval. J'ai dû suivre des cours pour bien monter. Mais ce n'était pas notre rôle. Ça prend beaucoup d'expérience pour pouvoir monter un cheval devant la foule bruyante aux grandes estrades, ce que je n'ai pas», souligne-t-elle.

Annie Saulnier estime être sortie de cette année chargée comme cavalière avec des compétences et des contacts qui lui ont été très bénéfiques pour sa carrière. C'est à ce moment qu'elle a fait notamment la rencontre de Julie Boulet, la présidente du festival en 1997 qui allait devenir en 2001 députée de Laviolette. Quelques années après cette rencontre, Annie Saulnier a été l'attachée de la ministre. 

Au début des années 2000, le Festival western a cessé la tradition des cavalières pour se tourner vers des porte-parole médiatiques, comme Marcel Bouchard et Chantale Lacroix. Ces personnalités avaient de belles tribunes à la télévision pour promouvoir l'événement partout au Québec. Est-ce que la cavalière pourrait revenir à Saint-Tite comme les duchesses ont fait un retour à Québec? Seul l'avenir nous le dira.




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