Miser sur les commandites et les revenus

D'une année à l'autre, le Festival western de... (Sylvain Mayer)

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D'une année à l'autre, le Festival western de Saint-Tite s'autofinance à raison de 75 % à 78 %.

Sylvain Mayer

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(Trois-Rivières) Bien que la plupart des événements contactés par Le Nouvelliste se disent impatients d'avoir des nouvelles de la refonte des programmes de subventions, certains grands événements ne cachent plus qu'ils planifient en fonction d'une aide gouvernementale de plus en plus réduite, même si considérée comme essentielle pour poursuivre le développement.

Le directeur général du FestiVoix, Thomas Grégoire. ... (Stéphane Lessard) - image 1.0

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Le directeur général du FestiVoix, Thomas Grégoire. 

Stéphane Lessard

Au Festival western de Saint-Tite, le budget d'opération est passé de 7 M$ à environ 7,4 M$ dans les cinq dernières années, une légère variation mais qui n'a pas entraîné d'augmentation des subventions. L'organisation estime toujours au même niveau les montants de subventions prévues dans son budget annuel. Au niveau des commanditaires, c'est environ 15 %, ce qui veut dire que l'événement, d'une année à l'autre, s'autofinance à raison de 75 % à 78 %, constate le directeur général, Pascal Lafrenière.

«C'est excellent, car on sait que certains événements peuvent parfois devoir compter sur 50 % à 60 % de subventions et commandites pour les budgets d'opération. Moi, demain matin, si un commanditaire ne renouvelle pas, mon événement va survivre», se réjouit-il.

Toutefois, Pascal Lafrenière est d'avis que l'aide gouvernementale est essentielle pour aider à développer davantage le produit, que c'est là qu'on va générer encore plus de retombées. «Nos charges administratives sont de plus en plus importantes. Cette année, par exemple, on augmente de 10 % le budget lié à la sécurité. L'aide gouvernementale nous permet d'ajouter des montants pour faire du développement de marché. Quand je veux convaincre les gens de Paris de venir nous voir, ça me coûte beaucoup plus cher d'aller les chercher que les gens d'ici. Par contre, le Parisien qui débarque à Saint-Tite va générer beaucoup plus de retombées économiques pour le milieu», ajoute M. Lafrenière. L'an dernier, ce sont tout près de 32 M$ de retombées économiques directes que le Festival western a engendré à Saint-Tite et dans la région. «Si le festival n'est pas là, cet argent n'existe pas. Le gouvernement doit le prendre en considération», croit-il.

Au FestiVoix de Trois-Rivières, le budget d'opération a lui aussi grimpé en cinq ans, passant de 2 205 000$ en 2011 à plus de 3 M$ cet été. L'augmentation des commandites et des revenus pour l'événement fait que le pourcentage de subventions, tous paliers gouvernementaux confondus, est passé de 30 % en 2011 à moins de 20 % cette année.

«Il faut être imaginatif pour multiplier les sources de revenus potentiels. On va chercher beaucoup de partenaires privés, on développe des produits corporatifs, comme les loges et le Club Privilège pour avoir une valeur ajoutée au produit qu'on développe», signale le directeur général Thomas Grégoire, qui rappelle que le prix du passeport pour le FestiVoix n'a pas augmenté depuis les quatre dernières années. 

Pour lui, la subvention doit être considérée comme un levier vers plus grand, et non pas une fin en soi. «Le soutien que nous recevons de la Ville est essentiel. Si on augmentait les subventions au provincial, pour nous, ça veut dire aller plus loin. Ça veut dire développer la stratégie publicitaire en Europe francophone par exemple. Nous sommes impatients d'en discuter et jugeons important de réviser les programmes», croit Thomas Grégoire.

La ministre Julie Boulet avait annoncé en mai dernier la création d'un comité pour revoir l'ensemble des critères du financement des événements. «Avec ce comité, nous serons en mesure d'avoir une vision commune des enjeux entourant le financement et le développement des festivals et des événements au Québec, de trouver de nouveaux modes de financement pouvant être envisagés ou à mettre en place, particulièrement pour les événements majeurs, et ainsi de déterminer les ajustements qui doivent être apportés au Programme de développement de l'industrie touristique-Aide financière aux festivals et aux événements touristiques du ministère du Tourisme», avait-elle déclaré.

Le rapport de ce comité est attendu à l'automne 2016.

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